Alors que la révolution tunisienne n'entends pas s'arrêter de si tôt tant que des proches de l'ex-président Ben Ali sont encore au nouveau gouvernement de
transition, la majorité politique française tente de faire face sur plusieurs fronts. En premier lieu, il tente de s'expliquer sur sa réaction des plus tardives quant à son soutien au mouvement
populaire tunisien. Alain Juppé, ministre de la défense, a annoncé que les avoirs financiers de Ben Ali en France seraient bloqués et que l'ex-président ne serait pas reçu sur le sol français.
Ces annonces ont été faites après le départ du dictateur.
Car la polémique enfle sur le silence du gouvernement avant la chute de Ben Ali, ce qui nous emmène sur le second front de bataille médiatique : l'affaire
Alliot-Marie.
« Le 11 janvier, au plus fort des manifestations, MAM a suggéré dans l'Hémicycle que «le savoir-faire, reconnu dans le monde entier de nos forces de
sécurité, permette de régler des situations sécuritaires de ce type». L'extrême gauche, les communistes et les écologistes se sont engouffrés dans la brèche pour réclamer sa
démission. » (lefigaro.fr)
Ce qui est reproché à la ministre des affaires étrangères c'est d'avoir soutenu un régime dictatorial et même de lui avoir proposé de l'aide. Michèle Alliot-Marie
est depuis la cible de critiques virulentes de la part de l'opposition. Elle a dû s'expliquer devant la commission des affaires étrangères de l'Assemblée Nationale.
« Mardi, dans son propos liminaire, sa voix trahissant une émotion contenue, elle a dit avoir été «bouleversée par les tirs à balles réelles» et leurs
«victimes» dans les rues tunisiennes. Surtout, elle s'est dite «scandalisée par le fait que certains aient voulu déformer mes propos, qu'on les ait coupés, qu'on les ait sortis de leur contexte
pour leur faire dire à des fins purement polémiques le contraire de ce que je voulais dire et (à l'inverse) de ma sensibilité aux souffrances du peuple tunisien». » (lefigaro.fr)
« Sur le fond, MAM n'a pas renié ses propos. Selon elle, il s'agissait en substance de déplorer un «usage excessif» de la force, d'éviter que la répression
ne tourne au bain de sang et d'évoquer, pour l'avenir, les moyens d'éviter que de telles situations ne se reproduisent. «En France, on sait gérer des manifestations sans faire de morts», a-t-elle
plaidé en citant les émeutes de Villiers-le-Bel, en novembre 2007, ou évoquant les contestataires qui s'en étaient pris au sommet de l'Otan à Strasbourg, en avril 2009. »
(lefigaro.fr)
Vient donc l'heure des « excuses » et des « explications » voir des contre-attaques.
Soyons clairs, Michèle Alliot-Marie n'avait probablement pas l'intention d'envoyer des hommes en tunisie, comme l'a d'ailleurs souligné la présidente du PS Martine
Aubry, au moment où elle tenait ces propos et ne cherchait à s'exprimer que pour déplorer les morts occasionnée par la répression de Ben Ali. Mais ceux-ci témoignent néanmoins d'une curieuse
vision du monde et de la place de la France, vision partagée par une grande majorité de la classe politique actuelle, toutes tendances confondues, et que l'on peut considérer comme
déplorable.
Car que doit-on comprendre des propos de la ministre si ce n'est un soutien à l'ex-régime dictatorial tunisien ? Peut-on considérer comme normal, après le massacre
de manifestants à balles réelles, que la France se contente de proposer son aide à Ben Ali pour faire moins de dégâts ? Comment peut-on considérer qu'il s'agissait d'une réponse adéquate à ce
drame ? Elle n'est même pas acceptable.
La seule réponse qui aurait valu, à ce moment-là, c'était une condamnation ferme et sans appel de la réaction du gouvernement tunisien. Mais pour diverses raisons
que l'on nous sert depuis ce dérapage, la ministre s'est contentée de proposer le savoir-faire français en matière de contrôle des émeutes, reléguant la répression meurtrière à une sorte
d'incident.
Des raisons, des excuses,... voilà que le gouvernement se dresse derrière Mme Alliot-Marie pour tenter de justifier ses propos. Voyons-les ensemble.
1) Contre attaque contre le PS
C'est probablement l'argument (si tant est qu'on puisse appeler cela un argument) le plus mis en avant ces derniers jours entre Michèle Alliot-Marie elle-même et le
premier ministre François Fillon.
« "J'entends les critiques que vous formulez et je pourrais, pour y répondre, citer de larges extraits du très beau discours de Lionel Jospin en octobre
1997 lorsqu'il recevait à Matignon le président Ben Ali", s'est défendu François Fillon.
"Je pourrais aussi évoquer le satisfecit donné au gouvernement Ben Ali par Dominique Strauss-Kahn en octobre 2008 quelques minutes après avoir reçu du président tunisien une haute décoration,
mais je ne le ferai pas parce que ce n'est pas à la hauteur du défi que le peuple tunisien doit relever!", a aussi dit le Premier ministre, usant d'une prétérition (dire sans dire).
"J'aimerais que l'opposition n'ait pas deux discours d'une région à l'autre de l'Afrique et n'oublie qu'il y a en ce moment en Afrique un chef d'Etat qui a volé les élections et qui doit subir
les mêmes critiques", a aussi dit François Fillon en référence à Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire. » (nouvelobs.com)
« "Il faut qu'on arrête de faire un faux-procès à Michèle Alliot-Marie", a également lancé le ministre des affaires européennes, Laurent Wauquiez. Il a
également reproché aux socialistes d'avoir tardé à exclure le parti de M. Ben Ali, le RCD, de l'Internationale socialiste, où ses représentants "avaient toujours été très bien accueillis,
notamment par les socialistes français", a-t-il relevé. » (lemonde.fr)
Personnellement, je suis toujours étonné d'entendre ressortir encore et encore la même rengaine : « les autres n'ont pas fait mieux que nous ». D'accord,
encore une fois, sur un même sujet, la gauche n'a certainement pas fait mieux que la droite. Mais en quoi cela dédouane-t-il le gouvernement actuel de sa réaction, ou de sa non-réaction, dans la
crise tunisienne ? Alors parce que certains membres du PS ne se sont pas levés contre Ben Ali on peut s'autoriser le droit de rester les bras croisés ?
Il faut que cesse cet esprit détestable de vouloir se faire pardonner nos fautes en affichant les fautes des autres. Une fois pour toute, les défauts des autres ne
justifient pas nos défauts. Au contraire même, on pourrait s'étonner que, connaissant les défauts des autres, on ait pas essayé de corriger les siens.
Certes, ne soyons pas dupes non plus, ces explications, apparemment bien répétées lors de la réunion entre le chef de gouvernement et sa ministre, ont moins pour
vocations d'excuser le dérapage de Mme Alliot-Marie que de faire taire l'opposition socialiste sur le sujet en lui rappelant, à raison, qu'elle a aussi participé autrefois à la préservation du
régime dictatorial. Mais si le PS n'a jamais trop critiqué le régime de Ben Ali avant les événements, force est de constater que le premier parti d'opposition ne s'est pas non plus retrouvé dans
la position de faire face à la révolution de jasmin.
Paradoxalement, c'est le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, qui va dans le même sens, probablement sans le vouloir.
« Pour Henri Guaino, il ne s'agit pas de distribuer "des bons points et des mauvais points".
Il a assuré que la France avait agi "discrètement, continûment, depuis des années" pour "inciter le régime (Ben Ali) à être plus respectueux des droits de l'Homme et des libertés".
Mais "si dans le monde nous ne parlions qu'aux Etats qui sont gouvernés par des gouvernements qui répondent à nos critères de démocratie et de liberté nous ne parlerions pas à grand monde, nous
ne parlerions pas peut-être à la Russie, certainement à la Chine, à l'ensemble des pays émergents ou en développement", a fait valoir le conseiller du président de la République.
Le régime de l'ancien président était "un régime très policier, sans doute une forme de dictature laïque, c'est exact", a-t-il reconnu soulignant toutefois ses "efforts en matière d'éducation,
d'émancipation des femmes". » (nouvelobs.com)
En gros, le régime de Ben Ali n'était pas si mauvais, et même « laïque » comme le souligne le conseiller pour faire discrètement appel à la peur de
l'islamisme radical chez le lecteur. Mais du coup, pourquoi le gouvernement reconnaît d'un côté que le soutien au régime se justifiait et, d'un autre côté, reproche au PS de l'avoir soutenu aussi
? Cela nous amène à la deuxième justification invoquée.
2) Un régime pas si mauvais
En France, si on soutient les dictateurs, c'est que ça pourrait être pire. Voilà une excuse toute faite pour justifier les propos de Mme Alliot-Marie, et même bien
d'autres sujets de politique étrangères. Comme le disait Henri Guaino dans la citation précédente : « Le régime de l'ancien président était "un régime très policier, sans doute une forme
de dictature laïque, c'est exact", a-t-il reconnu soulignant toutefois ses "efforts en matière d'éducation, d'émancipation des femmes" ». Bon,
peut-être dans ces conditions peut-on envisager de soutenir un régime non-démocratique, et il est vrai que le nombre d'interlocuteurs sur la scène internationale serait particulièrement diminué
dans le cas contraire. On aurait toutefois tort d'oublier les relations qui ont pu se nouer hors du cadre commercial avec Ben Ali.
« "Sur l'appréciation de la situation en Tunisie, le gouvernement n'est pas seul en cause : il y a une oligarchie française qui avait des liens très étroits
avec Ben Ali et qui n'a rien dit (...). S'est ajoutée à cela la position incompréhensible et scandaleuse de Mme Alliot-Marie", a martelé le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. »
(lemonde.fr)
Quoi qu'il en soit, le fait est qu'à partir du moment où la révolution s'est mise en marche, la donne a changé et cet argument ne tient plus. Le gouvernement
tunisien était mauvais, avec peut-être de timides amélioration, mais cela ne justifie pas le silence du gouvernement français pendant le début des émeutes, ni sa réaction très tardive envers Ben
Ali. Encore une fois, on attendait au moins une condamnation ferme des exactions du gouvernement tunisien de la part de la France et le soutien de toute forme de démocratisation dans n'importe
quel pays. Le silence et la passivité de notre gouvernement est tout simplement honteux.
3) Le principe de non-ingérence
Autre tentative de justification du silence, le fameux principe de non-ingérence stipulant que la France n'a pas à intervenir dans le fonctionnement d'un autre
état.
« Au député de la Nièvre, Gaëtan Gorce (PS) qui lui opposait la plus grande rapidité de Washington à condamner la répression, MAM a répliqué : «Si cela
s'était passé au Mexique, le gouvernement américain aurait-il réagi aussi vite et de la même façon ?» La France, a-t-elle affirmé, se devait de respecter «une certaine réserve» et le
principe de non-ingérence, a fortiori dans un ancien protectorat. » (lefigaro.fr)
« "Je crois qu'il n'y a pas eu de défaillance du gouvernement", a déclaré Alain Juppé sur RTL. "Un gouvernement ne réagit pas en allant manifester dans la
rue, il réfléchit, il réagit avec sang-froid et très rapidement, le gouvernement français a pris une position, il appartient au peuple tunisien de décider de son destin dans le cadre d'élections
libres et démocratiques", a-t-il poursuivi. » (nouvelobs.com)
Je ne m'attarderai pas sur le culot de Mr Juppé de prétendre que la réaction a été rapide (ni sur le fait que personne ne leur a demandé de descendre dans la rue,
juste de dire un mot), mais voilà énoncé le principe de non-ingérence qui se justifie d'une manière pragmatique. Après tout, aucun état ne devrait intervenir dans la gestion d'un autre état, cela
semble logique de prime abord. Il faut juste souligner que ce principe soudainement mis en avant n'était pas si important lorsqu'il s'agissait « d'accompagner » le régime de Ben Ali
vers des efforts pour améliorer le sort de son peuple. Bien sûr, il fallait le faire, à ce moment-là, mais notons néanmoins la contradiction.
Et que penser alors des propose de la ministre des affaires étrangères alors ? N'était-ce pas une ingérence de la France dans le système tunisien que de lui proposer
son aide pour rétablir l'ordre à coups de matraques ? Où était la réserve vis à vis d'un ancien protectorat à ce moment-là ? L'ingérence française en Tunisie, et dans de nombreux autres pays
africains, existe depuis longtemps. N'est-il pas opportuniste d'en appeler à un droit de réserve juste au moment des événements en Tunisie ? … Et le temps que Ben Ali était au pouvoir bien sûr
car la réserve du gouvernement s'est aussi curieusement effilée dès son départ.
4) Pas de prévision, pas d'auto-critique
Pour finir en beauté, le gouvernement compte bien ne rien tiré de cette affaire d'un point de vue politique. Comme d'habitudes, les politiciens soutiennent que tout
ce qu'ils font est forcément juste, quoi qu'on en dise. Dans le cas de la Tunisie, à peine reconnait-on avoir été prit de vitesse, mais, attention, comme tout le monde.
« Selon Alain Juppé, "on attend beaucoup de la France". "J'aimerais qu'on me cite un seul grand gouvernement européen ou américain qui, avant les événements
de Tunisie, avait souhaité le départ de Ben Ali", a-t-il déclaré. "Nous avons, c'est vrai, tous sous-estimé - je l'ai dit - le degré d'exaspération et de révolte du peuple tunisien face à un
régime qui était un régime policier", a poursuivi Alain Juppé. » (nouvelobs.com)
« Le conseiller spécial du président Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, a estimé pour sa part que la France n'avait pas à faire de "mea culpa" sur son attitude
pendant la crise tunisienne, même si elle a "sans doute" mal appréhendé le degré de révolte contre le régime Ben Ali.
Selon lui, "tous les pays" et "pas seulement la France (...) ont sous-estimé cette exaspération, cette pression qui s'exerçait sur le peuple tunisien" sous le régime du président déchu Zine El
Abidine Ben Ali. » (nouvelobs.com)
« "L'histoire avance souvent plus vite que la diplomatie et nous avons fait collectivement l'expérience de cela lors de la chute de l'Union soviétique et de
la réunification allemande. La révolution tunisienne nous le rappelle", a-t-il ajouté. » (nouvelobs.com)
« Pour ceux que ses réponses n'auraient pas convaincus, la ministre a ajouté l'amorce d'un mea culpa collectif sur le thème de la sous-estimation des
événements, à l'unisson d'Alain Juppé, venu lui aussi à la rescousse, et de François Fillon. «Soyons honnêtes : nous avons tous, hommes politiques, diplomates, chercheurs, journalistes, été
surpris par la “révolution de jasmin”», a-t-elle invoqué, et personne n'a perçu «l'accélération» du film historique qui se déroulait en Tunisie. » (lefigaro.fr)
La révolution a été vite... c'est vite dit. Rappelons quand même qu'elle dure encore à l'heure où j'écris ces lignes. Convenons néanmoins que la chute de Ben Ali et
son départ ont effectivement surpris tout le monde. Mais c'est bien là le problème, au final, et c'est là qu'une auto-critique, un vrai mea culpa serait nécessaire car comment se fait-il que
cette exaspération du peuple tunisien n'ait pas pu sauter aux yeux de nos politiciens ?
En guise de conclusion de cet article, qu'il me soit permis de répondre : Tout simplement parce que nos politiciens ont observé cette affaire par le petit bout de la
lorgnette. Et si l'on y regarde de près, cela explique tout le reste.
Là où on attendait une réaction virulente de la première démocratie historique du monde, nous n'avons eut que le silence, ou au mieux les demi-mots, d'un régime
oligarchique gêné de voir les intérêts qu'ils avaient en Tunisie être menacés par la révolution du peuple. Au lieu de se préoccuper de l'intérêt supérieur de tous les peuples, la Liberté, le
gouvernement français ne voyait que les accords qu'il avait avec le régime tant soutenu de Ben Ali.
C'est un constat général que nous pouvons faire dans toute décision politique plus ou moins récente, à de rares exceptions près peut-être, les principes
démocratiques ne sont plus au premier plan de la réflexion politique. Si la France n'agit plus et ne parle plus selon ses principes fondamentaux, alors elle perd pied et n'a plus aucune
crédibilité lorsque ces principes sont bafoués ailleurs. Le cas de la réaction française sur les événements en Tunisie n'est rien d'autre qu'un révélateur de cet état de fait.
Si la France brandissait encore les Droits de l'Homme comme fondement de son système (n'en déplaise à ceux qui accusent les « droits-de-l'hommistes », les
Droits de l'Homme et leur respect SONT la base de notre démocratie), elle n'aurait eut que des condamnations envers la répression mortelle du régime Ben Ali. Pas de tergiversations, pas de
proposition de participer à la répression d'un régime dictatorial, pas de silence.
Si je peux, d'un point de vue personnel, concevoir l'idée que soutenir un régime dictatorial pour le faire changer peu à peu (mais est-ce possible pour tous ceux que
nous soutenons ?) est encore acceptable, il n'est, en revanche pas possible de continuer à soutenir un régime contre lequel le peuple se révolte. Même quand le dictateur tient encore
officiellement le pouvoir. Ce n'est pas la réaction d'un pays qui respecte ses propres principes démocratiques.
La Démocratie, les Droits de l'Homme, depuis un certain temps, l'oligarchie française les oublie, voir même parfois les condamne comme pour le procès fait à internet
et aux nombreuses voies qui s'élèvent contre ceux qui osent critiquer sur la toile. N'a-t-on pas entendu dire à ce propos que nous avions trop de libertés ? Comment peut-on dire cela en France
?
La pantalonnade de notre gouvernement sur la révolution tunisienne n'est que le dernier exemple en date d'un problème fondamental qui ne cesse d'être masqué par une
analyse dépourvue de toute prise de recul. C'est pour ça que le soutien extrêmement tardif et encore bien timide de la France à la révolution de jasmin ne saurait jamais rattraper l'erreur
commise à l'encontre du peuple tunisien dès le début des événements, surtout qu'il ne s'agit que de la conclusion, temporaire, d'une longue liste d'erreurs que certains persistent à ne pas
voir.
Les articles d'où sont tirés les citations :
nouvelobs.com : « Fillon regrette
« l'exploitation » des propos d'Alliot-Marie sur la Tunisie » et « Tunisie : L'UMP vole au secours de MAM ».
lefigaro.fr : « Sous le feu des critiques, MAM se justifie
sur la Tunisie ».
lemonde.fr : « Tunisie : Alliot-Marie sous le feu des
critiques ».
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