Texte Libre



Alexis De Tocqueville considérait que le plus grand danger de la démocratie était que les citoyens ne participent plus à la vie de la société.
De la démocratie en France
est un site visant à informer et débattre de sujets d'actualité connus ou moins connus du grand public, afin que nous restions toujours maîtres des questions qui forgeront notre avenir.

Il s'agit d'un blog de discussion avant tout et les commentaires sont importants. Tous les commentaires, même et surtout ceux qui donnent un avis différent, seront conservés. Seuls les commentaires insultants ou irrespectueux seront supprimés sans sommation.

L'auteur ne peut être informé de tout, aussi toutes propositions de sujets voir d'articles complets sont les bienvenus. Si vous désirez participer, envoyer vos sujets ou articles à Darklord avec votre texte en fichier joint et un objet de message clair. L'auteur vous recontactera si le sujet ou l'article est intéressant et respecte les règles du site. Il répondra également en cas de refus s'il en a le temps. Il ne pourrai lui être fait obligation de répondre.

Désormais pour faire des commentaire sur les blogs d'Over-blog, il faut entrer trois lettres ou chiffres (en bas de la fenêtre d'écriture) afin déviter les spams trop nombreux.

Bonne visite et donner votre avis.

 
Lundi 10 décembre 2007

Mouammar Kadahfi, chef d'état terroriste auto-proclamé colonel, est donc arrivé en France cet après-midi, accueillit à bras ouverts par l'état sarkozyste et ce, en pleine journée des droits de l'homme. Un comble.

Pour éviter de trop parler des choses qui fâchent, le gouvernement ne cesse de se justifier en répétant que la Lybie essaye de se racheter une image internationale, oubliant avec obligeance que la véritable raison de la venue du leader lybien, c'est les 3 milliards de contrats dont la France ne peut se passer après en avoir gaspiller 15 dans l'inutile paquet fiscal.

Pourtant, la Lybie est loin d'être l'état qui propose le plus de garanties de développement, surtout en matière de droits de l'homme. En dehors de quelques évolutions sur le droit des femmes (accès à l'éducation et condamnation des mariages arrangés) rien ne se profile à l'horizon.

Mais en parlant de droit des femmes, Il est a noter qu'il semble avoir une vision particulière de la morale. Ainsi le reporteur Memona Hintermann, l’une des professionnelles les plus estimées du pays, a raconté avec émotion et colère le 10 décembre 2008 au cours de l'emission « L'édition Spéciale » de Canal + , comment un projet d’interview du “guide” lybien en 1984 aurait viré à l’histoire scabreuse lorsque ce dernier a cherché à avoir une relation sexuelle avec la journaliste choquée et plus scandalisée que jamais! A noté aussi que Kadahfi entretien une garde personnelle exclusivement féminine, ses « amazones ».

Mais on oublie vite les frasques d'un riche client. Seule Rama Yade semble avoir été un peu offusquée de la venue du dirigeant lybien. Du moins si l'on oublie que lors de l'affaire des infirmières bulgares, elle avait serrée la main de Kadahfi, souriante. Oublie ou tentative du gouvernement de ne pas trop se couper des gens qui protestent contre Kadahfi en faisant avancer un pion de moindre importance ?

Mais la palme du ridicule dans cette affaire revient sans conteste à notre inexistant premier ministre qui s'insurge depuis Buenos Aires en ces termes : « Que les donneurs de leçon tournent sept fois leur langue dans leur bouche ! Laisser les infirmières bulgares croupir dans les geôles libyennes, ç'aurait été un crime ». Amusant ! Donc puisque les infirmières sont libres, on peut recevoir leur geôlier, qui les a accusé à tort, condamné deux fois à mort sans preuve,et instrumentalisé pour revenir sur le devant de la scène politique internationale, comme si de rien n'était ?

Mais le sinistre CV de Kadahfi ne s'arrête pas à cette malheureuse affaire, n'en déplaise à Fillon. Ce serait oublier bien vite les attentats de Lockerbie et du vol 772 UTA, perpétrés par des officiers lybiens et comptabilisant 540 morts à eux deux. Si la Lybie les a officiellement reconnus, ce n'est pas le cas de Kadahfi qui persiste à dire qu'il n'était pas au courant de ce que faisait ses propres services secrets. En oubliant aussi la répression violente, notamment lors de la manifestation de Benghazi (pour les fameuses caricatures de Mahomet) qui fit douze morts suite à des tirs à balles réelles. En oubliant la détention, voir la mort, de prisonniers politiques (dont quelques uns ont été relâchés récemment pour faire bonne figure). En oubliant qu'en août, Mouammar Kadhafi a exhorté ses partisans à « tuer les ennemis » qui réclamaient un changement politique, selon Amnestie Internationale.

Kadahfi ne sera jamais une personne respectable malgré ses quelques gestes finalement bien infimes aux vues de ses crimes. Mais il caresse les dirigeants occidentaux en s'attaquant également aux extrémistes religieux comme les frères musulmans, ce qui a l'avantage de camoufler les autres exactions.

L'état sarkozyste prétend recevoir Kadahfi car il cherche à se réintégrer dans le processus international, à retrouver une respectabilité, niant par omission volontaire l'appât du gain, la seule vraie (et d'ailleurs unique) raison de la présence du dirigeant lybien au pays des droits de l'homme qui les oublie bien vite quand il s'agit de se vendre.

Source : nouvelobs.com, wikipédia et le rapport 2007 d'Amnestie Internationale sur la Lybie.

 

Retour à l'accueil

par Darklord publié dans : Réflexions
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Mercredi 21 novembre 2007
Pourquoi toujours forcément réinterpréter ce qu'on lit à droite ou à gauche pour finalement tomber dans la paraphrase. C'est pourquoi aujourd'hui, je vous propose de simplement publier un article du site santemagazine.fr. Je n'ai rien à y ajouter que ce soit en terme d'informations ou de convictions.
Je vous conseille cependant de leur rendre visite ainsi que de diffuser largement cet article.


En dix ans, plus de cent mille paysans indiens se sont donnés la mort. Une ultime protestation contre les exigences de la mondialisation, aggravées par l'introduction des OGM. La solution : retrouver une agriculture respectueuse de la nature.

Des paysans pris au piège


A Bollywood, Nana Patekar est une vedette. En 2005, l'acteur a été embauché pour promouvoir auprès des paysans le coton Bt de Monsanto. Un coton génétiquement modifié dont la multinationale affirme qu'il "réduit significativement l'usage des insecticides" et qu'il permet "d'augmenter les revenus des paysans indiens" grâce à de meilleurs rendements. La firme américaine ne lésine pas sur son budget marketing en Inde : publicités sur les bords des routes, dans les journaux et à la télévision, bus avec musique, animateurs et buffets dans les zones rurales, 4x4 équipés de hauts-parleurs, "offres spéciales" et ristournes sur ses produits. La stratégie fonctionne : introduit en 2002, le coton Bt de Monsanto était planté sur 1,3 million d'hectares seulement trois ans plus tard, principalement dans les Etats du centre – Andhra Pradesh, Maharashtra, Karnataka ou Madhya Pradesh. D'après les communiqués et les rapports du numéro un des OGM, les campagnes indiennes doivent une fière chandelle au coton transgénique. Mais la réalité n'est pas Bollywood, et la vie des fermiers indiens loin d'être une fête.

La "ceinture du suicide"
Le ministère indien de l'Agriculture le reconnaît : de 1993 à 2003, cent mille paysans se sont donné la mort ; entre 2003 et 2006, on a compté seize mille suicides par an. Depuis le début de l'année 2007, les associations paysannes du district de Vidarbha, importante zone cotonnière du Maharashtra, déplorent un suicide toutes les huit heures.
Les témoignages affluent de tous les districts de la "ceinture du coton". Le scénario est toujours le même : étranglé par les dettes, incapable de nourrir sa famille, menacé de perdre ses terres, le fermier craque. Vandana Shiva, physicienne et militante écologiste, explique : « Les paysans qui plantent du coton génétiquement modifié doivent racheter les semences à Monsanto chaque année, 700 à 1 000 roupies le kilo contre 200 roupies pour des graines traditionnelles qu'on peut resemer gratuitement. Ensuite, le taux d'échec est élevé, les plants sont attaqués par des parasites auxquels ils ne résistent pas, et les fermiers sont contraints d'augmenter leur utilisation de pesticides, donc leurs dépenses. Ils s'endettent plus encore. Pour finir, le coton Bt donne des rendements bien inférieurs aux promesses, et les ventes rapportent moins que prévu. En gros, les coûts de production ont été multipliés par dix et le prix de vente a baissé d'un tiers. C'est la spirale infernale. » Sordide épilogue : la plupart des paysans se suicident en avalant les pesticides qu'ils ne peuvent plus payer.

La deuxième "Révolution verte"


Dans les années soixante, pour parvenir à l'autosuffisance, l'Inde lance un programme de modernisation de son agriculture, la "Révolution verte", qui bouleverse les modes traditionnels de cultures. Mécanisation et chimie augmentent les productions, pour le bénéfice des grandes exploitations. Déjà, les petits producteurs – la grande majorité – peinent à suivre le mouvement. « Mais, affirme Vandana Shiva, un agriculteur gagnait correctement sa vie jusque dans les années quatre-vingts. Ma mère, une paysanne, a pu m'envoyer à l'université. »

Les problèmes graves surgissent dans les années quatre-vingt-dix. Le productivisme a ravagé nombre de zones agricoles, où les traitements chimiques et l'irrigation ont appauvri les sols. La mondialisation économique pousse le pays à se lancer dans une deuxième "Révolution verte", en développant ses exportations de produits agricoles, notamment le coton, au détriment des cultures vivrières. Au même moment, l'agro-industrie tente d'implanter les OGM par tous les moyens. « Dans les années quatre-vingt-dix, nous avons subi la politique d'ajustements structurels du Fonds monétaire international et les accords de l'Organisation mondiale du commerce qui nous ont contraints à laisser entrer les multinationales des OGM », déplore Vandana Shiva, qui rappelle que les mêmes règles du commerce international imposent les cultures transgéniques en Europe.

Le bilan catastrophique des OGM

Le drame indien confirme ce que les opposants aux OGM dénoncent depuis dix ans : les semences brevetées menacent les agriculteurs. Dans la plupart des pays pauvres (mais aussi dans certaines régions françaises), l'agriculture est le fait de petits producteurs incapables de supporter une telle organisation. Quant aux promesses des entreprises de biotechnologies, voici le bilan qu'en tirent deux chercheurs indiens indépendants, Abdul Qayum et Kiran Sakkhari, dans une étude réalisée en Andhra Pradesh pendant trois ans, de 2002 à 2005 (Bt cotton in Andhra Pradeh : a three-year assessment, avril 2005) :
– le coton Bt est un échec en termes de rendements (30 % inférieurs à ceux du coton ordinaire),
– l'utilisation des pesticides n'a pas diminué, et les coûts de production ont augmenté,
– le coton Bt n'a pas amélioré les revenus des paysans (60 % inférieurs à ceux des planteurs de coton ordinaire),
– le coton Bt n'a pas amélioré l'environnement (pollution des sols).

Les associations locales soulignent que les fermiers ignorent les risques de dissémination du coton transgénique par pollinisation. Pire : ils mélangent les semences naturelles et modifiées, au point que les chercheurs A. Qayum et K. Sakkhari estiment que les OGM contaminent la chaîne alimentaire (les graines de coton sont transformées en huile). La plupart du temps, les paysans ne respectent pas la règle des 20 % de plants non OGM autour de leurs champs pour limiter la mutation des parasites. Résultat : ces derniers s'adaptent déjà au coton génétiquement modifié censé les éliminer.

Résistances paysannes


L'introduction des OGM en Inde ne se fait pas sans résistance. Une première tentative en 1997-98 a été stoppée par la mobilisation de paysans. Monsanto venait de racheter une part d'un important semencier local, Mahyco, avec l'intention de développer ses marchés dans le pays. Vandana Shiva et son association Navdanya, qui défend les paysans depuis des années en constituant des banques de semences traditionnelles, manifestent alors devant le siège indien de la multinationale. En novembre 1998, des paysans détruisent un champ de coton génétiquement modifié non autorisé. La Cour Suprême rend un avis défavorable à ces essais OGM. En 2002, le gouvernement autorise finalement les semences de Monsanto : les suicides redoublent.

Aide à la reconversion

Navdanya demande un moratoire sur les plantations de coton et la réalisation d'une étude indépendante sur les impacts socio-économiques, sanitaires et environnementaux du coton Bt. « En mai 2006, j'ai entrepris un voyage à travers la "ceinture du suicide", raconte Vandana Shiva. Nous avons distribué des semences aux paysans qui veulent arrêter les OGM, pour qu'ils puissent nourrir leurs familles et se reconvertir. Nous les aidons à passer à l'agriculture biologique et à trouver de nouveaux marchés. D'après nos calculs, ils pourraient augmenter leurs revenus de 20 000 roupies par an de cette façon. Les semis débutent en juillet, nous pensons que cela va redonner de l'espoir à ces fermiers. » La militante, qui parcourt le monde pour alerter l'opinion (y compris en France pour soutenir les faucheurs d'OGM), appelle les consommateurs à aider cette opération "Graines de l'espoir" en préférant le coton bio au transgénique.

Durant plusieurs siècles, l'Inde a cultivé mille cinq cents variétés de coton différentes, et ses paysans nourrissaient le pays. Les semences transgéniques tuent non seulement la diversité végétale, mais aussi des milliers de fermiers pris au piège d'un système pervers. N'oublions pas que les campagnes françaises souffrent, elles aussi, de l'industrialisation agricole : une exploitation disparaît toutes les vingt minutes, et nos paysans comptent parmi les premières victimes du suicide. Partout dans le monde, le passage à une agriculture respectueuse des hommes et de l'environnement est urgent

David contre Goliath :

Quand une firme modifie génétiquement une plante, cette dernière devient sa propriété et ne peut être semée sans paiement d'une licence. Les agriculteurs ne peuvent plus conserver une part de la récolte pour la resemer. Pour défendre ses intérêts, Monsanto emploie les grands moyens : aux Etats-Unis et au Canada, l'entreprise incite les agriculteurs à dénoncer leurs collègues soupçonnés d'utiliser ses semences et recourt aux services de détectives privés. L'agriculteur canadien Percy Schmeiser a été la double victime de cette politique : après que ses champs de colza eurent été contaminés par du colza transgénique, il s'est vu accuser par Monsanto d'avoir volé les semences brevetées. Absurde, mais implacable.

 

Retour à l'accueil

par Darklord publié dans : Les autres bonnes idées
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Dimanche 18 novembre 2007
Il est assez effrayant de constater à quel point l'anti-grève fait vendre. De l'audimat pour les JT ou des tirages supplémentaires pour les journaux papiers. Le but n'est plus alors d'informer les personnes mais de maintenir un suspens voyeuriste plutôt malsain. On guette l'arrivée des premières violences, caméra à la main, en cherchant les quelques énervés sur les quais de gare ou de métro qui fustigent les grévistes à grands coups d'idées préconçues, de « prise d'otages », de « privilèges », de « feignants » contre les bons « travailleurs », ... Le tout étant évidemment encouragé par l'état sarkozyste qui espère bien que l'anti-mouvement brisera la grève sans qu'il ait à négocier ni, surtout, à défendre son texte. Il ne faudrait pas que les usagers puissent considérer cette grève comme légitime.

Quand, pseudo objectivité oblige, la caméra se pose enfin sur les grévistes les phrases choisies sont toutes du même tonneau. « On défend notre retraite », « on ne veut pas de la loi ». Difficile d'avoir mieux à la télévision.

Parce que personne ne s'est posé la vraie question (les médias encore moins) de savoir quel était vraiment la situation professionnelle actuelle des cheminots. On les dit privilégiés, mais s'est on demandé si les acquis sociaux, considérés comme des privilèges, n'étaient pas mérités ?

Ou tout simplement faux ? Par exemple la fameuse prime de charbon que les cheminots sont censés toucher actuellement. Personne ne comprend qu'ils aient droit à cette prime alors que la locomotive au charbon a disparu depuis longtemps. Et bien la prime a également disparu. Elle n'existe plus. On sait que cette idée fausse circule, mais quel média l'a précisé ? Le gouvernement lui-même, dont la tâche serait logiquement de calmer les esprits, n'en fait pas mention.

De même, on considère souvent que les salariés de la SNCF sont payés par nos impôts. C'est faux. Car les agents de la SNCF ne sont pas des fonctionnaires. Ils sont payés par l'entreprise. L'état ne paie que la différence de la vente d'un billet à tarif spécial (militaires, tarifs sociaux, etc.). Ces tarifs ne correspondent en rien au coût réel du transport. Cela se vérifie facilement grâce au rapport d'activité de la SNCF (ici datant de 2004 car ce rapport a été mis en avant pour contrer un mouvement de désinformation) mais Hoaxbuster.com fait un résumé facile des principales idées reçues... et fausses.

Les retraites, quant à elles, sont financées par les cotisations des salariés, de l'entreprise et de l'état et non pas par ce dernier uniquement. Les spécificités des régimes spéciaux sont prises en charge en totalité par la SNCF.

L'abrogation des régimes spéciaux (ou l'alignement sur les régimes dits « normaux » pour faire moins violent) ne serait donc d'aucune utilité économique pour l'état. Reste que les régimes spéciaux sont également un avantage pour tous, car l'état ne peut pas trop creuser l'écart entre ces régimes et les autres. Les régimes spéciaux garantissent ainsi un certain niveau aux autres régimes. Les différents gouvernements qui ont tenté cette réforme l'ont bien compris. Pour pouvoir augmenter le niveau de cotisations de tous, il faut d'abord s'occuper des régimes spéciaux. La crainte, c'est que ceux bénéficiant d'autres régimes se disent qu'ils ont également le droit de bénéficier des 37,5 annuités plutôt que des 41 actuelles (récemment augmentées) quand elles passeront à 42 voir plus. C'est également pour cela que les médias majoritairement acquis à l'état sarkozyste s'évertuent à répéter haut et fort que les régimes spéciaux sont des privilèges, sans se préoccuper de la véracité de telles « informations ».

Sans compter que les mensonges étalés ici ne sont pas encore complet. Il faut rajouter les omissions plus ou moins volontaires des véritables conditions de travail d'un cheminot.

Par exemple, la retraite à 50 ans pour les conducteurs de trains (et uniquement eux, pas pour les autres agents de la SNCF) est un élément important. D'abord parce qu'une locomotive, ça vibre, comme tout véhicule au reste. Passez plusieurs années à bord d'une telle machine, plusieurs heures par jour de travail, à prendre ces vibrations dans la colonne vertébrale et vous aurez de la chance de ne pas arriver à la retraite avec un joli mal de dos. Le VRP qui passe toute sa journée à rouler en voiture vous le confirmera. Rallonger la durée de travail des conducteurs, c'est en quelque sorte condamner ceux qui tiennent encore le coup actuellement.

De plus, à quoi cela servirait-il ? Faisons un calcul simple. Si votre départ à la retraite est à 50 ans, pour pouvoir bénéficier d'une retraite pleine et entière de 37,5 annuités de cotisations vous devez commencer le travail à... 12 ans et demi. La personne qui commence à travailler en tant que conducteur à 18 ans, touchera donc au mieux sa retraite sur 32 annuités. Sachant enfin, que les personnes qui entre à cet âge là à la SNCF, et encore plus en tant que conducteurs, sont rares, la plupart touchent donc des retraites sur une base encore inférieure. Et les conducteurs de trains ne s'en plaignent pas. Ils ont fait le choix de travailler moins... mais aussi de gagner moins. Il est logique qu'une personne ayant travaillé 28 ans, par exemple, ne touche sa retraite que sur cette base. Personne ne prétend le contraire, ni parmi les usagers, ni au sein de la SNCF.

Voilà déjà des points importants qui n'ont, vous en conviendrez, étaient mentionnés nul part, ne serait-ce que pour les discuter. Mais ce n'est pas tout.

On peut encore parler des horaires de travail, et pas seulement pour les conducteurs. Le travail de nuit est important à la SNCF. Et, jusqu'à preuve du contraire, le travail de nuit est officiellement reconnu comme travail pénible, quel que soit le métier effectué. Pensez à toutes les personnes qui doivent travailler pour assurer un train de nuit. Il faut du personnel dans les gares et dans les postes en plus de celui qui est dans le train même.

Certes, il est facile de dire que le travail de nuit n'est pas pénible que pour les cheminots, mais, entendons-nous bien, il s'agit ici de bien définir les sujets qui ne sont pas abordés dans les médias alors qu'ils pourraient au moins faire débat.

Car en parlant d'horaires, on peut aussi parler de vie familiale. Il n'est pas rare du tout qu'un conducteur ou un contrôleur de grandes lignes soient obligés de découcher. Par exemple en amenant un train jusqu'à une certaine ville mais n'en ayant pas d'autres à faire avant le lendemain, ou parce qu'ils sont trop en dehors des horaires journaliers. Tous les soirs, des cheminots ne rentrent pas chez eux voir leurs familles ou simplement dormir dans leurs lits. Pénible, non ?

Les cheminots rencontrent donc des problèmes de santé, des problèmes de retraites et des problèmes vis à vis de leur vie familiale, et encore, en se contentant de ce que l'on peut voir en surface. Dis ainsi, ce sont des choses qui peuvent concerner n'importe quel métier. Mais vous conviendrez, j'espère, qu'une fois cela passé en revue, on est bien loin de l'image de privilégiés et qu'aucun point que nous avons évoqués ici n'a jamais été repris dans les médias.

La population ne doit pas réfléchir au fait qu'on ne démarre pas une grève sans raison. Il faut les abreuver de slogans simplistes : « On est pris en otages » ! « On doit tous être égaux sur les retraites » ! ...

Surtout, ne pas montrer ce qui se cache derrière.

 

Retour à l'accueil

par Darklord publié dans : Réflexions
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Vendredi 9 novembre 2007

Depuis quelques temps, nous assistons à une régression du dialogue social prônant le conflit pour éviter de parler des sujets de fond qui fâchent. En ces temps de préparation de grèves, la seule réponse du gouvernement aux contestations soulevées semble être de monter une partie de la population contre une autre.

Dans le cas de la grève des cheminots, l'argument simpliste utilisé est de les considérer comme des privilégiés. Peu importe de creuser plus loin. Les cheminots ont plus donc ce sont des privilégiés. Evidemment, le gouvernement se garde bien de développer les choses, il faut rester dans un système de pensées simplistes. Du coup, peu de gens savent à quel point les contestations des salariés de la SNCF ont permis la sauvegarde d'acquis sociaux bien plus importants que les seuls acquis cheminots. La sécurité sociale par exemple ou tout simplement les retraites dans d'autres secteurs en passant par l'emploi et bien d'autres. Le tout en considérant aussi qu'ils font partis des rares personnes à préserver le droit de grève, étant parmi les rares à vraiment l'utiliser.

On leur reproche aussi de toucher des primes de travail pénible alors que leurs conditions de travail le sont beaucoup moins. Ce qui est totalement faux. Certes, les cheminots ne charge plus de charbon, mais les conditions de travail d'un roulant n'est pas sans gênes. D'abord, il ne faut pas oublier le travail de nuit. Les trains de nuit ne roulent pas tous seuls, il faut au minimum des conducteurs et des contrôleurs quant il n'y a pas besoin de personnel technique. Or, les heures de nuits, dans n'importe quel métier, sont considérées comme des heures pénibles.

Ensuite, les machines émettent des vibrations durant des trajets qui peuvent durer des heures et il n'est pas rare que les conducteurs de train se plaignent de mal de dos après plusieurs années de travail. Ces problèmes, bien connu également des VRP qui roulent toute la journée dans leurs véhicules de fonction, ne sont pas toujours reconnus en problèmes de santé liés au travail.

Il n'est pas besoin de préciser aussi les difficultés de vivre une vie familiale avec des horaires de travail changeants et des déplacements pouvant durer plusieurs jours. Les cheminots n'ont plus les mêmes conditions de travail qu'auparavant, cela est un fait, mais, contrairement à ce qui est rabâché par les politiques et les médias, cela ne signifie pas que leur travail n'est pas pénible. Monter ouvertement les « usagers » et les « travailleurs du privé » (au passage, les cheminots ne sont pas des fonctionnaires) contre la grève n'est donc aucunement un intérêt de la part des politiques pour les gens « pris en otages » (sic) mais bien un détournement de l'attention public pour éviter de parler du problème de fond et surtout de la réclamation principale de cette grève, aligner tout le monde sur les cotisations du « public » et non l'inverse. Mais il n'est nul besoin de considérer cette autre solution tant qu'on tient les citoyens à l'écart du débat.

Et cette façon de faire se généralise. Aujourd'hui, Valérie Pécresse, ministre de l'éducation supérieure et, surtout, fossoyeuse de l'égalité des chances à l'université, exhorte les étudiants non-grévistes à se rendre aux assemblées générales pour faire entendre leurs voix et juge que les blocages représentent une « arme efficace, brutale et conflictuelle » (nouvelobs.com). En plus de prendre les étudiants non grévistes pour des imbéciles (apparemment ils ne peuvent penser par eux-mêmes de se rendre aux assemblées), Pécresse considère clairement le mouvement contestataire comme étant naturellement violent. Et c'est apparemment par les insultes qu'elle compte apaiser le mouvement. Tout comme lors des évènements contre le CPE, les politiques s'appuient sur les étudiants non grévistes pour résoudre le problème. On a vu à quel point cela avait bien fonctionné, n'est-ce pas ?

Et dans tout cela, que devient la question de fond, à savoir la loi sur l'autonomie des universités ? A peine deux phrases, Pécresse rappelant que le texte a deux vocations principales : Créer des relations plus nourries entre universités et entreprises, et mettre en place des fondations universitaires financées par les entreprises. Rien de plus. Or, c'est précisément ce que reproche les étudiants au texte de loi. La situation ne se débloquera pas par le dialogue donc.

 

Retour à l'accueil

par Darklord publié dans : Réflexions
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 7 octobre 2007

Hier, samedi 06/10, François Fillon a qualifié l'amendement sur les tests ADN prévu dans la nouvelle loi discriminatoire sur l'immigration de détails qui aurait occulté le reste du contenu et qui ferait oublier que la France a « le droit de choisir son immigration » (AFP). Sauf que là, c'est lui qui oublie que l'immigration choisie est également toujours controversée. Mais accepter sa position comme la seule valable au mépris de toutes les contestations est une vieille habitude pour essayer de bloquer les débats citoyens. Faire la sourde oreille n'est pourtant pas une bonne idée. Fillon ferait bien de demander ce qu'il en pense à un certain De Villepin qui avait pris le même parti lors de l'instauration avortée du CPE.

Et il serait faux de croire qu'il ne s'agit que d'une coïncidence si la déclaration de Fillon ressemble à celle de Le Pen qualifiant, on s'en souvient, les camps de concentration comme des détails de l'Histoire. Pierre Henry, président de France Terre d'Asile, le souligne d'ailleurs. « Le premier ministre est un homme modéré »,selon lui, « toute cette stratégie correspond donc à autre chose, l'emploi du mot détail n'est donc pas une maladresse mais ce n'est pas très sage » (nouvelobs.com). Pierre Henry juge également que « Qualifier l'amendement ADN de détails et juger ridicule l'émotion qu'elle suscite dans une large partie de l'opinion publique révèle d'une stratégie pré-électorale inquiétante de la part du premier ministre » (nouvelobs.com et lemonde.fr).

L'UMP de Sarkozy ne cache plus sa volonté d'attirer l'électorat FN dans son giron, cela en appliquant une politique évidemment peu démocratique et peu tolérante. Peu ouverte aussi car le déni de la réalité qui se lit dans la déclaration de Fillon ne peut être considéré que comme un mépris vis à vis de ceux qui ont osé ne pas courber l'échine face à l'extrême droite. Surtout quand elle comporte un bon gros mensonge.

Fillon déclare que l'amendement ADN masquait l'essentiel de la loi, à savoir donc choisir l'immigration. Mais d'autres amendements ont été très critiqués comme l'obligation de bénéficier de 1,33 fois du RMI pour pouvoir demander le regroupement familial. Hier, le même jour que la déclaration de l'inexistant premier ministre, c'était l'amendement sur le refus d'hébergement d'urgence aux personnes sans papiers qui était attaqué (AFP). Martin Hirsh, ex-président d'Emmaüs, actuel Haut Commissaire aux solidarités actives et qui s'était ouvertement élevé contre cet amendement, a essayé de calmer le jeu sur la radio RTL en déclarant qu'il n'y avait rien de définitif.

En fait, le mot « détail » est lui-même un mensonge ici, ne serait-ce que par la levée de boucliers que l'amendement ADN a provoqué. Il faut être aveugle ou d'une incroyable mauvaise foi pour n'y voir là qu'un détail. Mais bien sûr, on peut toujours minimiser l'importance de l'opinion publique quand elle ne nous est pas favorable. Reste qu'il est déjà plus compliqué de minimiser l'impact de personnes plus médiatiques. Evidemment, l'opposition joue son rôle, mais même au sein du gouvernement, ces amendements font des vagues. Fadela Amara, Bernard Kouchner et Martin Hirsh se sont élevés contre les tests ADN. Et si cela ne suffisait pas, certains UMP encore lucides sur ce point n'hésitent pas non plus à s'y opposer. C'est le cas d'Edouard Balladur (pourtant un proche de Sarkozy) ou de Jean-Pierre Raffarin (dont Sarkozy était le ministre de l'intérieur) ou encore de Dominique De Villepin.

Et si pour Fillon, cela est encore du détail, passons à l'international. Rappelons la réactions de Thomas Hammarberg, commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, qui avait invalidé l'excuse employée par Brice Hortefeux, voulant que 11 pays européens utilisaient déjà les tests ADN. En effet, dans ces pays, les règles des tests sont beaucoup moins restrictives que celles prévues en France et il existe un vrai risque que la France entraîne les législations des autres pays vers le bas. Cela n'a pas empêché Fillon de réutiliser cette excuse lors de sa déclaration. Quant aux principaux intéressés, on ne leur demande pas leur avis, mais il est bon de savoir néanmoins que Alpha Oumar Konaré, président de la Comission de l'Union Africaine, a jugé inacceptable pour l'Afrique l'instauration des tests ADN.

 

Retour à l'accueil

par Darklord publié dans : Réflexions
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander

Pub copinage

Un lien vers le blog de Manu Larcenet, dessinateur de talent. Comme il fait moins de dessins d'actualité je ne l'ai pas mis dans mes autres liens comme Maëster.

http://manularcenet.com/

Allez voir les superbes dessins d'Artea

http://artea.over-blog.com/


Le blog d'Hémiprésente, très bien écrit avec beaucoup de sensibilité.

http://hemipresente.over-blog.com/


Le blog de Gaëtane avec ses humeurs et son humour

http://hi-ni-yotte.over-blog.com/

Le site de Marcel Gotlib, grand maître de la BD. Si vous ne le connaissez pas, aller vite vous rattraper en lisant ces quelques pages.

http://www.marcelgotlib.com/

Pour tout savoir sur le médieval et le moyen âge, allez voir le blog de Morrigane

http://medieval-moyen-age.net/

Allez vite faire un tour sur le blog de Faustine. Entre ses jolis textes, ses réflexions et ses engagements, vous trouverez toujours quelque chose qui vous plaira.

http://faustine.over-blog.org/

Si vous ignorez ce qu'est le mouvemet fractal, découvrez-le grâce au blog de Torquato Denova.

http://mouvement-fractal.over-blog.net/

 

Encore un artiste dans la liste : Lexiaolong et ses magnifiques peintures (notamment). N'hésitez pas à aller découvrir tout son talent.

 

http://www.lexiaolong.com/

 

Et allez, encore un dessineux, il s'agit cette fois de Koulou, dessinateur très donjonesque qui me fait l'honneur, ainsi qu'à quelques amis, de réaliser des dessins pour un site à nous. Rendez-lui une petite visite.

 

http://lemondedekoulou.over-blog.com/

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus