Mouammar Kadahfi, chef d'état terroriste auto-proclamé colonel, est donc arrivé en France cet après-midi, accueillit à bras ouverts par l'état sarkozyste et ce, en pleine journée des droits de l'homme. Un comble.
Pour éviter de trop parler des choses qui fâchent, le gouvernement ne cesse de se justifier en répétant que la Lybie essaye de se racheter une image internationale, oubliant avec obligeance que la véritable raison de la venue du leader lybien, c'est les 3 milliards de contrats dont la France ne peut se passer après en avoir gaspiller 15 dans l'inutile paquet fiscal.
Pourtant, la Lybie est loin d'être l'état qui propose le plus de garanties de développement, surtout en matière de droits de l'homme. En dehors de quelques évolutions sur le droit des femmes (accès à l'éducation et condamnation des mariages arrangés) rien ne se profile à l'horizon.
Mais en parlant de droit des femmes, Il est a noter qu'il semble avoir une vision particulière de la morale. Ainsi le reporteur Memona Hintermann, l’une des professionnelles les plus estimées du pays, a raconté avec émotion et colère le 10 décembre 2008 au cours de l'emission « L'édition Spéciale » de Canal + , comment un projet d’interview du “guide” lybien en 1984 aurait viré à l’histoire scabreuse lorsque ce dernier a cherché à avoir une relation sexuelle avec la journaliste choquée et plus scandalisée que jamais! A noté aussi que Kadahfi entretien une garde personnelle exclusivement féminine, ses « amazones ».
Mais on oublie vite les frasques d'un riche client. Seule Rama Yade semble avoir été un peu offusquée de la venue du dirigeant lybien. Du moins si l'on oublie que lors de l'affaire des infirmières bulgares, elle avait serrée la main de Kadahfi, souriante. Oublie ou tentative du gouvernement de ne pas trop se couper des gens qui protestent contre Kadahfi en faisant avancer un pion de moindre importance ?
Mais la palme du ridicule dans cette affaire revient sans conteste à notre inexistant premier ministre qui s'insurge depuis Buenos Aires en ces termes : « Que les donneurs de leçon tournent sept fois leur langue dans leur bouche ! Laisser les infirmières bulgares croupir dans les geôles libyennes, ç'aurait été un crime ». Amusant ! Donc puisque les infirmières sont libres, on peut recevoir leur geôlier, qui les a accusé à tort, condamné deux fois à mort sans preuve,et instrumentalisé pour revenir sur le devant de la scène politique internationale, comme si de rien n'était ?
Mais le sinistre CV de Kadahfi ne s'arrête pas à cette malheureuse affaire, n'en déplaise à Fillon. Ce serait oublier bien vite les attentats de Lockerbie et du vol 772 UTA, perpétrés par des officiers lybiens et comptabilisant 540 morts à eux deux. Si la Lybie les a officiellement reconnus, ce n'est pas le cas de Kadahfi qui persiste à dire qu'il n'était pas au courant de ce que faisait ses propres services secrets. En oubliant aussi la répression violente, notamment lors de la manifestation de Benghazi (pour les fameuses caricatures de Mahomet) qui fit douze morts suite à des tirs à balles réelles. En oubliant la détention, voir la mort, de prisonniers politiques (dont quelques uns ont été relâchés récemment pour faire bonne figure). En oubliant qu'en août, Mouammar Kadhafi a exhorté ses partisans à « tuer les ennemis » qui réclamaient un changement politique, selon Amnestie Internationale.
Kadahfi ne sera jamais une personne respectable malgré ses quelques gestes finalement bien infimes aux vues de ses crimes. Mais il caresse les dirigeants occidentaux en s'attaquant également aux extrémistes religieux comme les frères musulmans, ce qui a l'avantage de camoufler les autres exactions.
L'état sarkozyste prétend recevoir Kadahfi car il cherche à se réintégrer dans le processus international, à retrouver une respectabilité, niant par omission volontaire l'appât du gain, la seule vraie (et d'ailleurs unique) raison de la présence du dirigeant lybien au pays des droits de l'homme qui les oublie bien vite quand il s'agit de se vendre.
Source : nouvelobs.com, wikipédia et le rapport 2007 d'Amnestie Internationale sur la Lybie.
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