Vendredi 12 juin 2009
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Le gouvernement ne veut pas perdre la face sur la loi HADOPI. Malgré les très fortes contestations émanant de partout et notamment de certains députés proches du
gouvernement, malgré, également, la censure du conseil constitutionnel qui a touché la partie la plus représentative du texte (à savoir les sanctions prévues et la fameuse coupure internet), le
gouvernement donc, se refuse obstinément ne serait-ce qu'à suspendre la loi.
Ainsi, la loi HADOPI passera même si elle n'a plus aucun moyen de se faire respecter. Le gouvernement devrait contourner le nouveau problème avec une nouvelle loi
concernant cette fois-ci uniquement le volet des sanctions. Si cela pose toujours autant de problèmes libertaires, au moins les nouvelles sanctions devraient être mise en oeuvres par des
autorités judiciaires et non plus par un système administratif.
Un article du nouvelobs.com :
Le gouvernement a décidé de promulguer au plus vite la partie non censurée par le Conseil constitutionnel de la loi anti-téléchargement illégal. Le volet sanctions
sera quant à lui "très rapidement" complété par un nouveau texte de loi.
Le gouvernement a décidé de promulguer "dans les jours qui viennent" une partie de la loi anti-téléchargement illégal (dite aussi "Hadopi"), a
indiqué jeudi 11 juin une source proche du dossier. L'exécutif complètera dans un second temps, "très rapidement" est-il précisé, son volet "sanctions", censuré par le Conseil constitutionnel, par un nouveau texte de loi. L'objectif est que le texte, dont Nicolas Sarkozy avait fait une priorité,
soit "opérationnel avant la fin de la session parlementaire", a affirmé cette même source.
Cette décision a été prise après une réunion au niveau des directeurs de cabinet des ministères concernés, jeudi à l'Elysée.
Le Conseil constitutionnel avait annulé mercredi la mesure la plus controversée de la loi : la coupure administrative de l'abonnement internet pour les pirates récidivistes. Les Sages l'on jugée
contraire à la Déclaration des droits de l'Homme. Seul un juge peut en décider, ont-ils tranché, et non une autorité administrative.
Des "juges spécialisés"
Après un parcours déjà très chaotique, marqué par le coup d'éclat des députés socialistes qui avaient une première fois fait capoter l'adoption du texte, le gouvernement voulait donc que son
texte voie le jour coûte que coûte.
Reste à trouver le moyen de corriger la partie sanctions pour répondre aux exigences du Conseil constitutionnel.
Franck Riester, rapporteur UMP du projet de loi adopté le 13 mai, a ainsi suggéré la création de "juges spécialisés" qui décideront - ou non - de couper l'accès à internet en cas de
téléchargements illégaux de fichiers musicaux et de films.
Selon lui, cette judiciarisation de la sanction, qui devait selon le texte initial incomber à la Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi),
pourrait avoir "un caractère plus dissuasif", diminuant du coup le nombre de "dossiers à traiter".
Le PS demande des "états généraux"
Au PS, les députés avaient réclamé au gouvernement l'abandon pur et simple de la loi. "Je demande au gouvernement d'admettre qu'il a fait une erreur", a lancé Jean-Marc
Ayrault.
Le chef de file des députés PS a réclamé "des états généraux du financement de la création culturelle" associant les fournisseurs d'accès à internet, les représentants du monde de la culture, qui
ont très diversement apprécié ce projet de loi voulu par le chef de l'Etat, et les élus.
Quant au MoDem, il s'était aussi réjoui par la voix de Marielle de Sarnez de cette décision des Sages qui rejoint "la position exprimée par le Parlement européen" d'un droit à internet, partie intégrante des droits fondamentaux.
"Pourquoi un tel acharnement à vouloir faire passer une loi inutile, dangereuse et inapplicable?", s'est indigné de son côté le Parti communiste qui a demandé d'"arrêter le massacre".
A droite, un consensus toujours difficile
A droite également, le consensus, qui avait été très difficile à trouver, a vacillé de nouveau. "Je dis stop, la question est compliquée et il vaut mieux reprendre le sujet
pour trouver une meilleure réponse", avait estimé le député villepiniste Hervé Mariton.
La décision de l'exécutif devrait néanmoins satisfaire les professionnels favorables au texte. Huit organisations du cinéma (producteurs, distributeurs et éditeurs) avaient ainsi souhaité jeudi
que la loi soit "sans tarder appliquée et complétée", tandis que la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) a demandé "au plus vite" des mesures pour garantir
"l'efficacité du dispositif".
Depuis la levée de boucliers opportunistes avant les Jeux olympico-marketing de Pékin, en passant par la polémique estivale concernant le projet de loi EDVIGE, jusqu’au deux célébrités du moment HADOPI la vénale et LOPSI 2 la masochiste, jamais le débat sur la coexistence entre la liberté préfabriquée d’un côté et la sécurité commercialisable de l’autre n’a été aussi âpre.
Et pour cause, avec internet nous assistons à une mise à jour intégrale de la lutte bipolaire entre liberté gratuite et sécurité à crédit.
Par exemple, avec la généralisation des technologies de l’information de la communication (TIC) dans la pratique culturelle et le comportement social des usagers ; ceci allant du totalitarisme des blogs aux niches communautaires.
La suite ici :
http://souklaye.wordpress.com/2009/05/29/autopsie-a-ciel-ouvert-la-liberte-et-la-securite-a-l’ere-du-numerique-ou-du-gadget/