La crise ne cesse d'empoisonner le quotidien des gens. Et comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement en rajoute une couche. Non content de donner des sommes d'argent énormes aux banques sans
grands résultats, non content de laisser des entreprises fermer sous le fallacieux prétexte que c'est la crise alors qu'elles ne sont pas plus en difficultés qu'avant, voilà maintenant que le
gouvernement veut réduire le déficit record de la sécurité sociale.
Record dû à la crise évidemment. La masse salariale qui a disparu sans que le gouvernement ne lève le petit doigt ajouté à la montée du chômage a privé la sécu de beaucoup d'argent.
« La moitié du déficit est «conjoncturel, lié à la chute brutale des recettes», estime le ministre des Comptes publics. La baisse de la masse salariale a privé la Sécu de 8 milliards,
détaille la Commission. Et la remontée du chômage n'a pas permis de baisser les cotisations Unedic de 1,7 milliard, et d'augmenter parallèlement les cotisations Sécu, comme prévu. »
(lefigaro.fr)
Le gouvernement va-t-il réagir et, enfin, empêcher les entreprises de licencier à tout va en se servant de la crise comme excuse ? De toute évidence non. Plutôt que de s'en prendre aux
responsables de la crise et indirectement, comme on l'a vu, de la hausse du déficit de la sécu, le gouvernement décide de s'en prendre aux malades, notamment aux arrêts maladies.
« En attendant, faute de d'augmenter les prélèvements - option bannie depuis plusieurs semaines -, le gouvernement surveille les dépenses. Mille «lettres d'avertissement» seront envoyées
aux plus gros prescripteurs d' arrêt de travail . Parmi ces médecins, 150 supplémentaires ne pourront plus prescrire d'arrêts sans feu vert de la Sécu. Idem sur les transports en ambulance :
100 mises sous entente préalable supplémentaires et - démarche inédite annoncée par Roselyne Bachelot lundi - «le déplacement des services de la Cnam dans les 200 hôpitaux qui prescrivent le plus
de transports».
La ministre de la Santé prévoit aussi de nouvelles baisses de tarifs de médicaments et d'actes médicaux. Et elle se réjouit que 600 médecins aient déjà signé les contrats de rémunération
individuelle «à la performance», qui permettent aux généralistes de gagner jusque 5000 euros par an s'ils atteignent certains objectifs de prévention, de dépistage ou de prescriptions de
génériques. » (lefigaro.fr)
On va donc avertir les médecins qui prescrivent le plus d'arrêts maladies, sans apparemment se soucier de savoir s'ils sont justifiés ou non. Mais des contrôles, il y en aura aussi. L'extension
de la visite d'un médecin au domicile de la personne arrêtée est une des mesures phares du projet.
« Le gouvernement annonce la généralisation de la visite du médecin prescripteur en 2010, c'est-à-dire la possibilité pour une entreprise d'envoyer un médecin de l'Assurance maladie
contrôler au domicile d'un patient la validité de son arrêt. » (nouvelobs.com)
Une décision incompréhensible de s'attaquer aux gens plutôt qu'au problème de fond. Alors même que le gouvernement, par la voix d'Eric Woerth, reconnaît la relation entre la crise et
l'augmentation du déficit, il décide de s'attaquer à un tout autre problème, beaucoup plus minime (on estime à seulement 11% les fraudes à l'arrêt maladie).
S'il est évidemment anormal que des personnes abusent du système de santé, on ne peut pas dire que ce soit les arrêts maladies frauduleux qui sont une priorité dans le marasme économique actuel.
Mais encore une fois le gouvernement choisi de suivre un à priori politique plutôt que de s'occuper du vrai problème. Et combien coûtera ce surplus de contrôles qui s'opèreront quand même, à 89%
à peu près, sur des arrêts maladies valides ? Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?
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