« Le FBI a entamé plusieurs enquêtes sur les sociétés financières en difficulté Fannie Mae, Freddie Mac, Lehman Brothers et AIG, qui ont déclenché le plan de sauvetage de 700 milliards
de dollars du gouvernement américain, a-t-on appris mardi soir 23 septembre.
Deux inspecteurs du FBI ont indiqué à Associated Press que l'agence de renseignement recherche de possibles fraudes des sociétés de contrepartie hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac, et de
l'assureur AIG. » (nouvelobs.com)
La crise financière actuelle a secoué le petit monde de l'économie, petit monde qui contrôle sans trop de partages le grand. Aujourd'hui ça va mieux. Il y a bien quelques pessimistes qui
continuent de dire qu'il faut faire attention mais ils sont autant écouter qu'avant. On en est donc à la recherche des coupables car, évidemment, le petit monde de l'économie ne peut accepter
l'idée qu'il n'y ait pas une ou plusieurs malversations dans le désastre.
Et si justement, il n'y avait pas de coupables ? Et si c'était le système dans son ensemble, le problème ?
Soyons sûrs d'une chose, si l'on cherche des malversations, des erreurs, des problèmes dans la grande finance, on en trouvera toujours. Ou alors on se heurte au mur opaque des paradis fiscaux. Le
FBI, actuellement dans les préléminaires de l'enquête, trouvera donc quelque chose, on peut en être sûr. Est-ce que pour autant cela expliquera la crise ? C'est difficile à croire.
« Même sans panique, la crise actuelle est un tonneau sans fond. L'Etat fédéral, après avoir sauvé Bear Stearns, Fannie Mae et Freddie Mac, ne peut plus se porter garant sauf à
complètement fausser le jeu de la libre entreprise. » (nouvelobs.com)
La libre entreprise, c'est peut être elle la coupable. Entendons-nous bien, je ne suis pas anti-capitaliste, mais les déboires des golden boys ne m'émeuvent pas. Je suis beaucoup plus inquiets
pour les employés, de par le monde, qui vont être touchés par cette crise. La « libre » entreprise s'inspire bien sûr de la mouvance économique libérale, qui donne aux entreprises la
liberté de faire ce qui leur plaît, même celle de nous plonger toutes et tous dans la crise.
« La semaine dernière, le directeur du FBI Robert Mueller avait indiqué que son agence suivait déjà 24 affaires de ce type, sans citer les noms des sociétés concernées. Mais il
s'agissait de vérifier si certaines d'entre elles ont maquillé leurs bilans. Dans le cadre de la crise des crédits hypothécaires, le FBI recherche des responsables de fraudes comptables, de
délits d'initiés, et des dissimulations de la valeur réelle des titres des sociétés immobilières et d'autres investissements. » (lefigaro.fr)
On le voit, les recherches s'orientent sur les malversations humaines, se basant sur l'idée que le système économique tel qu'il a été conçu par les économistes libéraux ne peut échouer.
Pourtant, aujourd'hui, seul l'interventionnisme de l'état, décrié par ces mêmes économistes, semble pouvoir sauver la situation, sur le dos de vous savez qui.
« le démocrate Jack Reed a regretté que "le contribuable doive assumer le risque de décisions désastreuses prises par des individus fortement rémunérés à Wall Street". »
(lemonde.fr)
« Reste le contribuable, d'Amérique et d'ailleurs. Il sait déjà ce qui l'attend. Il voudrait simplement qu'on lui présente l'addition et qu'on passe enfin à autre chose. Problème : cette
maudite addition, personne n'est capable de la calculer ! » (nouvelobs.com)
C'est pratique. L'interventionnisme est apprécié en cas de crise et récusé quand tout va bien (enfin quand ça en a l'air). C'est pourquoi d'ailleurs les démocrates américain, en pleine stratégie
électorale, veulent bloquer cet interventionnisme qui fera payer le contribuable lambda, plutôt que ceux qui en ont les moyens. Car les autres banques et assurances ne veulent pas vraiment
entendre parler de mettre la main à la poche. Que ceux qui cotisent déjà se vident encore les poches.
Et puis il y a ceux qui en profitent, Sarkozy en tête. Après avoir été un chantre du libéralisme économique, le voilà qui retourne sa veste devant le monde entier pour réclamer que l'on trouve et
châtie les « coupables », encore, ce que le FBI avait donc déjà commencé à faire à ce moment là. Et d'appeler également à un rassemblement façon G8 pour tirer les leçons de la crise
avant la fin de l'année, alors que les USA, principalement concernés, seront court-circuités par les élections présidentielles. Mais Sarko n'a jamais vraiment caché qu'il espérait bien profiter
des élections étasuniennes pour se mettre au premier plan international. On essaie quand même d'y faire croire.
« Fidèle à son style et à son tempérament, le chef de l'État a également donné un coup de pied dans la fourmilière sur un sujet sensible. À ses yeux, les « responsables » du
désastre doivent être recherchés et punis. Sans doute faut-il accueillir ces incantations avec la distance qu'il convient : il n'existe pas de coupables désignés à l'origine de la crise, ou,
plutôt, ils sont si nombreux qu'on ne pourra pas tous les embastiller ! Du vendeur de crédit californien au trader de Wall Street, en passant par les patrons des grandes banques, chacun a
participé à la décomposition du système. Mais tant qu'à traiter au fond les racines de la crise, autant se pencher aussi sur la moralité, qui a déserté en partie le capitalisme, au risque de
jeter sur lui. » (lefigaro.fr)
On reconnaît que le système ne fonctionne pas comme il le devrait. Mais on s'échine à chercher des responsables. Beaucoup de mouvements donc, autour de questions diverses qui éviteront aux
dirigeants et responsables de remettre en question notre système économique choisit par une élite pour une élite. Le libéralisme économique, c'est laisser le soin aux entreprises de faire ce
qu'elles veulent, même dans le pire et de ne pouvoir, techniquement, sanctionner, ni même contrecarrer un comportement irresponsable à un haut niveau.
Car l'intérêt général est absent des considérations des entreprises libérales. L'économie actuelle assure la suprématie des intérêts privés et seules des réactions citoyennes qui ont forcé
certains états à agir dans certains cas, ont pu se mettre en travers de leurs routes, beaucoup trop rarement et faiblement au vu du système.
Réactions