Qui, un jour, a décrété que les OGM représentaient le progrès ? Qui a arbitrairement décidé que les OGM faisaient avancer la société dans la bonne direction ? Car ce pseudo-état de fait est, pour
les pros-OGM un argument de choc. « Les OGM c'est le progrès, si vous êtes contre, vous êtes contre le progrès » point barre ! Pas la peine de chercher la moindre argumentation, en
fait, dans cette phrase, le but n'étant pas de convaincre les opposants mais d'assurer les défenseurs des OGM qu'ils ont raison.
Savent-ils seulement ce qu'ils défendent ? Là est le problème.
Les pros-OGM vous diront sûrement qu'ils ont lu des études scientifiques qui affirment que les OGM sont sans danger à la consommation, qu'ils respectent la nature et qu'ils sont économiquement
rentable. Enfin bref, ils vous déballent l'argumentaire des vendeurs de Monsanto.
Rappelons-leur alors premièrement, que l'homologation des OGM s'est faite par la FDA (Food and Drug Adminstration), l'organisme qui assure le bon état sanitaire des aliments aux USA, et que cette
homologation s'est faite avant que les « experts » de la FDA n'aient la moindre étude scientifique en main. Jugeant que nous consommons de l'ADN depuis des millénaires, la FDA a
considéré qu'un ajout d'ADN ne pouvait être considéré comme dangereux. La réglementation sur les OGM est donc une décision politique qui n'a rien de scientifique. Et aujourd'hui rien n'a changé.
Deuxièmement, La FDA ne réalise des études que dans des cas particuliers. Pour analyser les produits, elle s'appuie donc sur... les fabricants. Donc pour prendre des décisions sur les OGM, elle
se base sur les études de Monsanto.
On me dira, bien sûr, que Monsanto n'a pas d'intérêt à mentir ou on me soutiendra encore qu'elle n'a jamais menti. C'est oublier le parcours tumultueux de la firme américaine.
Commençons par son produit phare, le désherbant round up (le plus vendu au monde) dont les OGM ne doivent d'ailleurs servir qu'à pérenniser le marché. Vous vous souvenez surement de la publicité
du Round Up avec le chien Rex qui détruit une plante avec le produit puis qui récupère son os caché en dessous. A l'époque, la pub disait que Round up ne polluait « ni la terre, ni l'os de
Rex ». Que c'est mignon. Sauf que le Rex en question a dû avoir de belles crampes d'estomac si jamais son os était vraiment enduit de Round up. Suite à des études scientifiques sérieuses, il
a été démontré que le désherbant était loin d'être aussi inoffensif dans la réalité et qu'il polluait gravement les sols où il était pulvérisé, avec tout ce qu'il contient. Un procès pour
publicité mensongère perdu plus tard, Monsanto devait verser des dommages et intérêts et retirer la mention vantant la propreté du Round up. Pourtant le produit avait été homologué
« propre ».
Ensuite vient la tragique affaire des PCB ou des pesticides, si vous préférez. Monsanto était également friand de ces produits toxiques qui aujourd'hui recouvre notre planète grâce à ses
mensonges. De fait, il a été prouvé que tout organisme, nous compris, était désormais contaminé par les pcb. Il faut juste éviter d'arriver à la dose mortelle. La firme a déboursé des millions
pour étouffer les nombreux morts que son usine de Aniston, dans l'Alabama, a faite dans cette ville. Monsanto s'en est tiré, cette fois-ci, avec quelques dédommagements et l'obligation d'arrêter
de déverser ses pesticides dans la rivière.
Juste après l'épisode des pesticides, voilà qu'arrive la dioxine. Vous souvenez-vous de Times Beach, cette petite ville au bord de la mythique route 66 ? Peut être n'en avez vous jamais entendu
parlé. De toute façon, dans un cas comme dans l'autre, Times Beach a été rayée de la carte. Le problème est venu de la compagnie qui a effectué le revêtement des routes, ajoutant aux divers
produits des PCB. Or les PCB chauffés fournissent de la dioxine, la molécule la plus toxique que l'homme ait jamais créée. Le résultat ne s'est pas fait attendre, les chiens, les chats et les
oiseaux ont prit les premiers, puis sont venus les hommes. Bien que Monsanto fut le seul producteurs de PCB à l'époque, elle ne fut jamais inquiétée car l'EPA (agence de protection de
l'environnement étasunienne) n'a jamais prouvé que le mal dont souffrait les habitants de Times Beach était en relation avec les PCB. De fait, l'administration Reagan, alors au pouvoir, avait
demandé à Anne Bufford, numéro 1 de l'EPA, de geler le dossier de Times Beach. Son assistante, Rita Lavelle, détruisit même des documents compromettant Monsanto et fut condamnée à six mois de
prison pour « parjure et obstruction d'une enquête du Congrès. Bufford fut contrainte de démissionner mais fut remplacée par William Ruckelshaus, autre ami de Monsanto qui siègera même au
conseil d'administration de la firme à la fin de sa carrière.
Désherbant toxique, pesticides et dioxine, ça fait déjà beaucoup de mensonges de la part de Monsanto. Il fallait néanmoins que la firme persiste avec l'hormone de croissance bovine. Censé faire
augmenter le rendement des vaches laitières, l'hormone fut surtout la cause de nombreuses infections de mamelles appelées mamites, qui répand du pus dans le lait. Disant amen aux études peu
fouillées de Monsanto, la FDA acceptera de mettre le lait (du moins celui qui a échappé aux mamites) sur le marché. Avec l'aide de la firme, ils vont même évincer les quelques scientifiques
sérieux qui cherchent à pousser un peu plus loin les études incomplètes de Monsanto. Malgré l'opposition d'une grande partie des consommateurs, la FDA refusera que le lait issu de vaches traitées
par l'hormone de croissance bovine ne fasse l'effet d'un étiquetage spécial indiquant sa provenance. Là, ça devrait vous rappeler quelque chose, non ? Bref, les USA sont bientôt envahit par le
lait issu de l'hormone de croissance et il fausra le courage de trois scientifiques canadiens pour qu'il reste de ce côté de la frontière... et de l'océan. Les docteurs Shiv Chopra, Gérard
Lambert et Margaret Haydon dénonce les méfaits du lait de Monsanto. Ils feront entendre leur voix grâce au sénateur Eugène Weelhan, ancien ministre de l'agriculture, qui n'apprécie pas que
l'agriculture soit de plus en plus soumise à de grandes firmes. L'hormone de croissance et le lait qu'elle produit seront interdit au Canada et en Europe. Au fait, ne cherchaient plus les
publications de Chopra, Lambert et Haydon. A coups de pressions politiques intense, ils ont été mis au placard. Curieuse récompense alors qu'aujourd'hui tout le mode sait qu'ils avaient raison.
Suite à cette longue et édifiante liste de « méfaits » accomplis par Monsanto, qui peut aujourd'hui dire qu'il a une totale confiance sur ce qu'elle avance sur les OGM ? Peut être
encore ceux qui croient que le développement de la biotechnologie va permettre de nourrir les pays du tiers monde.
La politique des OGM a apporté ce changement à Monsanto, désormais elle se dresse en tant que sauveur de l'humanité. Pour rattraper toutes ses anciennes actions, il aurait bien fallut ça. Mais
évidemment, on peut en douter.
Cela fait presque trente ans maintenant que les OGM ont été créés et qu'elles sont les grandes avancées pour l'humanité qui en résulte ? A-t-on finalement développer ce fameux OGM qui doit
pousser dans les sols arides ? Quels sont les nouveaux médicaments de pointe à base d'OGM sur le marché ? Bien sûr que non.
Car Monsanto, comme tout autre producteur d'OGM, n'a nullement vocation a sauver le monde ou simplement à le nourrir. Par contre, les OGM « Round up ready » (résistant au round up
permettant ainsi de détruire les mauvaises herbes sans toucher aux plantations, ce qui se révèlera inefficace d'ailleurs) et incorporant des pesticides sont prêts, eux, étant donné qu'ils sont
beaucoup plus rentables pour Monsanto.
La famine dans les pays pauvres est avant tout dû à de graves problèmes économiques. La quantité n'est pas un problème. Nous pourrions nourrir le monde mais ceux à qui appartiennent la nourriture
ne la donne pas. Et quand bien même ce fameux OGM pour terres arides serait un jour mis au point qu'il ne sera jamais donné gracieusement aux pays en souffrance. D'ailleurs, le fait de devoir
racheter les semences d'une année sur l'autre (un autre « bienfait » de Monsanto) engendre un surcoût que ces pays ne pourront pas payer.
Les OGM ne sont ni sains, ni propres, ni rentables. La recherche française ne prendra pas 10 ans de retard si elle n'effectue pas de recherche en biotechnologie car les OGM ne sont pas un
progrès. Le vrai progrès, c'est de se rendre compte des problèmes posés par les OGM et de les refuser. Nous ne seront pas dépendants de firmes qui proposent un produit que nous n'utilisons pas.
Réactions