Texte Libre



Alexis De Tocqueville considérait que le plus grand danger de la démocratie était que les citoyens ne participent plus à la vie de la société.
De la démocratie en France
est un site visant à informer et débattre de sujets d'actualité connus ou moins connus du grand public, afin que nous restions toujours maîtres des questions qui forgeront notre avenir.

Il s'agit d'un blog de discussion avant tout et les commentaires sont importants. Tous les commentaires, même et surtout ceux qui donnent un avis différent, seront conservés. Seuls les commentaires insultants ou irrespectueux seront supprimés sans sommation.

L'auteur ne peut être informé de tout, aussi toutes propositions de sujets voir d'articles complets sont les bienvenus. Si vous désirez participer, envoyer vos sujets ou articles à Darklord avec votre texte en fichier joint et un objet de message clair. L'auteur vous recontactera si le sujet ou l'article est intéressant et respecte les règles du site. Il répondra également en cas de refus s'il en a le temps. Il ne pourrai lui être fait obligation de répondre.

Désormais pour faire des commentaire sur les blogs d'Over-blog, il faut entrer trois lettres ou chiffres (en bas de la fenêtre d'écriture) afin déviter les spams trop nombreux.

Bonne visite et donner votre avis.

 

Non aux OGM

Lundi 6 mars 2006 1 06 /03 /2006 22:34
    Les députés européens sont des petits malins. Ils aiment beaucoup les OGM. Peut être pas dans leur assiette, tout comme 70% des français, mais ils les aiment quand même. Et ça les rend apparemment bien tristes de voir que certains agriculteurs, ayant pour point commun de faire dans le bio, n’ont pas du tout envie de voir les champs avoisinants les leurs se recouvrir de cultures qui n’auraient pas une génétique d’origine. Oh bien sûr, les députés ont déjà réussis à imposer quelques cultures qui dérogent à la règle mais de nombreuses ont été fauchées. Ah, spectacle poignant qu’une bande de députés pleurant toutes les larmes de leurs corps en tenant dans leurs petites mains une pousse de maïs qui ne craignait rien des insectes mais qui n’était pas assez modifiée pour résister à une lame bien aiguisée.

    Et puis les petits députés d’un coup ont commencé à se demander pourquoi les agriculteurs bio en voulaient à ce point aux OGM. Comme ils n’avaient pas l’habitude de réfléchir à d’autres problèmes qu’à ceux de leurs carrières ou de leurs amis dirigeants de grandes entreprises, ils mirent longtemps à comprendre ce que les paysans leur hurlaient depuis le début. A savoir que les OGM allaient contaminer leurs champs et leur ferait perdre tout leur travail.

    Les petits députés se creusèrent les méninges presque autant que les sillons des agriculteurs bio et ils sautèrent de joie lorsqu’ils trouvèrent la solution à tous les problèmes. Il suffisait de dire que l’agriculture biologique pouvait comporter un certain pourcentage d’OGM et pourquoi pas même de pesticide. Ainsi les paysans gardaient leur label bio et les entreprises pouvaient vendre leurs cultures modifiées sans plus se soucier de leur propagation.

    Là où les petits députés sont carrément tombés sur le cul, c’est quand les paysans leur firent savoir qu’ils n’étaient pas du tout d’accord avec leur beau projet. Ils ne voulaient pas se séparer de l’ancienne législation pourtant plus contraignante. Les petits députés ne comprenaient rien. Les agriculteurs semblaient dire qu’ils attachaient plus d’importance à leur éthique de travail plutôt que de vendre leurs produits avec moins de qualité comme tout chef d’entreprise normalement constitué.

    Les petits députés s’énervèrent quand même un peu. Ils décidèrent de faire voter leur projet quoi qu’il en soit et de ne plus écouter les paysans bio.

Sans rire

    Les députés européens vont mettre à mort l’agriculture biologique déjà fortement menacé par les lois autorisants les cultures OGM alors que celles-ci peuvent contaminer d’autres champs dans un rayon de 25 km (selon des chercheurs américains qui ne sont pourtant pas les premiers à défendre ce genre de cause). Au Canada, l’agriculture bio est déjà à l’agonie. La France et toute l’Europe est désormais menacée. Avec ce projet, les paysans ne pourront même plus se retourner contre les entreprises puisque la présence d’OGM sera tolérée. Le seuil fixé est de 0,9 %, mais qu’en sera-t-il si la pollution est plus importante que prévue ? Remonteront-ils encore le seuil ? Ou signeront-ils officiellement l’arrêt de mort de la filière bio qu’ils ont pourtant déjà condamné aujourd’hui ?

    Ne parlons même pas de l’autorisation de présence de pesticide et du fait que les pays membres ne pourront pas appliquer de seuil plus restrictifs s’ils le désirent.

    Cette proposition est totalement incohérente, niant l’inclinaison de l’opinion publique et l’éthique professionnelle des paysans bio qui veulent travailler d’une manière différente pour la qualité de leurs produits et avoir de quoi en vivre.

Si vous le désirez vous pouvez aller signer la pétition à :

http://www.agriculturebio.org/index.php?espace=FO&page=contenu&rubrique=affichage&rubrique_id=2&ssrubrique_id=93&contenu_id=645

Si vous n’avez pas tellement confiance dans les pétitions par internet, vous pouvez la télécharger, l’imprimer et la diffuser au plus grand nombre avant Juin 2006, date de la probable validation de cette loi qui sera effective en 2009.

Si vous voulez avoir encore le choix de ce qui se retrouvera dans votre assiette dans l’avenir, agissez rapidement.

Par Darklord - Publié dans : Non aux OGM
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 25 mars 2006 6 25 /03 /2006 18:41
Tout à l’heure dans la voiture j’écoutais la radio. Il y avait trois types (au moins, la réception était assez mauvaise) qui parlaient des OGM.

Je vous avez déjà un peu parlé du sujet lors d’un précédent article où je vous proposez une pétition pour soutenir les producteurs bio.

Mais cette fois le débat est plus élevé. Car il se trouve que les deux camps, pour et contre les OGM, étaient représentés. Je vous passe les détails de la lutte qui les opposa pour passer à la question qui m’a le plus concerné. Je ne sais plus comment, ces spécialistes en sont arrivés à discuter des consommateurs qui rejettent en masse l’idée d’avoir des OGM dans leur assiette. Or il se trouve qu’il est avéré que nous en consommons déjà. Jusque là, rien de neuf sous le soleil.

C’est lorsque la discussion s’est portée sur la question de la démocratie que mes oreilles sont devenues encore plus attentives. Car, comme il a été remarqué, le fait qu’une majorité de gens ne veulent pas des OGM mais que les industriels s’implantent malgré tout est bien une preuve de l’anti-démocratie de ce processus. Pour ne pas avoir à reconnaître l’existence d’OGM dans ce que nous achetons, la loi sur l’étiquetage permet de ne pas mentionner que les aliments sont à base d’ingrédients génétiquement modifiés si ceux-ci sont inférieurs à 0,9%. De même, « les substances qui ne sont pas considérées comme des ingrédients […] (auxiliaires technologiques, supports d'additif et d'arôme, additifs de transfert…) ne sont pas concernées par ces dispositions d'étiquetage » comme le souligne le site de la DGCCRF. Rappelons enfin que les animaux ayant consommé des OGM ne sont pas non plus signalés.

    Il est donc intéressant de remarquer à quel point les industries et les politiques permettent le développement d’un produit pourtant largement et clairement refusé par les citoyens. Car l’entente avec la classe politique est obligatoire pour ainsi se créer diverses portes de sorties. Il faut bien constater que les OGM nous sont imposés. Pour l’instant en petit nombre mais ce n’est qu’une question de temps avant que les pourcentages ne soient revus à la hausse. Bruxelles aidant, bien sûr.

    L’un des arguments, entendu à la radio, était de considérer les OGM comme la solution à la faim dans le monde. Argument bien vite démonté (et sans résistance, c’est dire) car il faut savoir que, bien sûr, le développement de la recherche sur les OGM se fait en fonction des marchés. Or il n’y a, et autant le dire il n’y aura jamais, de marché pour nourrir ceux qui ont faim. Du reste nous avons suffisamment de stock pour les aider sans OGM mais là encore, les industriels préfèrent jeter. Pourquoi seraient-ils plus généreux en produisant des OGM ?

    Par contre il y a un marché pour la pharmaceutique. Nombre de personnes s’alarment des plans d’OGM fauchés qui auraient pu servir à l’élaboration de médicaments. Mais force est de reconnaître que la plupart des OGM vise le marché plus porteur de la production agro-alimentaire, car des champs entiers de maïs transgéniques ont bien cela pour but et non les médicaments. Ce qui m’amena à un rire ironique dans ma voiture. Car dans la radio, le spécialiste déclarait qu’il ne s’occupait pas de l’alimentation humaine, ni même animale, mais du développement de la culture génétiquement modifiée. Sauf qu’il n’a pas précisé ce que deviendraient ces cultures, c’est à dire notre alimentation. Sûr en tout cas que ce n’était pas un spécialiste en communication.

    L’émission s’est terminée peu après ce constat. Il n’était apparemment personne pour contredire le fait que les OGM étaient totalement, totalitairement même pour reprendre les propos de l’un des spécialistes, imposés à un public qui n’en veut pas. Aujourd’hui, vous le savez si vous avez lu mon précédent article sur le sujet, la filière biologique est réellement menacée par les OGM. Mais de cela pas un mot à la radio, ni ailleurs. Heureusement qu’il existe des sites pour avertir des sujets dont on ne veut pas nous parler.

Par Darklord - Publié dans : Non aux OGM
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 17 juin 2007 7 17 /06 /2007 09:49
Par Darklord - Publié dans : Non aux OGM
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 13 août 2007 1 13 /08 /2007 10:04

Entre 150 et 200 agriculteurs de Midi-Pyrénée se sont rassemblés samedi 11 août à Saverdun dans l'Ariège contre les actions anti-OGM à l'appel de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs du département. Cette manifestation a eu lieu deux heures avant une autre rassemblant cette fois-ci des militants anti-OGM.


Les agriculteurs de la FNSEA portaient un ruban noir pour signifier le deuil de Claude Lagorce, l'agriculteur qui s'était pendu avant une manifestation OGM le 5 août, sans toutefois « vouloir polémiquer sur l'évènement » selon un organisateur, ce qui est donc raté. (nouvelobs.com)


La FNSEA soutient les OGM de manière inconditionnelle (comme le montre leur site), n'hésitant pas à instrumentaliser la mort de Lagorce, et en essayant de jouer sur l'anti-américanisme pour gagner l'opinion à sa cause :


« Si nous laissons la recherche sur les OGM aux mains de pays tels que les Etats-Unis, nous allons irrémédiablement accroître notre dépendance vis-à-vis d'eux. La FNSEA et les JA sont favorables à la recherche sur les OGM et s'insurgent contre les arrachages sauvages handicapant cette même recherche. Détruire la recherche c'est cultiver notre dépendance. C'est au Gouvernement de prendre ses responsabilités pour fixer les limites qui sont nécessaires. La FNSEA et les JA sont persuadés que des filières OGM, non-OGM et bio peuvent coexister sur le terrain. Avec les règles de traçabilité et d'étiquetage, le consommateur devra pouvoir choisir au final en connaissance de cause. »


On apprend donc que, selon la FNSEA, filières OGM, non-OGM et bio peuvent coexister ce qui est faux comme l'a prouvé la pollution par pollen depuis longtemps. Quant au choix du consommateur, on touche au risible. Les producteurs OGM ne veulent pas avouer qu'ils font des OGM, non pas à cause des manifestations, mais à cause des réactions possibles de leurs voisins. Par exemple :


« Dans la nuit du 6 au 7 août dernier, une parcelle de 1 000 mètres carrés était ainsi détruite à Jonquières (Vaucluse) par des militants opposés aux organismes génétiquement modifiés. Un carré que traquaient désespérément les anti-OGM depuis environ un mois, et dont le maire de la commune ignorait jusqu'à l'existence. Le collectif régional s'est d'ailleurs insurgé contre ce « manque de transparence », lésant de facto les paysans et apiculteurs voisins, susceptibles de voir leurs exploitations contaminées par les pollens. » (lefigaro.fr)


Les distributeurs suivent naturellement le même chemin. Ils savent très bien que s'ils étiquettent « OGM » des produits, ils ne se vendront pas, une grande majorité de consommateurs refusant toujours les OGM dans leurs assiettes.


Rien ne devrait changer avant le « Grenelle » de l'environnement cet automne et ce n'est pas encore gagné. Seule proposition semblant pouvoir vraiment émerger, la proposition de Corinne Lepage de Cap 21 (qui a dénoncé les études faites par la firme Monsanto) qui prévoit « la mise en place d'une expertise scientifique indépendante avant toute mise sur le marché ou essais à grande échelle d'OGM ». Rien donc pour empêcher la pollution des parcelles avoisinantes.

 

Retour à l'accueil

Par Darklord - Publié dans : Non aux OGM
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 21 novembre 2007 3 21 /11 /2007 14:57
Pourquoi toujours forcément réinterpréter ce qu'on lit à droite ou à gauche pour finalement tomber dans la paraphrase. C'est pourquoi aujourd'hui, je vous propose de simplement publier un article du site santemagazine.fr. Je n'ai rien à y ajouter que ce soit en terme d'informations ou de convictions.
Je vous conseille cependant de leur rendre visite ainsi que de diffuser largement cet article.


En dix ans, plus de cent mille paysans indiens se sont donnés la mort. Une ultime protestation contre les exigences de la mondialisation, aggravées par l'introduction des OGM. La solution : retrouver une agriculture respectueuse de la nature.

Des paysans pris au piège


A Bollywood, Nana Patekar est une vedette. En 2005, l'acteur a été embauché pour promouvoir auprès des paysans le coton Bt de Monsanto. Un coton génétiquement modifié dont la multinationale affirme qu'il "réduit significativement l'usage des insecticides" et qu'il permet "d'augmenter les revenus des paysans indiens" grâce à de meilleurs rendements. La firme américaine ne lésine pas sur son budget marketing en Inde : publicités sur les bords des routes, dans les journaux et à la télévision, bus avec musique, animateurs et buffets dans les zones rurales, 4x4 équipés de hauts-parleurs, "offres spéciales" et ristournes sur ses produits. La stratégie fonctionne : introduit en 2002, le coton Bt de Monsanto était planté sur 1,3 million d'hectares seulement trois ans plus tard, principalement dans les Etats du centre – Andhra Pradesh, Maharashtra, Karnataka ou Madhya Pradesh. D'après les communiqués et les rapports du numéro un des OGM, les campagnes indiennes doivent une fière chandelle au coton transgénique. Mais la réalité n'est pas Bollywood, et la vie des fermiers indiens loin d'être une fête.

La "ceinture du suicide"
Le ministère indien de l'Agriculture le reconnaît : de 1993 à 2003, cent mille paysans se sont donné la mort ; entre 2003 et 2006, on a compté seize mille suicides par an. Depuis le début de l'année 2007, les associations paysannes du district de Vidarbha, importante zone cotonnière du Maharashtra, déplorent un suicide toutes les huit heures.
Les témoignages affluent de tous les districts de la "ceinture du coton". Le scénario est toujours le même : étranglé par les dettes, incapable de nourrir sa famille, menacé de perdre ses terres, le fermier craque. Vandana Shiva, physicienne et militante écologiste, explique : « Les paysans qui plantent du coton génétiquement modifié doivent racheter les semences à Monsanto chaque année, 700 à 1 000 roupies le kilo contre 200 roupies pour des graines traditionnelles qu'on peut resemer gratuitement. Ensuite, le taux d'échec est élevé, les plants sont attaqués par des parasites auxquels ils ne résistent pas, et les fermiers sont contraints d'augmenter leur utilisation de pesticides, donc leurs dépenses. Ils s'endettent plus encore. Pour finir, le coton Bt donne des rendements bien inférieurs aux promesses, et les ventes rapportent moins que prévu. En gros, les coûts de production ont été multipliés par dix et le prix de vente a baissé d'un tiers. C'est la spirale infernale. » Sordide épilogue : la plupart des paysans se suicident en avalant les pesticides qu'ils ne peuvent plus payer.

La deuxième "Révolution verte"


Dans les années soixante, pour parvenir à l'autosuffisance, l'Inde lance un programme de modernisation de son agriculture, la "Révolution verte", qui bouleverse les modes traditionnels de cultures. Mécanisation et chimie augmentent les productions, pour le bénéfice des grandes exploitations. Déjà, les petits producteurs – la grande majorité – peinent à suivre le mouvement. « Mais, affirme Vandana Shiva, un agriculteur gagnait correctement sa vie jusque dans les années quatre-vingts. Ma mère, une paysanne, a pu m'envoyer à l'université. »

Les problèmes graves surgissent dans les années quatre-vingt-dix. Le productivisme a ravagé nombre de zones agricoles, où les traitements chimiques et l'irrigation ont appauvri les sols. La mondialisation économique pousse le pays à se lancer dans une deuxième "Révolution verte", en développant ses exportations de produits agricoles, notamment le coton, au détriment des cultures vivrières. Au même moment, l'agro-industrie tente d'implanter les OGM par tous les moyens. « Dans les années quatre-vingt-dix, nous avons subi la politique d'ajustements structurels du Fonds monétaire international et les accords de l'Organisation mondiale du commerce qui nous ont contraints à laisser entrer les multinationales des OGM », déplore Vandana Shiva, qui rappelle que les mêmes règles du commerce international imposent les cultures transgéniques en Europe.

Le bilan catastrophique des OGM

Le drame indien confirme ce que les opposants aux OGM dénoncent depuis dix ans : les semences brevetées menacent les agriculteurs. Dans la plupart des pays pauvres (mais aussi dans certaines régions françaises), l'agriculture est le fait de petits producteurs incapables de supporter une telle organisation. Quant aux promesses des entreprises de biotechnologies, voici le bilan qu'en tirent deux chercheurs indiens indépendants, Abdul Qayum et Kiran Sakkhari, dans une étude réalisée en Andhra Pradesh pendant trois ans, de 2002 à 2005 (Bt cotton in Andhra Pradeh : a three-year assessment, avril 2005) :
– le coton Bt est un échec en termes de rendements (30 % inférieurs à ceux du coton ordinaire),
– l'utilisation des pesticides n'a pas diminué, et les coûts de production ont augmenté,
– le coton Bt n'a pas amélioré les revenus des paysans (60 % inférieurs à ceux des planteurs de coton ordinaire),
– le coton Bt n'a pas amélioré l'environnement (pollution des sols).

Les associations locales soulignent que les fermiers ignorent les risques de dissémination du coton transgénique par pollinisation. Pire : ils mélangent les semences naturelles et modifiées, au point que les chercheurs A. Qayum et K. Sakkhari estiment que les OGM contaminent la chaîne alimentaire (les graines de coton sont transformées en huile). La plupart du temps, les paysans ne respectent pas la règle des 20 % de plants non OGM autour de leurs champs pour limiter la mutation des parasites. Résultat : ces derniers s'adaptent déjà au coton génétiquement modifié censé les éliminer.

Résistances paysannes


L'introduction des OGM en Inde ne se fait pas sans résistance. Une première tentative en 1997-98 a été stoppée par la mobilisation de paysans. Monsanto venait de racheter une part d'un important semencier local, Mahyco, avec l'intention de développer ses marchés dans le pays. Vandana Shiva et son association Navdanya, qui défend les paysans depuis des années en constituant des banques de semences traditionnelles, manifestent alors devant le siège indien de la multinationale. En novembre 1998, des paysans détruisent un champ de coton génétiquement modifié non autorisé. La Cour Suprême rend un avis défavorable à ces essais OGM. En 2002, le gouvernement autorise finalement les semences de Monsanto : les suicides redoublent.

Aide à la reconversion

Navdanya demande un moratoire sur les plantations de coton et la réalisation d'une étude indépendante sur les impacts socio-économiques, sanitaires et environnementaux du coton Bt. « En mai 2006, j'ai entrepris un voyage à travers la "ceinture du suicide", raconte Vandana Shiva. Nous avons distribué des semences aux paysans qui veulent arrêter les OGM, pour qu'ils puissent nourrir leurs familles et se reconvertir. Nous les aidons à passer à l'agriculture biologique et à trouver de nouveaux marchés. D'après nos calculs, ils pourraient augmenter leurs revenus de 20 000 roupies par an de cette façon. Les semis débutent en juillet, nous pensons que cela va redonner de l'espoir à ces fermiers. » La militante, qui parcourt le monde pour alerter l'opinion (y compris en France pour soutenir les faucheurs d'OGM), appelle les consommateurs à aider cette opération "Graines de l'espoir" en préférant le coton bio au transgénique.

Durant plusieurs siècles, l'Inde a cultivé mille cinq cents variétés de coton différentes, et ses paysans nourrissaient le pays. Les semences transgéniques tuent non seulement la diversité végétale, mais aussi des milliers de fermiers pris au piège d'un système pervers. N'oublions pas que les campagnes françaises souffrent, elles aussi, de l'industrialisation agricole : une exploitation disparaît toutes les vingt minutes, et nos paysans comptent parmi les premières victimes du suicide. Partout dans le monde, le passage à une agriculture respectueuse des hommes et de l'environnement est urgent

David contre Goliath :

Quand une firme modifie génétiquement une plante, cette dernière devient sa propriété et ne peut être semée sans paiement d'une licence. Les agriculteurs ne peuvent plus conserver une part de la récolte pour la resemer. Pour défendre ses intérêts, Monsanto emploie les grands moyens : aux Etats-Unis et au Canada, l'entreprise incite les agriculteurs à dénoncer leurs collègues soupçonnés d'utiliser ses semences et recourt aux services de détectives privés. L'agriculteur canadien Percy Schmeiser a été la double victime de cette politique : après que ses champs de colza eurent été contaminés par du colza transgénique, il s'est vu accuser par Monsanto d'avoir volé les semences brevetées. Absurde, mais implacable.

 

Retour à l'accueil

Par Darklord - Publié dans : Non aux OGM - Communauté : Non aux OGM !
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Jeudi 15 mai 2008 4 15 /05 /2008 13:26

On apprend ce matin que la loi sur les OGM, bloquée par le vote d'une motion de procédure mardi, vient d'être renvoyée devant le parlement sans qu'aucune modification n'y ait été apportée.


« Au lendemain de l'adoption de la motion de procédure déposée par le député communiste André Chassaigne, une commission mixte paritaire (CMP), réunissant sept députés et sept sénateurs, a adopté mercredi soir le texte rejeté par l'Assemblée, ouvrant la voie à un nouvel examen pour son adoption définitive. Le vote de la motion de procédure mardi avait provoqué le rejet du projet de loi sur les OGM dans sa version voté le 16 avril par le Sénat et infligé un camouflet au gouvernement.


Le premier ministre, François Fillon, avait convoqué la commission au titre de l'article 45-2 de la Constitution, mercredi matin, pour mettre un terme à ce qu'il a qualifié "d'incident regrettable". La décision de la CMP n'est pas véritablement surprenante, car elle compte une majorité de droite. Le gouvernement souhaite maintenant que le texte de la CMP soit présenté le plus rapidement possible dans chacune des deux Assemblées, qui devront se prononcer par un vote mais n'auront plus l'occasion d'amender le document. » (lemonde.fr)


Les députés ne pourront plus amender le texte, par contre, le gouvernement le pourra :


« Le texte de la CMP passera d'ici la fin du mois devant les deux assemblées pour l'adoption définitive. Aucun amendement ne peut plus être déposé, hormis ceux du gouvernement. » (nouvelobs.com)


Contrairement à ce que certains aimeraient faire croire, Le rejet de la loi n'était pas une victoire de la gauche sur la droite. Plusieurs députés UMP se sont également levés contre le texte (sinon le rejet n'aurait pas pu se faire) comme François Grosdidier, député UMP de la Moselle, ou Jean-François Legrand, sénateur UMP de la Manche. Aujourd'hui, c'est à Patrick Ollier, Président UMP de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée, de s'élever contre cette procédure.


« "Quatorze parlementaires en CMP n'ont pas le droit de redébattre de l'ensemble d'un texte qui a été longuement débattu au cours de deux lectures, tant à l'assemblée nationale qu'au Sénat", a expliqué Patrick Ollier. "Nous n'avions pas le droit de remettre en cause ce qui a été décidé et voté conforme par le Sénat." » (nouvelobs.com)


Le retour de la loi est donc très mal vêcu, tant par l'opposition que par la majorité, mais le gouvernement fait la sourde oreille après avoir tenté de rejeter la responsabilité hier sur Jean François Copé.


« Philippe Martin, député socialiste du Gers, a d'ores et déjà prévenu que le combat autour du projet de loi sur les OGM se poursuivra "au niveau du Conseil constitutionnel". »

Par Darklord - Publié dans : Non aux OGM
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mardi 26 août 2008 2 26 /08 /2008 11:02

 

Les actions victorieuses contre l'hégémonie de Monsanto sont rares tant la firme n'hésite pas à attaquer ses opposants jusqu'à leurs ruines et leurs discrédits dans une lutte totalement inégale, confortées par les autorités de par le monde. Il est donc d'autant plus important de souligner les moments où elle a plié, comme en 2004 sur le cas du blé transgénique.

Tout commence la veille de Noël 2002 lorsque Monsanto annonce qu'elle a fait la demande de mise sur le marché d'un blé roux (blé reconnu de grande qualité) dit « roundup ready », c'est à dire génétiquement modifié pour résister à l'herbicide Round Up, autre produit de Monsanto (reconnu dangereux malgré ce que la firme avait déclaré lors de son lancement et qui lui valut un procès pour publicité mensongère qu'elle a perdu), ce qui lui permet un contrôle du marché sur les deux tableaux.

Toutefois, cela ne plait guère aux agriculteurs nord américains. Et c'est un point important car les agriculteurs qui vont se lever contre le blé transgénique sont ceux qui cultivent d'autres OGM (soja, coton, maïs, colza). Pourquoi ? Parce que depuis un certain temps, il apparaît aux yeux des agriculteurs OGM que la rentabilité n'est pas franchement au rendez-vous. Le fait est que les produits transgéniques déjà connu ont été modifiés pour résister au Round Up. Résultat, à force de n'utiliser que ce produit, les agriculteurs ont constaté que les mauvaises herbes devenaient de plus en plus résistantes, nécessitant d'augmenter les doses de l'herbicide. En plus de l'effet néfaste sur l'environnement, c'est une mauvaise nouvelle pour les pro-OGM car les plantes « RoundUp Ready » devaient justement lutter contre l'épandage massif d'herbicide, ce qui fut vrai au début. Mais aujourd'hui, les cultures OGM sont obligées d'en utiliser encore plus que les cultures normales.

En plus de l'augmentation du coût en herbicide, les paysans OGM doivent racheter leurs semences chaque année à Monsanto, qui a développé un véritable arsenal policier uniquement pour empêcher ses clients de replanter les graines obtenues avec leurs anciennes récoltes.

En plus de ces coûts supplémentaires, le prix d'un produit OGM est inférieur sur le marché à celui de son homologue naturel. De fait, les cultures OGM sont massivement utilisées pour le fourrage plutôt que pour l'alimentaire.

En plus du mauvais calcul financier que représente la culture d'OGM, le cas du blé est assez particulier car les grands acheteurs mondiaux du blé américain, le Japon et l'Europe, ont toujours insisté sur la qualité du blé et ont refusé en bloc d'acheter du blé transgénique, dû au fait que les consommateurs n'en voudraient jamais.

Des coûts plus importants et la certitude de ne pas avoir d'acheteur ont fait que la Commission Canadienne du Blé (CCB), puissante association des producteurs de blé, s'est retrouvée aux côté de Greenpeace et du Conseil des Canadiens (la plus importante association de consommateurs du pays), auxquelles elle s'était toujours opposée, pour avertir les agriculteurs sur le problème du blé transgénique. Et ça a fonctionné.

Il est important de voir que les OGM posent un vrai problème de rentabilité, car c'est avec cet argument que Monsanto vend ses semences aux agriculteurs, mais il faut également souligné le rôle qu'a joué l'opposition aux OGM dans cet échec. C'est parce que les consommateurs ont clairement fait entendre qu'ils ne voulaient pas d'OGM que le blé transgénique était voué à ne jamais se vendre. Preuve que cette lutte doit continuer et que se déclarer contre les OGM est déjà un acte de résistance.

Par Darklord - Publié dans : Non aux OGM - Communauté : Non aux OGM !
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 28 août 2008 4 28 /08 /2008 13:04

 

Sujet sensible s'il en est au sujet des OGM, la contamination des champs voisins est pourtant une réalité qui a été montré et démontré de nombreuses fois depuis l'implantation des cultures transgéniques, dont Monsanto a tout fait pour minimiser l'impact.

Il serait faux de croire que la firme américaine n'était pas au courant des risques de contamination des champs non-OGM par ses produits. Elle-même l'avouait dans son pledge report en 2005 en disant que « la présence accidentelle fait partie de l'ordre naturel », tout en évitant soigneusement de parler de contamination.

Ce qui est troublant, c'est la détermination avec laquelle Monsanto tente de faire passer sous silence ce secret de polichinelle. Aujourd'hui, plus personne n'est assez fou pour réfuter que la contamination des champs est une réalité et que les moyens mis en place pour s'en préserver sont largement insuffisant : Instauration d'une « zone tampon » ne tenant pas compte du déplacement réel des pollens, instauration de haies qui ne bloquent ni les oiseaux, ni les insectes,... et c'est tout. De quoi être rassuré à bloc.

De plus, la contamination pose un autre problème car elle révèle l'instabilité des OGM, ce qui contrarie énormément tous les fabricants d'OGM qui ont toujours prétendu le contraire. Les biologistes Ignacio Chapela et David Quist ont montré en étudiant la contamination du maïs mexicain qu'une fois que l'OGM s'est croisé avec une autre plante, le transgène « éclate » et s'insère de manière incontrôlée. « Etant donné que le comportement d'un gêne dépend de sa place dans le génome, l'ADN déplacé pourrait créer des effets absolument imprévisibles », selon le magazine Science en mars 2002.

Devant un tel problème, une société responsable aurait, au moins présenté des excuses. Monsanto a préféré démolir Ignacio Chapela. S'appuyant sur d'autres chercheurs universitaires serviles puisqu'elle les finance (la recherche en biologie aux USA ne peut plus se passer des financements de la biotechnologie), Monsanto va lancer une campagne de discrédit contre le biologiste, ce malgré les confirmations officielles du gouvernement mexicain de l'étude de Chapela qui leur avait donné l'alerte.

Sur le site pro-OGM AgBioWorld, une certaine Mary Murphy envoie un message, le jour même de la parution de l'étude de Chapela et Quist (ce qui suppose des fuites), dans lequel elle dénonce l'appartenance de Chapela a des groupes d'activistes. Le même jour, Andura Smetacek livre un message du même tonneau. Ces messages seront transmis aux milliers de scientifiques de la liste de diffusion de AgBioWorld.

Jonathan Matthews, directeur du Gmwatch (un service d'information sur les OGM basé à Norwich dans le sud de l'Angleterre) enquêtait sur l'organisation AgBioWorld (fondation à but non lucratif) lorqu'il reçoit également ces courriels. Matthews avait déjà des doutes sur l'organisation lorsque, un jour, un message d'erreur lui indiqua le nom du serveur hébergeant le site : appollo.bivings.com. Or, Bivings est une entreprise de communication ayant notamment pour client : Monsanto.

En 2002, Bivings s'était vanté dans un document mis en ligne repris par The Guardian, de procédé au marketing viral, consistant à défendre la position d'une entreprise sans la nommer en faisant croire à l'intervention d'un tiers. Explication de Bivings : « Pour certaines campagnes, il n'est pas souhaitable et même désastreux que le public sache que votre entreprise y est directement impliquée. En termes de relations publiques, ce n'est tout simplement pas une bonne chose. Dans ce cas là, il est d'abord important de bien « écouter » ce qui se dit en ligne. [...] Une fois que vous vous en êtes bien imprégné, il est possible de vous brancher sur ces sites pour présenter votre position en faisant croire qu'elle vient d'une tierce personne. [...] Le grand avantage du marketing viral, c'est que votre message a plus de chances d'être prit au sérieux. »

Poursuivant son enquête avec les courriels, Matthews va découvrir que Mary Murphy et Andrua Smetacek n'existent tout simplement pas. Ce sont des « fantômes » ou des « citoyens factices ». Grâce à l'adresse du serveur dont dépend son adresse courriel, « Mary Murphy » est identifiée comme un ou une salariée de Bivings. « Andrua Smetacek », grâce à l'adresse de protocole de ses courriels, est détectée chez... Monsanto. La personne derrièreMary Murphy a également envoyé des milliers de courriels, dont un article critiquant les anti-OGM émanant de l'agence Associated Press, article qui se révéla être un faux.

Pourtant le magazine Nature, dans lequel était paru l'étude, se rétracta finalement (ce qui fut une première) alors même que le magazine Science rapportait que deux équipes de chercheurs mexicains confirmaient à nouveau les avancées de Chapela et Quist.

Pourquoi mettre tant de moyens pour cacher au mieux la contamination, et surtout, pour ne pas parler de ces effets néfastes ?

« L'espoir des industriels, c'est qu'avec le temps, le marché sera tellement inondé que vous ne pourrez plus rien faire, sauf vous rendre » déclarait début 2001 Dom Westfall, vice président de Promar International, un cabinet de consultant basé à Washington qui travaillaient pour les firmes de biotechnologies. Une véritable déclaration de guerre. À cela on peut également ajouter ce qu'un représentant de Monsanto a déclaré (selon le Center for Food Safety) un jour à un paysan poursuivi pour avoir réutiliser des semences OGM : « Nous vous possédons, nous possédons tous ceux qui achètent nos produits ».

Car le problème de la contamination pour Monsanto n'est pas vraiment un problème. Au contraire, ce serait même une opportunité. Si la contamination continue de s'étendre, Monsanto n'aura plus à se battre pour imposer ses OGM, la « nature » s'en sera chargée pour elle. Difficile alors pour les paysans de ne pas accepter les conditions de Monsanto pour l'exploitation de cultures transgéniques (notamment la clause stipulant la non utilisation des graines obtenues pour ressemer), et difficile pour les consommateurs de choisir autre chose que des OGM.

Quand on sait que le colza biologique a déjà disparu du Canada suite à la pollution OGM, on se dit qu'il faut tirer notre chapeau aux faucheurs volontaires, incarcérés pour être les seuls à mettre un frein réel à la domination de Monsanto.

Par Darklord - Publié dans : Non aux OGM
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 28 août 2008 4 28 /08 /2008 18:06

 

Qui, un jour, a décrété que les OGM représentaient le progrès ? Qui a arbitrairement décidé que les OGM faisaient avancer la société dans la bonne direction ? Car ce pseudo-état de fait est, pour les pros-OGM un argument de choc. « Les OGM c'est le progrès, si vous êtes contre, vous êtes contre le progrès » point barre ! Pas la peine de chercher la moindre argumentation, en fait, dans cette phrase, le but n'étant pas de convaincre les opposants mais d'assurer les défenseurs des OGM qu'ils ont raison.

Savent-ils seulement ce qu'ils défendent ? Là est le problème.

Les pros-OGM vous diront sûrement qu'ils ont lu des études scientifiques qui affirment que les OGM sont sans danger à la consommation, qu'ils respectent la nature et qu'ils sont économiquement rentable. Enfin bref, ils vous déballent l'argumentaire des vendeurs de Monsanto.

Rappelons-leur alors premièrement, que l'homologation des OGM s'est faite par la FDA (Food and Drug Adminstration), l'organisme qui assure le bon état sanitaire des aliments aux USA, et que cette homologation s'est faite avant que les « experts » de la FDA n'aient la moindre étude scientifique en main. Jugeant que nous consommons de l'ADN depuis des millénaires, la FDA a considéré qu'un ajout d'ADN ne pouvait être considéré comme dangereux. La réglementation sur les OGM est donc une décision politique qui n'a rien de scientifique. Et aujourd'hui rien n'a changé.

Deuxièmement, La FDA ne réalise des études que dans des cas particuliers. Pour analyser les produits, elle s'appuie donc sur... les fabricants. Donc pour prendre des décisions sur les OGM, elle se base sur les études de Monsanto.

 

On me dira, bien sûr, que Monsanto n'a pas d'intérêt à mentir ou on me soutiendra encore qu'elle n'a jamais menti. C'est oublier le parcours tumultueux de la firme américaine.

Commençons par son produit phare, le désherbant round up (le plus vendu au monde) dont les OGM ne doivent d'ailleurs servir qu'à pérenniser le marché. Vous vous souvenez surement de la publicité du Round Up avec le chien Rex qui détruit une plante avec le produit puis qui récupère son os caché en dessous. A l'époque, la pub disait que Round up ne polluait « ni la terre, ni l'os de Rex ». Que c'est mignon. Sauf que le Rex en question a dû avoir de belles crampes d'estomac si jamais son os était vraiment enduit de Round up. Suite à des études scientifiques sérieuses, il a été démontré que le désherbant était loin d'être aussi inoffensif dans la réalité et qu'il polluait gravement les sols où il était pulvérisé, avec tout ce qu'il contient. Un procès pour publicité mensongère perdu plus tard, Monsanto devait verser des dommages et intérêts et retirer la mention vantant la propreté du Round up. Pourtant le produit avait été homologué « propre ».

Ensuite vient la tragique affaire des PCB ou des pesticides, si vous préférez. Monsanto était également friand de ces produits toxiques qui aujourd'hui recouvre notre planète grâce à ses mensonges. De fait, il a été prouvé que tout organisme, nous compris, était désormais contaminé par les pcb. Il faut juste éviter d'arriver à la dose mortelle. La firme a déboursé des millions pour étouffer les nombreux morts que son usine de Aniston, dans l'Alabama, a faite dans cette ville. Monsanto s'en est tiré, cette fois-ci, avec quelques dédommagements et l'obligation d'arrêter de déverser ses pesticides dans la rivière.

Juste après l'épisode des pesticides, voilà qu'arrive la dioxine. Vous souvenez-vous de Times Beach, cette petite ville au bord de la mythique route 66 ? Peut être n'en avez vous jamais entendu parlé. De toute façon, dans un cas comme dans l'autre, Times Beach a été rayée de la carte. Le problème est venu de la compagnie qui a effectué le revêtement des routes, ajoutant aux divers produits des PCB. Or les PCB chauffés fournissent de la dioxine, la molécule la plus toxique que l'homme ait jamais créée. Le résultat ne s'est pas fait attendre, les chiens, les chats et les oiseaux ont prit les premiers, puis sont venus les hommes. Bien que Monsanto fut le seul producteurs de PCB à l'époque, elle ne fut jamais inquiétée car l'EPA (agence de protection de l'environnement étasunienne) n'a jamais prouvé que le mal dont souffrait les habitants de Times Beach était en relation avec les PCB. De fait, l'administration Reagan, alors au pouvoir, avait demandé à Anne Bufford, numéro 1 de l'EPA, de geler le dossier de Times Beach. Son assistante, Rita Lavelle, détruisit même des documents compromettant Monsanto et fut condamnée à six mois de prison pour « parjure et obstruction d'une enquête du Congrès. Bufford fut contrainte de démissionner mais fut remplacée par William Ruckelshaus, autre ami de Monsanto qui siègera même au conseil d'administration de la firme à la fin de sa carrière.

Désherbant toxique, pesticides et dioxine, ça fait déjà beaucoup de mensonges de la part de Monsanto. Il fallait néanmoins que la firme persiste avec l'hormone de croissance bovine. Censé faire augmenter le rendement des vaches laitières, l'hormone fut surtout la cause de nombreuses infections de mamelles appelées mamites, qui répand du pus dans le lait. Disant amen aux études peu fouillées de Monsanto, la FDA acceptera de mettre le lait (du moins celui qui a échappé aux mamites) sur le marché. Avec l'aide de la firme, ils vont même évincer les quelques scientifiques sérieux qui cherchent à pousser un peu plus loin les études incomplètes de Monsanto. Malgré l'opposition d'une grande partie des consommateurs, la FDA refusera que le lait issu de vaches traitées par l'hormone de croissance bovine ne fasse l'effet d'un étiquetage spécial indiquant sa provenance. Là, ça devrait vous rappeler quelque chose, non ? Bref, les USA sont bientôt envahit par le lait issu de l'hormone de croissance et il fausra le courage de trois scientifiques canadiens pour qu'il reste de ce côté de la frontière... et de l'océan. Les docteurs Shiv Chopra, Gérard Lambert et Margaret Haydon dénonce les méfaits du lait de Monsanto. Ils feront entendre leur voix grâce au sénateur Eugène Weelhan, ancien ministre de l'agriculture, qui n'apprécie pas que l'agriculture soit de plus en plus soumise à de grandes firmes. L'hormone de croissance et le lait qu'elle produit seront interdit au Canada et en Europe. Au fait, ne cherchaient plus les publications de Chopra, Lambert et Haydon. A coups de pressions politiques intense, ils ont été mis au placard. Curieuse récompense alors qu'aujourd'hui tout le mode sait qu'ils avaient raison.

 

Suite à cette longue et édifiante liste de « méfaits » accomplis par Monsanto, qui peut aujourd'hui dire qu'il a une totale confiance sur ce qu'elle avance sur les OGM ? Peut être encore ceux qui croient que le développement de la biotechnologie va permettre de nourrir les pays du tiers monde.

La politique des OGM a apporté ce changement à Monsanto, désormais elle se dresse en tant que sauveur de l'humanité. Pour rattraper toutes ses anciennes actions, il aurait bien fallut ça. Mais évidemment, on peut en douter.

Cela fait presque trente ans maintenant que les OGM ont été créés et qu'elles sont les grandes avancées pour l'humanité qui en résulte ? A-t-on finalement développer ce fameux OGM qui doit pousser dans les sols arides ? Quels sont les nouveaux médicaments de pointe à base d'OGM sur le marché ? Bien sûr que non.

Car Monsanto, comme tout autre producteur d'OGM, n'a nullement vocation a sauver le monde ou simplement à le nourrir. Par contre, les OGM « Round up ready » (résistant au round up permettant ainsi de détruire les mauvaises herbes sans toucher aux plantations, ce qui se révèlera inefficace d'ailleurs) et incorporant des pesticides sont prêts, eux, étant donné qu'ils sont beaucoup plus rentables pour Monsanto.

La famine dans les pays pauvres est avant tout dû à de graves problèmes économiques. La quantité n'est pas un problème. Nous pourrions nourrir le monde mais ceux à qui appartiennent la nourriture ne la donne pas. Et quand bien même ce fameux OGM pour terres arides serait un jour mis au point qu'il ne sera jamais donné gracieusement aux pays en souffrance. D'ailleurs, le fait de devoir racheter les semences d'une année sur l'autre (un autre « bienfait » de Monsanto) engendre un surcoût que ces pays ne pourront pas payer.

 

Les OGM ne sont ni sains, ni propres, ni rentables. La recherche française ne prendra pas 10 ans de retard si elle n'effectue pas de recherche en biotechnologie car les OGM ne sont pas un progrès. Le vrai progrès, c'est de se rendre compte des problèmes posés par les OGM et de les refuser. Nous ne seront pas dépendants de firmes qui proposent un produit que nous n'utilisons pas.

Par Darklord - Publié dans : Non aux OGM
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 31 août 2008 7 31 /08 /2008 11:19

Au Paraguay, la part belle est faite aux OGM à tel point que l'on peut constater des débordements franchement totalitaires contre leurs opposants, se soldant par des arrestations et par des morts, notamment lorsque la police tire sur une foule de manifestants.

A côté de cela, on compte également des victimes plus « classiques » des OGM comme le petit Sylvino Talavera, 11 ans, tué par le Round up.

Petit rappel pour bien comprendre les faits. Les cultures dites « round up ready » sont des produits OGM de Monsanto conçus pour résister aux épandages d'herbicides Round up (notamment son composant actif le glyphosate) également un produit de Monsanto ce qui permet à la firme de gagner sur les deux tableaux. Les cultures « RR », comme on dit, ont pour but de réduire l'utilisation d'herbicide sans toucher aux cultures, ce qui fonctionne dans un premier temps avant que les mauvaises herbes ne développent une plus grande résistance, obligeant les paysans à, de nouveau, augmenter les doses d'herbicides.

Nous rappelons encore que, contrairement à la publicité que Monsanto fait courir en Amérique du sud actuellement, et qu'elle a dû arrêter aux USA et en Europe suite à des poursuite judiciaires, le Round up n'est pas inoffensif pour les sols et qu'il se révèle en fait très toxique.

Le 2 janvier 2003, Sylvino avait été faire des courses dans une échoppe située assez loin de chez lui et revenait à vélo lorsque, longeant un champ il fut entièrement arrosé de Round up par un mosquito (tracteur trainant une réserve de produit qui se diffuse par deux grands bras métallique). Les agriculteurs pro-OGM ayant tous les droits, ils ne se soucient pas d'arroser les passants.

En revenant à la maison, Sylvino se plaint de forts maux de têtes et de nausées. Sa mère le fait s'allonger et prépare le déjeuner avec les pâtes et la viande qu'il a ramené. L'après-midi, toute la famille est malade, atteinte de vomissements et de diarrhées. L'état de Sylvino ne s'arrange pas et il doit être hospitalisé pendant trois jours en soins intensifs. Mais à peine est-il sorti qu'un voisin décide de réaliser un épandage sur sa parcelle de culture OGM située à 15 mètres de la maison de Sylvino. Le petit garçon n'y survivra pas.

Il faut encore savoir une chose, c'est que par la résistance au round up, les plants OGM n'absorbent pas l'herbicide qui peut donc se déplacer au gré de la pluie et du vent. Ainsi, des villages situés à plusieurs centaines de mètres des parcelles OGM peuvent ressentir les effets de chaque épandage, comme l'on ressentit la famille Talavera.

Les deux paysans ont été condamnés, malgré un soutien important des pro-OGM qui les emmènera jusqu'en cassation, pourtant, jusqu'à aujourd'hui, ils n'ont toujours pas effectué la moindre peine.

Par Darklord - Publié dans : Non aux OGM
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Pub copinage

Un lien vers le blog de Manu Larcenet, dessinateur de talent. Comme il fait moins de dessins d'actualité je ne l'ai pas mis dans mes autres liens comme Maëster.

http://manularcenet.com/

Allez voir les superbes dessins d'Artea

http://artea.over-blog.com/


Le blog d'Hémiprésente, très bien écrit avec beaucoup de sensibilité.

http://hemipresente.over-blog.com/


Le blog de Gaëtane avec ses humeurs et son humour

http://hi-ni-yotte.over-blog.com/

Le site de Marcel Gotlib, grand maître de la BD. Si vous ne le connaissez pas, aller vite vous rattraper en lisant ces quelques pages.

http://www.marcelgotlib.com/

Pour tout savoir sur le médieval et le moyen âge, allez voir le blog de Morrigane

http://medieval-moyen-age.net/

Allez vite faire un tour sur le blog de Faustine. Entre ses jolis textes, ses réflexions et ses engagements, vous trouverez toujours quelque chose qui vous plaira.

http://faustine.over-blog.org/

Si vous ignorez ce qu'est le mouvemet fractal, découvrez-le grâce au blog de Torquato Denova.

http://mouvement-fractal.over-blog.net/

 

Encore un artiste dans la liste : Lexiaolong et ses magnifiques peintures (notamment). N'hésitez pas à aller découvrir tout son talent.

 

http://www.lexiaolong.com/

 

Et allez, encore un dessineux, il s'agit cette fois de Koulou, dessinateur très donjonesque qui me fait l'honneur, ainsi qu'à quelques amis, de réaliser des dessins pour un site à nous. Rendez-lui une petite visite.

 

http://lemondedekoulou.over-blog.com/

Recherche

Concours

Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés