Texte Libre



Alexis De Tocqueville considérait que le plus grand danger de la démocratie était que les citoyens ne participent plus à la vie de la société.
De la démocratie en France
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Presse / informations

Samedi 7 octobre 2006

La France est une référence sur de nombreux points à travers le monde. La 5e puissance mondiale fascine encore de nombreux esprits. Ce n'est pas pour rien qu'il s'agit de l'un des pays les plus visités au monde (je crois même qu'il s'agit du pays le plus visité au monde si ma mémoire est bonne, mais comme elle ne l'est pas toujours, je préfère m'abstenir de toute affirmation). La gastronomie, les arts, la culture, les paysages,... la France a de nombreux attraits pour les touristes.


Son histoire également. Mais c'est aussi là que ça se complique. Car si les visiteurs ont dans la tête les fantasmes de la France, pays des lumières, de Voltaire, Diderot,... premier pays a instaurer une démocratie par un mouvement populaire (dirigé par la bourgeoisie, je sais, mais néanmoins suivi par le peuple), fondateurs de la déclaration des droits de l'homme,...


Les visiteurs qui passent par les musées et les monuments ont encore une chance de repartir avec toute la véritable grandeur de la France en tête. Seulement il ne faudrait pas qu'ils sortent des versions officielles. Seulement le déclin de la démocratie française est de plus en plus difficile à cacher.


Dernièrement, Reporters Sans Frontières vient de sortir son nouveau classement mondiale de la liberté de la presse, le quatrième depuis 2002. La France se retrouve au numéro 30, son plus mauvais score depuis que RSF publie son classement. Nombre de personnes se sont étonnées de voir le Bénin passer devant la France à la 25e position, oubliant que les pays africains ne sont pas tous des dictatures.


Trentième ! Pour un pays qui reste, dans de nombreux esprits, une référence en terme de démocratie. Comment la liberté de la presse, un fondement démocratique pourtant, a-t-elle pu tomber aussi bas ? RSF explique son classement et la position de la France ainsi : « La France (30e) est, elle aussi, en recul. Des perquisitions de locaux de médias, des gardes à vue de journalistes et la création de nouveaux délits de presse sont notamment à l’origine de cette nouvelle position. ». La méthodologie de RSF est assez précise mais, comme l'organisation le souligne (et comme cela devrait être souligné dès que l'on utilise la moindre statistique), il ne s'agit que d'une « photographie » sur un instant donné. Il me semble plus intéressant de regarder l'évolution de la place de la France ainsi que les commentaires de RSF sur les quatre classements déjà effectués.


2002 : 11e sur 139 pays

« La France (11e) arrive seulement en huitième position des pays de l’union européenne en raison de certaines dispositions inquiétantes pour la protection du secret des sources et du placement en garde à vue de plusieurs journalistes au cours de ces derniers mois. »


2003 : 26e sur 166

« La France n’occupe que la 26e position, en raison de sa législation archaïque sur la diffamation, des remises en cause toujours plus fréquentes du principe de la protection des sources et d’interpellations abusives répétées de journalistes par la police. »


2004 : 19e sur 167

Pas de commentaires


2005 : 30e sur 167

« La France (30e) est, elle aussi, en recul. Des perquisitions de locaux de médias, des gardes à vue de journalistes et la création de nouveaux délits de presse sont notamment à l’origine de cette nouvelle position. »


De 2002 à 2003, la France effectue son plus beau plongeon. On peut expliquer cela par une augmentation des pays interrogés. Mais la plupart des pays devant la France en 2003 étaient déjà présent en 2002. La France a donc laissé passer des pays soit parce qu'elle n'a pas bougé mais que les autres se sont améliorés, soit que c'est la situation française qui a empiré. Les commentaires se basant à peu près sur les mêmes reproches, on peut supposer que la première solution est la plus plausible.


De 2003 à 2004, la France remonte. Pas de commentaires de la part de RSF (qui, sur ce classement, aurait pu être plus explicite et pas seulement envers la France) ce qui laisse penser à trois possibilités expliquant cette évolution. La France s'est améliorée en terme de liberté de la presse mais avec l'ajout du classement 2005 et le nouveau plongeon de notre pays, cette possibilité semble peu probable ou alors cela montrerait une terrible aggravation de l'atteinte à la liberté de la presse entre 2004 et 2005. Autre possibilité, certains pays devant nous ont assez fortement régressé mais on peut en douter au vu du nombre de places libérées. La troisième (et à mon avis la plus plausible) possibilité est que la période entre septembre 2003 et septembre 2004 a été calme en terme de pression sur la presse. Les statistiques, rappelons-le, n'étant qu'une image d'un instant donné, elle ne prend pas en compte l'évolution d'une année à l'autre. Ainsi le niveau général entre 2003 et 2005 régresse, passant de la 26e à la 30e place, mais on voit qu'il existe des périodes plus calmes.


De 2004 à 2005, c'est un nouveau plongeon de 11 places pour la France. Puisqu'il n'y a pas de commentaires pour 2004, il est difficile de se faire une idée précise de l'évolution entre ces deux années. Si l'on suppose vrai l'explication que j'ai émise plus haut, il faut donc constater que la période de septembre 2004 à septembre 2005 a été plutôt troublée pour la presse. Les explications peuvent être nombreuses.


Sur l'ensemble, on constatera que les interventions policières et la législation sont les principaux facteurs de cette baisse du niveau de la liberté de la presse. La France ne cesse de régresser dans ce domaine sur les quatre ans d'observation de RSF. Il serait difficile de noter tout ce qui a pu produire et/ou faire perdurer cette malheureuse tendance.


On notera toutefois que c'est le concept de la justice qui gêne beaucoup RSF en France. Que ce soit dans le cas de la protection des sources ou dans celui de la diffamation (et donc des interventions policières qui s'en suivent) la presse française semble se trouver trop souvent devant les tribunaux. Citons par exemple le cas de Charlie Hebdo souvent à la barre suite à des plaintes politiques ou religieuses. D'autres journaux et d'autres journalistes sont continuellement touchés par des plaintes dont la législation ne semble pas vouloir éclaircir les cas très souvent flous et douteux.


Les partisans du « tout va bien dans le meilleur des mondes » pourront toujours répondre que 30e sur 167 n'est finalement pas si mal. Mais jetons un oeil sur les pays reconnus comme de grandes démocratie qui nous suivent. Le premier est l'Australie (32) puis le Japon (37) sur lesquels je dispose de peu d'informations. Le premier pays européen proche de nous est l'Espagne (40), assez stable depuis 2003. Puis vient L'Italie (42) qui n'a jamais dépassé la barre de la quarantième place, possédant même le record européen de 53 en 2003. Terminons par les USA (44).


L'Europe a beau détenir les meilleures places du classement, il est affligeant de constater que la France reste indéniablement à la traîne. Derrière nous se trouve donc l'Espagne et l'Italie. La mauvaise note de l'Espagne est en grande partie due aux pressions de l'ETA sur les journalistes. L'Italie quant à elle, vient tout juste de sortir du système de Berlusconi, ce dernier essayent toujours de conserver sa place prédominante dans les médias. Cela dit, l'Italie pourrait facilement gagner des places en modifiant sa législation.


Force est de constater que la France n'a pas d'aussi bonnes raisons de cumuler les mauvais points malgré elle. Il n'est plus question aujourd'hui de s'appesantir sur nos acquis historiques, en terme de démocratie, qui seront bientôt les seuls acquis que nous pourrons conserver dans ce domaine. La liberté de la presse est une condition non négociable et inaliénable de toute démocratie. Il est plus que temps que les citoyens défendent leur droit à l'information et également ceux qui nous la fournisse. Il ne s'agit pas de faire un « concours » avec d'autres pays, que ce soit pour la liberté de la presse ou pour la démocratie en général. C'est avant tout dans notre intérêt que nous devons défendre ces principes. Principes qui, autrefois, ont servi de modèles à d'autres nations.


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Par Darklord
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Lundi 7 janvier 2008
Denis Robert n'est pas encore mort, n'en déplaise à Clearstream. L'un des rares vrais journalistes de France continue de résister face à la machine politico-économique qui a bien du mal à comprendre comment un homme seul peut se dresser contre elle et qu'elle n'arrive pas à le broyer  avec toute sa puissance.
Et Denis Robert n'est plus seul. Son comité de soutien est toujours très actif. Alors vous aussi, donnez un coup de main à Denis Robert.


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Par Darklord
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Jeudi 26 juin 2008

 

C'est donc décidé, les chaînes de télévisions publiques n'auront plus de publicité entre 20 h et 6 h dès janvier 2009, en attendant la suppression totale en 2011. Les arguments ne pleuvent pas pour défendre cette loi :

 

Bonne nouvelle pour le téléspectateur ! Au 1er janvier 2009, celui-ci accédera à ses programmes favoris dès 20 h 30 au lieu de 21 heures. (lefigaro.fr)

 

En attendant, l'avancement du prime time aura pour conséquence de précipiter la deuxième partie de soirée. Une tranche horaire qui accueillait souvent une programmation moins grand public et donc plus économique pour les chaînes. Désormais, ces dernières devront sans doute soigner davantage ces programmes, l'enjeu d'audience étant plus important. (lefigaro.fr)

 

Un avancement de l'horaire garantissant une meilleure qualité ? Le gouvernement aura du mal à apporter des garanties là dessus. Mais surtout, il faut se concentrer sur des questions beaucoup plus fâcheuses.

 

Nicolas Sarkozy a reçu mercredi le rapport de la commission Copé sur l'audiovisuel public et a annoncé la suppression de la publicité dès 20h00 en janvier, puis totalement en 2011. Pour financer cela, il a déclaré vouloir taxer les opérateurs de téléphonie et d'internet à hauteur de 0,9% de leur chiffre d'affaires et prélever 3% sur les recettes publicitaires des chaînes privées. Il a par ailleurs annoncé que le président de France Télévisions serait à l'avenir nommé par l'exécutif. (nouvelobs.com)

 

Deux points attirent donc l'attention parmi les propositions de Sarkozy : la taxe pour financer la perte de la publicité (le figaro a « prudemment » évité le problème) et la nomination du président de France télévision par lui-même.

Commençons par le moins important. La taxe sur les opérateurs ne satisfait évidemment pas ces derniers. Leur conclusion est limpide.

 

"Cette taxe, qui va au-delà des recommandations de la commission Copé, est à la fois contre-productive et illégale", affirme la Fédération française des télécoms, qui assure qu'elle irait même à l'encontre de la Constitution française et du droit communautaire. L'organisme prévient que les 378 millions d'euros que représente cette taxe seront "inéluctablement" reportés "sur la facture de leurs clients". (lemonde.fr)

 

De plus, même les amis de Sarko sont plutôt d'accord sur ce point, surtout dans une période où l'augmentation du pouvoir d'achat se fait toujours attendre :

 

"Instaurer de nouvelles taxes aura des répercussions sur les ménages des Français. Ce n'est pas le moment", a estimé le député du Nouveau Centre François Sauvadet. (lemonde.fr)

 

Contrairement à ce que le gouvernement répétait donc dès le début de cette affaire, ce sont bien les contribuables qui vont payer pour le manque à gagner de France télévision. Ceci sans compter que l'indexation de la redevance télé est encore en discussion.

Mais ce n'est pas le plus important. Après avoir placé ses amis à TF1, Sarko entend avoir la main mise sur l'audiovisuel publique en s'occupant lui-même de nommer le président de France télévision, via le conseil des ministres.

 

Enfin, il a éclairci le mode de nomination du président de France Télévisions en conservant au Conseil supérieur de l'audiovisuel un rôle même si le futur patron du holding public devrait être nommé en Conseil des ministres. (lefigaro.fr)

 

La proposition-surprise de Nicolas Sarkozy de faire désormais nommer le président de France Télévisions par le gouvernement - et non plus par le Conseil supérieur de l'audiovisuel -, sauf véto d'une majorité qualifiée de parlementaires, a également provoqué l'inquiétude de l'opposition. (nouvelobs.com)

 

"On a rarement vu un plan aussi déterminé de mise sous contrôle de la télévision", a ainsi réagi le président du MoDem, François Bayrou, qui constate que "le service public devient directement dépendant de l'Etat : son patron va être nommé par le pouvoir, et ses financements dépendront chaque année du bon vouloir des gouvernants". (lemonde.fr)

 

Les critiques sont nombreuses, bien plus que les réponses. Ce matin sur France info, Christine Albanel défendait les propositions sans trop de convictions, se contentant de répéter l'argumentaire faiblard de l'augmentation de la qualité de programme par l'avancement des horaires. Elle a aussi tenté de montrer que des contrôles par le parlement (insistant sur le fait qu'il y a aussi des parlementaires de l'opposition qui seront consultés) et le CSA seraient effectués pour qu'il n'y ait aucune main mise du pouvoir sur France télévision.

C'est passé très vite sur le fait que le parlement est majoritairement derrière Sarkozy et qu'il ne devrait donc pas être trop embêtant à ce niveau là, les parlementaires de l'opposition étant toujours en minorité, même dans les commissions spécialisées.

 

"Sur la gouvernance de France Télévisions, le président de la République porte un coup grave à l'indépendance des médias puisqu'il prévoit à l'avenir de nommer lui-même le président de France Télévisions après avis d'un CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel: ndlr) dont on connait aujourd'hui la composition monocolore", estiment Patrick Bloche, Michel Françaix et Didier Mathus dans un communiqué. (nouvelobs.com)

 

En effet, ce n'est pas la première fois que l'indépendance politique du CSA est remise en question. De plus, la notion d'avis favorable est assez floue. Est-ce à dire que si l'avis est défavorable la nomination sera annulée ou bien qu'il s'agit d'un simple avis consultatif que l'on peut ignorer ? Rien de bien rassurant donc.

 

Ce n'est donc pas une question culturelle ou qualitative qui se joue ici mais bel et bien la question de la main mise sur les médias très « berlusconienne » qui se profile. En allant plus loin que les recommandations de la commission Copé, Sarkozy montre bien clairement ses intentions de contrôler son image et de limiter les critiques dans les grands médias. D'ailleurs, comme le confirme Albanel sur France info, la radio publique, elle, n'est pas concernée par les réformes publicitaires. Il ne faut pas se leurrer, ce projet menace bien le contrôle des médias les plus influents, ou considérés comme tel. Si ce projet de loi est accepté, il ne restera qu'une seule solution : éteindre la télé.

Par Darklord
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Lundi 30 juin 2008

 

Les auteurs et les producteurs reviennent à leur tour sur les propositions de Sarkozy. Ils estiment que le manque à gagner de France télévision mettra en péril plusieurs sociétés de production et ainsi, réduira forcément les possibilités de production, et ainsi la diversité.

Les représentants des syndicats des auteurs et des producteurs ne mâchent pas leurs mots :

 

"C'est une déclaration de guerre à la culture et à l'intelligence", a estimé Sophie Goupil, de l'Union syndicale de la production audiovisuelle (Uspa) au cours d'une conférence de presse, dans le cadre du marché international du film documentaire à La Rochelle, au côté de représentants du syndicat des producteurs indépendants (Spi) et du Syndicat des agences de presse télévisée (Satev).
"On a l'impression que tout était plié d'avance, que la commission Copé n'a servi à rien", depuis le discours du président de la République sur la télévision publique le 8 janvier dernier, a-t-elle ajouté.
(nouvelobs.com)

 

"Les masques sont tombés hier soir. On a vu que le gouvernement pouvait assassiner la culture au profit du CAC 40. Avant que le texte ne soit voté, il va falloir se mobiliser pour que les parlementaires, de gauche comme de droite, prennent conscience que la culture est en danger", a estimé Paul Rosenberg, du même syndicat.
Le Spi a par ailleurs rappelé que la suppression de la publicité à la télévision publique dès janvier mettrait en péril les quelque 350 sociétés de production qui travaillent majoritairement avec France Télévisions.
(nouvelobs.com)

 

De plus, la question du contrôle de la télévision publique inquiète de plus en plus de monde, et pas seulement de l'opposition.

 

"On montre que c'est l'Etat qui sera le vrai décideur", a déploré sur France 3 Hervé Bourges. "C'est un vrai retour en arrière", a estimé l'ancien président de France télévisions, de TF1 et du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).
A ses yeux, la France se rapproche ainsi de "la situation italienne et c'est pas de bon augure".
"Un procédé digne de Berlusconi"
(nouvelobs.com)

 

On ne peut pas qualifier Bourges de gauchiste, il faut le reconnaître. Mais l'affaire montre en ampleur. Même le Monde n'hésite pas à prendre ouvertement partie contre ce projet :

 

"Contrairement à Silvio Berlusconi, Nicolas Sarkozy n'a pas les moyens d'acheter les chaînes de télévision dont il rêve", ironise de son côté Le Monde. "A défaut, il a décidé d'en prendre le contrôle avec un mélange saisissant de cynisme et de brutalité", peut-on lire dans l'édito du jour. (nouvelobs.com)

 

Les récentes déclarations du gouvernement n'ont donc rassuré personne. L'inquiétude grandit vis à vis du problème que posent les propositions de Sarkozy. Les syndicats de l'audiovisuel, des auteurs et des producteurs envisagent des actions prochainement.

Par Darklord
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Lundi 21 juillet 2008

 

Après avoir fait main basse sur la télévision publique en faisant passer son budget au bon vouloir de la majorité parlementaire et en décidant de faire nommer le président de France télévision par l'exécutif, Sarkozy semble aller encore plus loin dans sa volonté de contrôler les médias.

Premièrement, Radio France devrait subir le même sort que France télévision.

 

La ministre de la Culture Christine Albanel a affirmé vendredi 18 juillet que le président de Radio France sera, à l'avenir, "certainement" nommé par l'exécutif, comme celui de France Télévisions. (nouvelobs.com)

 

Et, apparemment, cela ne s'arrêtera p as là.

 

Invitée sur France Inter, la ministre a déclaré : "Suite à la réforme constitutionnelle, il va y avoir la définition de toute une série de fonctions qui relèveront du même mode de nomination", a-t-elle dit. (nouvelobs.com)

 

Rappelons que les amis de Sarkozy ont également des rôles clefs, récemment obtenus, à TF1, et que la presse écrite est également largement dominée par des proches du président.

 

Son influence dans le groupe Lagardère (Paris-Match, Europe-1, Le Journal du Dimanche) n’est plus à démontrer, son ami Martin Bouygues veille sur TF1 et Etienne Mougeotte sur Le Figaro. (nouvelobs.com)

 

La presse de droite est également dans le collimateur de Sarkozy, les remplacements effectués à TF1 l'avaient déjà prouvé. L'intention est claire, la droite doit obligatoirement être unie derrière lui. Aucune dissension dans les rangs ne sera tolérée.

Après la première chaine française, Sarkozy s'attaque au magazine Le Point.

 

Incroyable mais vrai : Nicolas Sarkozy a demandé la tête de Franz-Olivier Giesbert, dit "FOG", PDG du Point, à François Pinault, fondateur du groupe PPR (Pinault-Printemps-Redoute), propriétaire de l’hebdomadaire.
L'information, qui circule dans l'état-major de PPR, a été confirmée à l'Obs par un proche de Nicolas Sarkozy. La nouvelle est piquante concernant un news magazine qui ne passe pas franchement pour être un suppôt de la gauche… Mais le président de la République considère que Le Point n’est pas suffisamment sarkozyste. Il n’avait pas apprécié, le mot est faible, la publication dans ce journal en décembre dernier, des bonnes feuilles du livre d’Anna Bitton sur Cécilia Sarkozy et l’avait fait savoir à l’époque. Il n’adore pas non plus les tribunes de Valéry Giscard d’Estaing dont l’esprit serait trop libre. Plus récemment, il n’a pas goûté du tout la couverture sur "Sarkozy et les psy".
(nouvelobs.com)

 

Alors que les parlementaires de droite serait plutôt à la relâche question rigueur de parole, seul bénéfice (tout relatif) de l'attitude décomplexée voulue par Sarkozy, le président tient à serrer les rennes de la presse. La parole décomplexée, ce n'est pas pour tout le monde.

Par Darklord
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Vendredi 25 juillet 2008

 

Info du nouvelobs.com :

 

Si les syndicats de l'AFP expriment leur "satisfaction" après le rejet de la plainte de l'UMP, ils jugent toutefois que "les deux porte-parole Frédéric Lefebvre et Dominique Paillé se font à nouveau menaçants dans un communiqué, malgré la décision du Conseil supérieur".

 

Après le "rejet sans appel" par le Conseil supérieur de l'AFP d'une plainte de l'UMP reprochant à l'Agence de ne pas avoir traité l'un de ses communiqués, les syndicats de l'AFP (CGT, SNJ, FO, Sud, CGC-CFE) ont fait part mercredi 23 juillet de leur "satisfaction".
Dans un communiqué, l'intersyndicale toutes catégories rappelle que "les attaques de Frédéric Lefebvre, l'un des porte-parole de l'UMP, contre la rédaction de l'AFP, les menaces de privatisation lancées hors de toute réalité par le député UMP de Paris Claude Goasguen avaient provoqué une vive et unanime réaction des syndicats et des personnels".

"Menaçants"

Fin mai, le député UMP de Paris Claude Goasguen avait indiqué souhaiter "ardemment" une privatisation de l'Agence France-Presse, la qualifiant d'"agence d'Etat".
Le Conseil supérieur de l'AFP a rejeté lundi la plainte formulée contre l'Agence par Frédéric Lefebvre, qui lui reprochait de ne pas avoir traité des communiqués de son parti sur une condamnation de Ségolène Royal, estimant notamment que l'AFP "n'est soumise à aucune obligation statutaire de retranscription systématique des 'communiqués' des partis politiques dont elle est destinataire".
Toutefois, les syndicats de l'AFP jugent que "les deux porte-parole Frédéric Lefebvre et Dominique Paillé se font à nouveau menaçants dans un communiqué, malgré la décision du Conseil supérieur".
Dans un communiqué faisant suite à la décision du Conseil supérieur de l'AFP, Frédéric Lefebvre et Dominique Paillé prenaient acte de cette décision tout en affirmant attendre "de voir si les prochains aménagements promis par l'AFP (...) notamment la mise en place d'un médiateur pour répondre aux dysfonctionnements en son sein, se concrétiseront effectivement dans les semaines qui viennent". Ils ajoutaient que "dans le cas contraire, l'UMP étudiera toutes les voies de recours".
Les syndicats de l'AFP "réfutent catégoriquement cette idée de 'dysfonctionnements'. L'intersyndicale "dénonce une fois encore ces pressions et s'interroge sur les réels objectifs poursuivis par l'UMP". (avec AFP)

Par Darklord
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Mercredi 30 juillet 2008


Depuis une bonne semaine maintenant, en marge des grands titres, les journaux développent de temps en temps les dernières réactions reçues dans le cadre de l'affaire « Siné ». Siné est un dessinateur-chroniqueur, anarchiste de la vieille école, de l'hebdomadaire Charlie-hebdo, ou plutôt « était » car il vient de s'en faire virer pour antisémitisme.

Dans son avant dernière chronique (la dernière n'a pas été publiée, mais nous y reviendrons)datée du 2 juillet, Siné disait en substance ceci : "Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !"

La dernière phrase sera fatale. Claude Askolovitch, journaliste au Nouvel Observateur, participe le 8 juillet, en tant que chroniqueur, à l'émission « On refait le monde » sur la radio RTL et il y dénonce ces propos : « Sous-entendu pour faire du chemin dans la vie il vaut mieux être juif. » Et ce sera tout. Le reste de la chronique, avant et après cette phrase, ne sert qu'à dédouaner la responsabilité de Philippe Val, directeur de publication de Charlie, et à expliquer pourquoi cette aberration a été diffusée sans contrôle, où il apparaîtrait que Val, détestant à ce point Siné, ne lisait plus ses chroniques avant de le publier.

S'ensuit un tollé de la part des amis d'Askolovitch et Val prend aussitôt la mesure de demander à Siné de faire des excuses. Sauf que Siné dément tout antisémitisme et il rappelle que cette chronique visait l'opportunisme de Jean Sarkozy, se mariant avec une riche héritière. Le fait qu'elle soit juive n'importait pas dans cette critique, si ce n'était pour expliquer que le « digne fils de son paternel » était, du coup, obligé de se convertir. « Je reproche à Jean Sarkozy de se convertir par opportunisme. S'il s'était converti à la religion musulmane pour épouser la fille d'un émir, c'était pareil. Et la fille d'un catholique, pareil, j'ai jamais fait de cadeau aux catholiques ».

Philippe Val explique qu'il a mit Siné « devant une alternative, il pouvait s'excuser mais ne l'a pas fait. C'est son choix qui l'a exclut et il l'a fait librement ». Méthode détournée pour renvoyer le dessinateur ou position vraiment assumée ? Difficile à dire. En tout cas Siné n'est pas d'accord avec cette interprétation. La preuve, n'ayant pas reçu de lettre de licenciement, il envoit, comme d'habitude sa chronique à Charlie-hebdo la semaine suivante et s'en explique dans les premières lignes : « "Il a préféré s’exclure de nos colonnes et je le regrette." C’est dans ces termes que Philippe Val terminait son éditorial dans le dernier Charlie. Mes avocats sont formels : cela ne signifie aucunement que je sois viré. Il laisse seulement croire que j’ai démissionné, ce qui est absolument faux. Je continuerai donc, jusqu’à la réception d’une lettre officielle de licenciement à envoyer régulièrement ma rubrique ! ». Celle-ci ne sera pas publiée par le journal mais on la retrouve sur le site du nouvel observateur, où Siné explique l'antipathie qu'éprouve Val à son propos et qu'il ne va pas se laisser faire.

Entre temps, l'affaire prends de l'ampleur. On discute la décision du renvoie, notamment sur le net, comme c'est de plus en plus le cas actuellement. Très vite les clans se forment entre « pro » et « anti » Siné. Les associations et les personnalités s'engagent. Le CRIF et la LICRA soutiennent Val et veulent poursuivre Siné » en justice. Guy Bedos écrit une lettre publique à Val pour dénoncer sa décision. Christine Albanel (qui n'a probablement jamais ouvert un Charlie de sa vie) soutient Philippe Val. Gisèle Halimi dénonce le muselage de Siné. Laurent Joffrin (rédacteur en chef de Libération) dédie un article à l'affaire où il soutient la position de Askolovitch. Plantu dessine Val en néo-nazi. Bernard Henri-Lévi dénonce « l'écho de l'antisémitisme le plus rance », etc...

Pour Cavanna, co-fondateur du premier Hara-kiri qui deviendra Charlie hebdo, l'affaire se réduit à « une plaisanterie ». « Certes dangereuse mais occasionnelle, de Siné, une erreur d’appréciation de Val. Une gaminerie, une bouffée de panique. Pas de quoi fouetter un chat. » et de déplorer ceux qui commentent l'affaire. Seulement on en est plus à une période où on peut encore dire « tout le monde se calme ».

De fait, l'accusation lancée par Askolovitch ne tient pas la route. Lorsque l'on remplace tout ce qui a trait au judaïsme dans la citation de Siné par une quelconque autre religion (essayez pour voir), on se rend vite compte que ce n'était qu'une critique contre Jean Sarkozy et rien d'autre. L'accusation d'antisémitisme est grave et comporte presque toujours des répercussions importantes. Devant la fronde qu'a provoqué le renvoi de Siné et le retour de bâton qu'il signifie pour Askolovitch et Val, les antis-Siné vont un peu plus fouiller dans le passé tumultueux du provocateur.

Ils finissent par exhumer une phrase qu'il a prononcé en 1982 sur les ondes de la radio libre Carbone 14. Jean-Yves Lafesse, humoriste peu connu pour sa grâce et présentateur de l'émission, invite Siné à partager le micro alors que l’attentat de la rue des Rosiers vient d’avoir lieu. Siné déclare alors : « Je suis antisémite. Je vais faire dorénavant des croix gammées sur tous les murs… Je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s’il est pro palestinien… ».

Siné, surpris qu'on lui ressorte ce que lui-même a qualifié de connerie, s'explique alors. D'abord, l'émission s'est déroulée après une bouteille de whisky descendue à deux, ce qui n'est pas une excuse glorieuse, mais Siné ne s'en cache pas. Ensuite, il admet être profondément « anti-israëlien, enfin anti-gouvernement israëlien » comme il se rattrape lui-même dans une interview filmée par le site Rue89. Le mélange des deux a donné un coktail explosif. A l'époque, après des excuses, la LICRA avait abandonné les poursuites.

Mais les pros-Siné se mettent également à jouer aux archéologues et déterrent à leur tour une information datant de 1992. Cette année-là, à l'occasion des 50 ans de la Rafle du Vel d'Hiv' (les 16 et 17 juillet 1942), Siné avait signé une pétition pour que la France reconnaisse sa responsabilité dans la Shoah, reconnaissance qui aura lieu en 1995 par Jacques Chirac.

L'encre continue de couler à flot sur « l'affaire Siné » et je ne peux que vous en donner mes conclusions personnelles. Je ne crois pas que Siné soit antisémite. Provocateur et outrancier, sûrement. Mais pas antisémite. Or on sait que ce genre d'accusations n'est pas à prendre à la légère et il est à regretté que Askolovitch se soit lancé dans ce genre d'attaque avec si peu de matière. Le président de la LICRA, Patrick Gaubert, se réjouissait, dans les pages de Libération du 23 juin, que "le fils de Nicolas Sarkozy, Jean", vienne "de se fiancer avec une juive, héritière des fondateurs de Darty, et envisagerait de se convertir au judaïsme pour l'épouser". Presque mot pour mot la phrase de Siné lui-même. A ce titre, pourquoi précise-t-il qu'elle est une « héritière » ? Doit-on y voir un rapprochement entre le judaïsme et l'argent facile ? Cette indication n'est là qu'à titre informative, tout comme lorsque, à l'inverse, Siné indique que la riche fiancée de Jean Sarkozy est juive. Pas de quoi en faire toute une histoire. Et pourtant...


Par Darklord
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Samedi 27 septembre 2008

A l'intention des avocats : Ceci n'est pas une photo du mariage. Merci.

 

La politique aime que l'on parle d'elle. Mais pas sans son aval. Ainsi, les procès de personnalités politiques se multiplient au nom du droit à l'image, plus ou moins justifié selon les cas, et, de plus en plus courant, de la diffamation.

Par exemple, Rachida Dati fait encore des remous avec son fameux faux diplôme qui avait défrayé la chronique il y a peu et demande 5000 euros de dédommagements à un bâtonnier qui a osé soulever à nouveau l'affaire.

 

« Le 15 mai, lors d'une audience du tribunal correctionnel, Me Hoarau, 55 ans, qui défendait un justiciable poursuivi pour des escroqueries aux prestations sociales, avait déclaré: "un procès qui n'aura jamais lieu, c'est celui de notre grand chef à tous, Mme Rachida Dati, qui utilise un faux MBA". » (nouvelobs.com)

 

« Le bâtonnier faisait ainsi allusion à une polémique autour d'informations de presse, l'Express ayant affirmé que la ministre avait présenté un dossier pour intégrer l'Ecole nationale de la magistrature mentionnant "l'obtention d'un MBA européen du groupe HEC-ISA". La Chancellerie a démenti, indiquant que Rachida Dati n'avait "jamais prétendu être diplômée d'un MBA européen". » (nouvelobs.com)

 

Le fait que Dati ait ou non le fameux MBA importe peu en fait. Malgré une inquiétante augmentation des plaintes venant de personnalités politiques pour diverses raisons, ces mêmes personnalités commencent à se rendre compte que la contestation par la voie juridique n'est pas forcément la meilleure des choses en terme de publicité. La violation de la liberté d'expression n'est jamais loin, notamment avec la presse.

C'est pourquoi la famille Sarkozy a trouvé un autre stratagème. Le mariage de Jean Sarkozy avec Jessica Sebaoun, héritière de Darty, avait déjà provoqué pas mal de remous lorsqu'un certain chroniqueur avait fait le rapprochement entre la richesse de mademoiselle Sebaoun et l'opportunisme de Jean Sarkozy. Ayant précisé que la jeune femme était juive et ayant relayé une rumeur de conversion du fils Sarkozy, cela lui valut un procès (toujours en cours) pour antisémitisme.

Mais l'affaire du mariage ne s'arrête pas là. Plusieurs quotidiens abrutissants (VSD, Voici, Gala, Point de vue et Paris Match) ont osé publier des photos du mariage, ce qui n'a pas plu au couple. Problème, comment demander réparation à ces parutions sans que l'on y voit une ingérence politique dans la liberté de la presse. La réponse est simple, on laisse faire madame.

 

« Les magazines people Voici et VSD ont été ou vont être assignés au tribunal de Nanterre pour des "photos volées" du mariage de Jean Sarkozy et Jessica Sebaoun à la mairie de Neuilly-sur-Seine, a-t-on appris mercredi de l'avocat de l'épouse. Me Bruno Illouz, confirmant une information du Parisien, a précisé que ces assignations pour "atteinte à la vie privée et au droit à l'image" sont des "actions personnelles" de Jessica Sebaoun. » (nouvelobs.com)

 

Comme par magie, la mariée n'est plus Jessica Sarkozy (ou Jessica Sebaoun Sarkozy) mais retrouve son nom de jeune fille lors des assignations en justice. Surtout ne pas prononcer « Sarkozy » lors d'un procès contre la presse. De plus, elle précise que son mari n'a rien à voir dans ces actions juridiques. Bientôt, on nous affirmera qu'il n'est même pas au courant.

Sérieusement, peut-on raisonnablement penser que Jean Sarkozy n'ait pas eu son mot à dire dans cette affaire et que ces actions en justice aient été lancées sans son consentement ? Et qui croira que les nouvelles assignations contre Paris match et point de vue (pas encore Gala) sont également du seul fait de Jessica Sarkozy ?

S'attaquer à la presse sans avoir mauvaise presse, le pari était osé. C'est raté.

Par Darklord
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Mardi 28 octobre 2008

La propagande, d'un autre temps ?


On l'a déjà dénoncé, maintes fois, à plusieurs reprises sur ce blog, et cela se confirme à nouveau aujourd'hui, Sarkozy souhaite de toute évidence prendre possession des médias. Déjà bien aidé par ses amis Bouygues, Lagardère et autres, il ne lui restait plus qu'à mettre la main sur le service publique, ce qu'il avait déjà commencé à faire en l'affaiblissant économiquement par la suppression de la publicité. Mais une plus grande dépendance vis à vis du financement de l'état n'était pas encore suffisant.

Aujourd'hui, Sarkozy, occupé à occuper l'espace international, envoie en première ligne Thierry Saussey, le directeur du Service d'information du gouvernement (SIG) qui balance « son » idée :


« Thierry Saussez songe ainsi à la création d'une «émission de communication gouvernementale à la télévision». Un programme qui serait construit «sur les questions des Français». «Si les Français ont des questions sur le service public, sur les politiques publiques, sur les mesures ou sur les réformes, qui sont mises en œuvre, on doit mettre en œuvre des moyens qui soient adaptés à la situation de crise», s'est justifié l'ancien publicitaire lundi soir sur Public Sénat » (lefigaro.fr)


On en revient toujours au même concept condescendant et insultant comme quoi les français sont trop cons pour comprendre la politique et il faut donc le leur expliquer, enfin surtout expliquer dans le sens du gouvernement.

Evidemment, Saussez anticipe sur certaines critiques.


« Propagande subtile ? Anticipant les critiques, le directeur du Service d'information du gouvernement (SIG) assure qu'à côté de «la bouilloire médiatique» qui n'a «pas le temps d'ancrer un message, je suis là pour ancrer les messages, les réformes et les mesures dans la durée». «La propagande, c'est de la promesse générique. C'est : le président est le plus grand, le premier ministre est le meilleur. On ne touchera pas à ça», a-t-il encore promis. » (lefigaro.fr)


Subtile ? Pas vraiment. La propagande ce n'est pas seulement favoriser le culte du chef, mais c'est aussi plus largement la propagation d'idées dans un but bien définit à la base. Selon la définition du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales : « Action psychologique qui met en oeuvre tous les moyens d'information pour propager une doctrine, créer un mouvement d'opinion et susciter une décision. » (cnrtl.fr)


La différence entre l'information et la propagande c'est que la seconde cherche à convaincre. N'en déplaise à Mr Saussez, la communication du gouvernement sert à convaincre de son action, donc, c'est de la propagande.

Mais la propagande n'est pas forcément mauvaise comme le rappel également Mr Saussez.


« Thierry Saussez a rappelé que l'Etat menait des campagnes d'information «depuis 30 ans» sur des thèmes tels que la sécurité routière et l'environnement. » (lefigaro.fr)


Mais il y a une différence entre la propagande sur des thèmes plutôt consensuels, et néanmoins controversés sur certains points, et une propagande purement politique qui ne laisse généralement pas de place à une réflexion élargie (en présentant d'autres points de vue, par exemple).

Certes, tous les partis politiques font de la propagande, du coup, et le parti au gouvernement dispose, en plus de son budget initial, d'un budget gouvernemental. Et celui de Mr Saussez est plus que conséquent.


« Selon Le Canard Enchaîné, le nouveau patron du Service d'information du gouvernement (SIG) a demandé que le budget de son service passe de 5,7 à 22,4 millions d'euros. Matignon confirme mais parle d'une «centralisation des moyens». » (lefigaro.fr, juillet 08)


22,4 millions d'euros pour faire la pub du gouvernement en pleine crise financière, on ne peut pas venir dire que l'état ne s'octroie pas les moyens de convaincre.


« Le gouvernement disposera ainsi d'ici le mois de décembre de sa propre Web-TV, où l'on «pourra y retrouver l'actualité du gouvernement en images, des conférences de presse, des dossiers». Coût du projet, qui devrait s'inspirer du site de l'Elysée ou de la NS-TV pendant la dernière présidentielle : deux millions d'euros la première année, comme il l'avait confié au Parisien. «Nous ne serons pas en concurrence avec France Télévisions», avait également assuré celui qui voulait «faire buzzer les réformes» A défaut d'être en concurrence avec le service public, le gouvernement pourrait tout simplement en occuper une partie de l'antenne… » (lefigaro.fr)


On ne saurait mieux dire. Le SIG ne veut pas entrer en concurrence avec France télévision, mais ça ne le gêne pas de prendre une partie de son temps d'antenne.

Nous rappelons également à Mr Saussez que le gouvernement peut déjà défendre ses réformes à la télévisions. C'est tous les mercredis après-midi sur France 3 et ça s'appelle les « questions au gouvernement » en direct de l'assemblée nationale. Ah oui, mais là, il y a aussi l'opposition. C'est bien embêtant, décidément, cette démocratie.

Par Darklord
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Mardi 25 novembre 2008



L'assemblée nationale examine cet après-midi le projet de loi visant à mettre France télévision sous la coupe totale du gouvernement, comme nous l'avons expliqué à plusieurs reprises sur ce blog.


« Cette réforme, annoncée à la surprise générale le 8 janvier par le président de la République, Nicolas Sarkozy, bouleverse totalement l'économie et l'architecture de France Télévisions. Les mesures phares de ce projet de loi sont la transformation du groupe public (France 2, France 3, France 4, France 5 et France Ô) en entreprise unique, la nomination du PDG en conseil des ministres, une seconde coupure publicitaire pour les chaînes privées et, surtout, la suppression de la publicité après 20 heures dès le 5 janvier 2009 et totalement à la fin 2011. » (lemonde.fr)


Le président de la République a décidé de frapper unilatéralement et sans aucune concertation (autant de ses proches mêmes que des dirigeants de France télévision pourtant les premiers concernés) pour imposer sa vision toute personnelle et arbitraire de la télévision publique dont il s'arroge le droit de nommer les dirigeants, espérant ainsi qu'ils seront autant à sa botte que ceux des autres médias détenus par ses amis.


« Pour Jean-François Téaldi de la SNJ-CGT, joint par AP, la réforme telle qu'elle est menée, c'est le "retour à la télévision d'Etat", avec "la volonté totale du gouvernement d'être directeur des programmes et de reprendre la main sur le contenu". » (nouvelobs.com)


Visible comme le nez au milieu de la figure, la reprise en main de la télévision, et de la radio, par Sarkozy est le plus gros scandale anti-démocratique de ces dernières années. Cela dit, il faut reconnaître que laisser ces nominations au CSA n'est pas non plus d'une grande garantie.


« La nomination des PDG de Radio France et de France télévision par le président de la République, et non plus par le CSA, suscite aussi la colère des salariés du secteur. Mais le président du Conseil supérieur de l'Audiovisuel, Michel Boyon, invité du Talk Orange-Le Figaro, défend malgré tout cette réforme. » (lefigaro.fr)


Invité ce matin sur RTL, Michel Boyon défend effectivement beaucoup cette réforme, rejetant toutes les contestations en bloc, tant ceux de l'opposition que les voix discordantes au sein de la majorité, ce qui est quand même curieux pour une instance censée être indépendante, quoique également nommée par le gouvernement après tout. Sarkozy a apparemment décidé de se passer de cet intermédiaire.

Deuxième point de la controverse le financement. Le gouvernement promet à tours de bras que la redevance n'augmentera pas et que le contribuable n'aura rien à payer de plus. Ce que même le très (très très) à droite « Le Point » n'arrive pas à avaler.


« Et pour financer toutes ces "créations", la redevance audiovisuelle - déjà mince par rapport à la BBC - n'a pas augmenté depuis 2002. Pis ! Les exonérations ont été étendues : depuis 2004, les résidences secondaires ne la paient plus, ce qui n'a pas empêché l'État de promettre chaque année plus d'argent aux chaînes et radios publiques, avec Radio France et RFI. Comment tient-il sa promesse ? En puisant la rallonge... dans le budget de l'État. Finalement, on n'augmente pas la redevance, mais le contribuable y est quand même de sa poche. Et chaque patron de l'audiovisuel est obligé, tous les ans, de mendier auprès de Bercy une rallonge budgétaire, ne serait-ce que parce que les droits audiovisuels (du sport, des films, des séries) augmentent sans cesse sous la pression de la compétition entre chaînes. » (lepoint.fr)


Le projet de loi prévoit, en contrepartie de la suppression de la publicité sur les chaines publiques, de l'augmenter sur les chaines privées, puis de taxer les chaines privées pour financer le service publique. Le cadeau fait au privé était de taille. Mais apparemment, ça ne suffisait pas encore aux amis de Sarkozy.


« Selon tous les calculs, le manque à gagner publicitaire s'élèverait à 450 millions d'euros pour France Télévisions. Une somme qui devrait être compensée "euro pour euro", selon M. Sarkozy, par des taxes de 3 % sur les recettes publicitaires des chaînes privées (TF1 et M6) et de 0,9 % sur les opérateurs de télécommunications. Or, avant même l'ouverture du débat, prévu jusqu'au 4 décembre, à l'Assemblée, les députés de la majorité ont adopté, mercredi 19 novembre, en commission spéciale, deux amendements qui diminuent de moitié ces nouvelles taxes. » (lemonde.fr)


Les taxes sont déjà revues à la baisse, mais le futur budget de France Télévision ne change pas. Christine Albanel, la ministre de l'économie qui a pourtant autre chose à faire en ce moment, a promis que l'état serait derrière les chaines publiques et qu'elles seront financées comme il se doit. L'état, autrement dit, les contribuables.


« Puisque l'État s'est montré déraisonnable, le privé va payer pour le public. Et au bout du compte, le consommateur paiera ce que l'on n'a pas osé demander au contribuable. C'est la même bourse, mais la facture arrivera plus tard avec celle du téléphone et de l'Internet haut débit. Nicolas Sarkozy n'a pas écouté son ami Martin Bouygues, pourtant doté d'un solide bon sens : au secteur privé, la publicité, au service public, la redevance. » (lepoint.fr)


Il est évident, et ce depuis des mois, que les taxes sur le privé seront répercutées sur les consommateurs. Le privé payant pour le publique n'est qu'une illusion, un mauvais tour de prestidigitation dont on voit toutes les ficelles. Quant à Bouygues, disons surtout que s'approprier une part encore plus avantageuse de la publicité n'est pas pour lui déplaire, et qu'éliminer la concurrence sur l'offre des annonces. Etant donné que la seule redevance sans publicité crée un trou de 450 millions dans le budget de France Télévision, on a vu du bon sens beaucoup plus solide.

Mais on préfère écouter les amis lobbyistes du président que d'autres personnes pourtant totalement à leur place dans ce débat :


« D'anciens membres de la commission Copé (Hervé Chabalier, Catherine Clément, Marin Karmitz, Nicolas Traube...), chargée pendant des mois de réfléchir sur l'avenir de la télévision publique, estiment "ressentir un sentiment de trahison" et redoutent "un audiovisuel fragilisé avec une structure bancale et un financement aléatoire". » (lemonde.fr)


Même les rédacteurs de la loi commencent à la redouter. Gageons que ça ne gênera aucunement ceux qui obéissent aveuglement et sans chercher à comprendre les ordres du gouvernement.

Par Darklord
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Pub copinage

Un lien vers le blog de Manu Larcenet, dessinateur de talent. Comme il fait moins de dessins d'actualité je ne l'ai pas mis dans mes autres liens comme Maëster.

http://manularcenet.com/

Allez voir les superbes dessins d'Artea

http://artea.over-blog.com/


Le blog d'Hémiprésente, très bien écrit avec beaucoup de sensibilité.

http://hemipresente.over-blog.com/


Le blog de Gaëtane avec ses humeurs et son humour

http://hi-ni-yotte.over-blog.com/

Le site de Marcel Gotlib, grand maître de la BD. Si vous ne le connaissez pas, aller vite vous rattraper en lisant ces quelques pages.

http://www.marcelgotlib.com/

Pour tout savoir sur le médieval et le moyen âge, allez voir le blog de Morrigane

http://medieval-moyen-age.net/

Allez vite faire un tour sur le blog de Faustine. Entre ses jolis textes, ses réflexions et ses engagements, vous trouverez toujours quelque chose qui vous plaira.

http://faustine.over-blog.org/

Si vous ignorez ce qu'est le mouvemet fractal, découvrez-le grâce au blog de Torquato Denova.

http://mouvement-fractal.over-blog.net/

 

Encore un artiste dans la liste : Lexiaolong et ses magnifiques peintures (notamment). N'hésitez pas à aller découvrir tout son talent.

 

http://www.lexiaolong.com/

 

Et allez, encore un dessineux, il s'agit cette fois de Koulou, dessinateur très donjonesque qui me fait l'honneur, ainsi qu'à quelques amis, de réaliser des dessins pour un site à nous. Rendez-lui une petite visite.

 

http://lemondedekoulou.over-blog.com/

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