Texte Libre



Alexis De Tocqueville considérait que le plus grand danger de la démocratie était que les citoyens ne participent plus à la vie de la société.
De la démocratie en France
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Pratiques antidémocratiques

Samedi 8 avril 2006 6 08 /04 /2006 17:19
    L’actualité est tellement chargée grâce aux déboires conjoints du CPE et du CNE qu’on en oublierai presque d’autres sujets non moins importants. C’est pourquoi, autant pour informer que pour souffler un peu, je voudrai dans cet article vous parler de ceux qui nous dirigent sans avoir l’air d’y toucher. Car voyez-vous, il n’y a pas que le gouvernement et ses instances qui dérapent au niveau démocratique, à ceci près que ce dont je vais vous parler aujourd’hui ne s’est jamais ancré dans ce genre de considérations. Il s’agit des banques et des assurances.

    Car elles ont ceci en commun de nous dire plus ou moins insidieusement ce que l’on est censé faire ou pas. Et bien sûr, ils ont un moyen de pression : notre argent. Souvenez-vous de cette affaire qui avait ébranlé les banques il n’y a pas si longtemps. Des associations de consommateurs avaient accusés les comportements de certaines d’entre elles qui taxaient leurs clients pour tout et n’importe quoi, notamment lorsque l’on retirait de l’argent dans un distributeur qui n’était pas de notre banque. Crime suprême. Car ces banques ne jugent apparemment plus efficace de fidéliser leurs clients par des offres promotionnelles ou d’autres actions commerciales comme les autres entreprises, et préfèrent menacer leurs clients plutôt que de leur donner confiance.

    Un autre moyen de taxer le client c’est de l’accuser de donner trop de travail à a banque. Notamment par l’abus de carte bleue. Car vous n’avez droit qu’à un certain nombre de transactions sur votre compte (en tout cas dans certaines banques, j’ignore si c’est le cas pour toutes). Si vous dépassez votre nombre de transactions autorisées, vous êtes taxés. Ce cas m’est arrivé une fois. Je me suis alors posé la question « mais ne suis-je pas libre d’utiliser l’argent que j’ai durement (je vous prie de me croire) gagné comme il me semble tant que je ne risque pas le découvert ? ». La banque a répondu non. Malgré le fait que mon compte en banque suffisait à mon train de vie d’alors, j’étais lié par une contrainte dont on m’expliqua qu’elle était nécessaire pour le surcroît de travail que mes dépenses engendraient. Mais lorsqu’il y a surcroît de travail ne doit on pas embaucher plus pour y palier ? Car on ne me fera pas croire que les banques ne peuvent se permettre des embauches supplémentaires. Oui mais alors la banque ne s’y retrouve plus car la taxe permet plus de bénéfices tandis que l’emploi lui en enlèverait. Il est donc plus facile de taper sur les clients.

    Et pour parler un peu des assurances qui entrent dans le même principe, avez-vous remarqué leurs différents campagnes publicitaires (« différentes » est un bien grand mot dans ce cas) ? On vous « assure » qu’en souscrivant à telle ou telle offre vous êtes en toute sécurité. Ce qui est faux. Les assurances permettent de réparer les dégâts (du moins si elles vous indemnisent, ce qui n’est pas toujours gagné) mais ne vous accorde aucune sécurité réelle. Souscrire une assurance ne sauvera pas votre voiture en cas d’accident, ni votre maison en cas d’incendie. D’ailleurs tout comme les banques, vous ne serez indemniser que si vous n’en avez pas besoin, rappelons-le. Les assurances vous disent quoi acheter en avantageant leurs offres selon la notion du « moindre risque ». C’est notamment le cas des voitures où l’équipement est bien plus pris en compte que la responsabilité du conducteur, plus difficilement quantifiable. Une assurance (que je ne nommerai pas) a récemment franchit un seuil supplémentaire en modifiant ces offres d’assurances vie pour inciter les gens à acheter des produits estampillés contre le cholestérol.

    Entre les assurances qui vous disent quoi acheter et les banques qui vous disent que vous devez vous restreindre, quel choix réel nous reste-t-il ?
Par Darklord - Publié dans : Pratiques antidémocratiques
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Lundi 17 avril 2006 1 17 /04 /2006 23:24
Je vous avais déjà parlé des lois qui passent sans débats, notamment dans le cas du défunt CPE. Mais si je pensais que des lois considérées comme « minimes » passaient sans difficultés, j’ignorai encore que d’autres lois très importantes en faisait autant.

Par exemple, révélé par le canard enchaîné, le fait que le projet de la nouvelle centrale nucléaire Iter ait déjà été adopté, dont son implantation à Cadarache, et que l’on propose enfin d’en débattre. Et ce malgré la proposition de la Commission Nationale du Débat public qui dès 2003 avait demandé un débat avant la prise de décision. Les lobbyistes nucléaires se sont bien sûr interposés et le débat a donc lieu alors que le projet est déjà lancé.

Encore dans le nucléaire, le projet EPR cette fois, qui s’implantera à Flamanville, et qui reproduit à l’exact le processus de son grand frère. Les écologistes (notamment mais pas uniquement eux) ont refusé de participer au débat, qui pour eux avait tout l’air d’une mascarade et ont préféré manifester tel que vous avez pu le voir à la télévision.

Autre projet, celui de Minatec, le plus grand centre européen de nanotechnologies, prochainement implanté à Grenoble. Le débat a encore été organisé après le feu vert du projet. Résultat ? Une manifestation prévue pour l’inauguration du centre le 1er juin 2006.

Combien d’autres lois se passent allègrement de l’avis des citoyens, de leurs questions ou de leurs inquiétudes ? Le CPE n’était que l’exemple le plus flagrant et le plus récent de cette façon de faire qui, comme je le craignais, se généralisent, voir s’est déjà généralisée depuis un bout de temps.

Quels projets importants vont encore se décider sans nous ? Combien de temps encore l’élitisme et le lobbying vont-ils prendre les décisions qui nous concernent ?

Si vous aussi vous avez des exemples de ce nouveau processus anti-démocratique, n’hésitez pas à en faire part sur ce blog.

Par Darklord - Publié dans : Pratiques antidémocratiques
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Dimanche 30 avril 2006 7 30 /04 /2006 15:02
Quand les hommes politiques ne savent plus quoi dire, ils s’enfoncent dans une guerre de l’image pour faire remonter les sondages. Guerre stérile, la plupart des citoyens n’étants pas assez bêtes pour tomber dans le panneau publicitaire.

Vous le savez vous aussi. Vous les voyez tous les jours à la une d’un quotidien people ou d’un autre. Ils se vendent sur leur personnalité dûment travaillée par une armée de communicants. Ils vendent leur vie de famille sereine. Leurs loisirs tous simples. Comme nous ! Mais attention, on ne discute pas politique, comme dans un repas de famille pouvant devenir houleux. A la limite, on casse du sucre médiatique sur le dos d’un confrère mais sans jamais rentrer dans les détails.

Le phénomène n’est pas nouveau. Mais son engouement actuel est assez caractéristique de la nouvelle politique. Belle à l’extérieur, éblouissante même, pour que l’on ne soit pas tenté d’aller voir l’intérieur bien moins glamour.

Le concept du « Regardez moi mais pas ce que je fais ! » s’exprime de différentes manières. Ainsi, Raffarin, notre regretté ex-premier ministre de la déconnade à plein tube, nous en a fournit un bon exemple en s’affichant avec la chanteuse Lorie. Vous vous en souvenez j’en suis sûr. Même Thierry Le Luron et Coluche avec leur vrai faux mariage ont du mal à ne pas être détrônés par cette vraie fausse notion politique de l’inoubliable « positive attitude » (que les francophones convaincus comme Chirac ont dû apprécier). La « positive attitude » qu’est-ce que c’est ? C’est quand tout va mal mais qu’on se dit bêtement que tout va bien. Je sais, ça a l’air con comme ça. Mais en fait c’est encore pire.

La « positive attitude » ce n’est finalement ni plus ni moins qu’un « ferme ta gueule » en version plus jolie. Il faut dire qu’à ce moment là, Raff était en pleine débandade, cernés par les grèves et au plus bas des sondages. Et avouons-le, s’il y a bien des gens qui n’ont pas la « positive attitude » c’est les grévistes. Lorie arrive alors et pour leur clouer le bec, leur dit d’être heureux malgré tout. Raff, notre dernier grand humoriste, espère donc que les esprits vont se calmer par enchantement sans avoir à dialoguer avec les syndicats ou à consulter les citoyens. Soyez positifs et foutez-moi la paix. Le résultat a été sans appel.

Mais la leçon n’a pas été retenue. Son successeur, Galouzeau De Villepin, dans les débuts de son mandat, a demandé à la presse de rajouter des notes d’humour dans leurs pages car ça change la vie. Vous voyez le tableau d’ici ? Le Monde intégrant une page spéciale « blague de Toto », Libé qui vous montre les photos des meilleurs moments de vidéo-gag, Le Figaro racontant les histoires les plus croustillantes de la bourse.

Tout cela n’est qu’une façade. Tellement factice qu’elle en devient lassante. Tellement empressée qu’elle en est fragile. Du coup on a pas vraiment besoin d’effort pour passer au travers. C’est encore plus facile si vous avez les huissiers sur le dos, que vous entrez dans le grand club à la mode des licenciés pour raisons économiques, que vous deviez assumer deux boulots alors que la pile des factures ne diminue pas pour autant, que vous ressortiez de l’ANPE comme vous y êtes entré, sans rien, etc…

Comment tous ces gens, et tous ceux que je n’ai pas pu citer mais un pauvre article de blog n’y suffirait pas, peuvent-ils soudain se sentir heureux quand ils craignent à tout moment pour leur avenir et celui de leurs enfants ?

Au final on en revient toujours à une même critique de la part des politiques. Les français ne comprennent rien (à ce propos, voir mon article Le CPE ou la démocratie en période d’essai). Si nous nous énervons sur un sujet ce n’est pas parce que nous l’avons jugé mauvais mais parce que nous n’avons rien compris à rien. Nous sommes des incapables qui s’offusquent sans raison. Du coup, les hommes politiques préfèrent que l’on s’intéresse à leurs « unes » sur les magazines qu’aux lois qu’ils veulent faire passer. Cela amène finalement à des slogans vides de sens comme la « positive attitude ».

Pour conclure, rappelons aux hommes politiques que certains journaux n’ont jamais cessé de mettre un brin d’humour au cœur même de leurs articles. Ils ont pour noms le Canard Enchaîné, Charlie Hebdo, … Mais je ne suis pas sûr que ça les ait fait rire.

Par Darklord - Publié dans : Pratiques antidémocratiques
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Mardi 16 mai 2006 2 16 /05 /2006 18:43
Nos hommes politiques aiment la langue de bois. Nous le savions. Mais depuis quelques temps, elle ne leur suffit plus. Ou plutôt, dans certaines circonstances, il vaut mieux ne rien dire. C’est souvent le cas lorsque des juges déterrent les « affaires » douteuses. La réaction est typique, on se cache derrière une excuse pour le moins bancale que l’on répète à satiété sans se soucier de fournir une véritable défense. On se sert de bouclier qui ne peuvent tromper personne dont le tout se résume à invoquer une machination ou un complot.

Les cas sont nombreux à travers tous les échelons des institutions républicaine, mais pour commencer, parlons du champion toute catégorie du genre, Jacques Chirac évidemment. Entre les HLM de Paris et les frais de bouche, notre président n’a jamais souhaité se défendre, en particulier devant les juges, et parle de calomnies à tour de bras. Son statut d’intouchable judiciaire lui a rendu la vie plus facile. Si comme les autres il n’a jamais expliqué à son peuple (dont ses électeurs) en quoi il était innocent, il n’a même pas eut à le faire devant les juges. Si l’affaire est trop évidente, un bouc émissaire prenant tout sur lui est alors envoyé au tribunal (petit coucou à Juppé au passage).

Mais parlons aussi à gauche, puisque je me targue de rester neutre dans mes articles et que l’occasion se présente (malgré les reproches qui m’ont été faits à ce sujet, il faut reconnaître qu’il est plus évident de parler du gouvernement en place qui est en plein cœur du processus démocratique que des autres, mais si la gauche revient, je garantis que je ne ferai pas plus de cadeaux). Citons, au plus grand des hasards, DSK et Fabius, respectivement cités dans l’affaire de la MNEF et dans l’histoire du sang contaminé. Là aussi, pas de communication, laissons les juges décider. Sauf qu’après, le peuple qui a été écarté de toute compréhension des dîtes affaires se demande s’il n’y aurait pas anguille sous roche.

Car le problème est bien là. En refusant d’apporter une véritable défense, comment convaincre les gens de son innocence ? Comment espérer que les soupçons se tairont d’eux-mêmes sans entacher la classe politique ? Comment peut on rester assis à son bureau après ce genre d’histoires ?

Là aussi, la mode chez les politiques est à celui qui s’accrochera de son mieux à son siège dans la tourmente. Si le Watergate avait lieu en France aujourd’hui, les têtes tomberaient-elles ? Et si oui, lesquelles ? Les preuves de ce nouvel état d’esprit abonde encore aujourd’hui. Prenons, au plus grand des hasards encore, l’affaire Clearstream. Nombre de journalistes et d’analystes politiques considère qu’à ce niveau de l’affaire, plusieurs démissions auraient déjà dû tomber. Et en premier celle de Nicolas Sarkozy (et oui, encore la droite, mais vous conviendrez que je peux difficilement faire autrement sur ce sujet). Si son raisonnement est juste, c’est à dire que l’affaire a été déclenchée par ordre des plus hautes instances de l’état (on ne vise personne bien entendu), pourquoi reste-t-il dans un gouvernement qui veut le faire tomber ? Pour faire passer ses dernières réformes ? Comment cela est-il possible si la guerre est déclarée avec ses collègues ?

En fait, le dernier a avoir osé démissionner (apparemment ça demande plus de courage qu’on ne pensait) c’est Hervé Gaymard. Depuis tous les autres s’accrochent. Raffarin, pourtant en pleine chute libre, De Villepin, qui a fait l’impossible : battre le record d’impopularité de Raff’.

On pourrait croire que l’amour de la fonction valorise nos hommes politiques. Mais il faut bien constater qu’il s’agit plus simplement d’un jeu de l’autruche inversé, à savoir, garder la tête haute le plus longtemps possible en répétant en continu que tout va bien. Exemple au plus grand des hasards : Le CPE. Encore une fois, que l’on soit d’accord ou non avec ce contrat n’est pas le problème. La véritable crise du CPE c’était la ténacité exacerbée de notre premier ministre esseulé, démonstration à lui seul du phénomène anti-démocratique dont je viens de vous parler : je garde la tête haute en niant l’évidence de l’échec.

En forçant à peine le trait, qu’arrivera-t-il si quelqu’un d’aussi obstiné se met en tête qu’il est le seul à pouvoir occuper sa place en dépit des grognes ? … Qui a dit Berlusconi ?



Par Darklord - Publié dans : Pratiques antidémocratiques
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Samedi 20 mai 2006 6 20 /05 /2006 16:09
Ah les lobbyistes ! N’existe il pas sur terre de gens plus soucieux de se tenir le plus loin possible de toute forme de démocratie ? Ces gens œuvrant dans l’ombre des différentes structures politique au mépris flagrant de ce que pense ou désir le peuple est un des exemples les plus clair et pourtant l’un des moins combattu de la mise à mal quotidienne de notre démocratie. L’existence même des lobbys est par nature de se placer contre l’idée démocratique. Ils agissent dans les plus hautes sphères de l’état, mandatés par des entreprises ou des organisations importantes, pour discuter de visu avec les « représentants du peuple » et les inciter à opter pour tel projet ou telle loi sans se soucier des avis extérieurs. Imaginez un simple citoyen qui aurait l’audace d’aller voir un député avant l’ouverture de l’assemblée nationale. Evidement, il ressortirait plus rapidement qu’il n’est entré, encadré par deux agents des forces de l’ordre. Car n’est pas lobbyiste qui veut. Il faut avoir ses entrées pour cela. Être l’ami d’un tel ou d’un autre, ça aide toujours.

Le problème se base donc sur des gens qui bouchent les oreilles bien volontaires de nos « représentants » lorsque l’on essaie de leur faire part de nos avis et nos doutes. Mais cela peut encore empirer. Les lobbyistes se moquant ouvertement du peuple n’hésitent pas non plus à jouer avec sa santé (pas la leur, ils ne sont pas fous). Etant donné qu’ils ne se préoccupent que des lois qui pourraient les empêcher de nous vendre encore plus de leurs produits, ils leur importent peu que les dits produits puisse poser un problème aux consommateurs. Un exemple ? Mais tout de suite.

Dans le canard enchaîné de cette semaine (mercredi 17 mai), vous pourrez trouver un article racontant comment les lobbys de l’agro-alimentaire ont réussi à faire refuser une loi par les eurodéputés qui étaient pourtant voulues par la commission européenne depuis trois ans. Vous avez peut être déjà entendu parler de l’affaire. Il s’agissait d’interdire l’affichage sur les produits de « mérites » franchement aléatoires. Vous savez bien, ce nouveau beurre « allégé » bourré d’oméga 3, cette nouvelle crème fraîche avec moins de matière grasse, un plat tout préparé avec moins de sel,…

La liste est longue de ces nouveaux produits qui font fureur auprès des consommateurs qui n’imaginent pas qu’on puisse les tromper sur leur santé. Et c’est pourtant le cas. La plupart de ces produits vous annonce qu’ils sont allégés en graisse (matière grasse ça fait plus vendeur), sucre ou sel. Le problème est que généralement, lorsque l’on vous vante la baisse de l’un de ces trois éléments, c’est que l’un de ceux qui restent (voir les deux) a été fortement augmenté en compensation. Par exemple les bonbons aux fruits Haribo se disent « sans matière grasse » mais ils sont bourrés de sucre (76 g pour 100 g de bonbons). Le truc c’est qu’en fait ils ne mentent pas. Là est l’insidieux problème. Il est évident que les produits « sans » ou « allégés » sont vendus dans le sens de se préoccuper de sa santé. Or on arrive au résultat inverse.

Les lobbyistes avaient de quoi se motiver sur la question. Selon un récent sondage, 53% des européens croient que ce genre de produits peut les aider. En voilà un sacré marché pleins de futurs problèmes nutritionnels. Et la mort de la loi européenne leur laisse le champ libre pour nous dire qu’ils ne s’inquiètent que de leur santé. Ils trouvent même des partenaires pour les appuyer dans ce sens. Comme les assurances AGF qui vous remboursent vos premiers achats sur certains produits allégés (voir mon article « Banques et assurances pour le bien commun »).

Le plus beau c’est que même les lobbyistes finissent par croire à leurs arguments inventés de toute pièce. Dans le cas de cet exemple, leur mot d’ordre était « il n‘y a pas des mauvais produits, il n’y a que de mauvaises habitudes alimentaires ». Avouons que pour sortir incessamment la même phrase bancale ils doivent bien y croire un peu. Un bon conseil donc, lisez bien les étiquettes des produits « allégés ».

Hélas les lobbyistes ne s’arrêtent pas là. Le nucléaire, l’immobilier, la communication,… bref, difficile de trouver un secteur qui n’ait pas quelques « amis d’amis » qui s’invitent dans le processus démocratique qui n’en a plus que le nom. Dans d’autres circonstances, des gêneurs qui s’agrippent à un système pour en tirer le maximum de bénéfices, on appelle ça des parasites.


Par Darklord - Publié dans : Pratiques antidémocratiques
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Samedi 12 août 2006 6 12 /08 /2006 12:34

Il est des affaires qui ne se taisent jamais vraiment. Prenons le cas du CPE/CNE. Il y a peu de temps, le CNE soufflait sa première bougie. Evidemment, tout le monde est reparti de son petit débat dans lequel personne ne veut entendre l’autre. Autrement dit, stérile.

Il faut avouer que depuis l’entêtement incompréhensible et puéril de De Villepin, les positions de chaque camp sont bien arrêtées. La majorité défend la loi envers et contre tout au nom d’une unité dont on sait pourtant qu’elle a volé en éclat sous les coups successifs du mouvement anti-CPE puis de l’affaire Clearstream. Cette position anti-démocratique de la sourde oreille est encore utilisée aujourd’hui, par exemple par Renaud Dutreil dont nous allons reparler. L’opposition quant à elle se targue surtout de pouvoir supprimer le CNE si elle revient au pouvoir, mais quid d’idées politiques nouvelles pour palier au problème du chômage et de la précarité ? Personne ne semble s’en soucier, étant donné que les élections présidentielles tourneront apparemment autour de cette vaste fumisterie qu’est l’insécurité.

Le CNE donc, vient d’en arriver à un an d’exercice. Les politiques étant tout sauf imprévisibles, on assiste donc au combat dont je vous ait parlé au-dessus. La position que je tiens a fustiger ici est évidemment l’autocongratulation du gouvernement et qui nous rappelle d’autres tristes faits du même acabit.

Souvenez-vous de Sarkozy vantant les mérites de son action au ministère de l’intérieur, chiffres en main. Vous souvenez vous également des réactions que cela a suscité chez les professionnels sur le terrain et qui ne voyaient absolument rien des « bons » résultats du ministre de l’intérieur ? Sarkozy devrait imiter son « ami » Chirac et acheter un sonotone plutôt que d’aller dire partout (toujours devant les caméras, on ne fait pas une campagne présidentielle n’importe comment) à quel point il a réussi sa mission, oubliant que ses chiffres étaient loin d’être aussi positifs qu’il n’y paraissaient. Rappelons que les agressions contre les personnes avaient augmenté et que la plupart des autres violences, en fait de diminuer, avaient surtout été déplacées dans des secteurs moins contrôlés. Mais pour lui, il avait gagné.

La sourde oreille doit être contagieuse. Aujourd’hui c’est Renaud Dutreil qui se lance sur le devant de la scène pour vanter les résultats du CNE. D’après lui, sur 700 000 CNE signés, 10%, soit 70 000, ont été des emplois créés et précise que 10% de création d’emplois chaque année c’est beaucoup. Du coup il se félicite de cette réussite (il faut dire que personne de sensé ne le fera à sa place) et se dit « stupéfait qu'on puisse contester un bilan aussi positif » (Libération.fr). On va donc essayer de lui expliquer.

 

  1. Le CNE a une période d’essai de deux ans. Il est donc encore trop tôt pour dresser un bilan, positif ou négatif, du CNE au bout d’un an.
  2. 10% de création d’emploi par an c’est effectivement bien. A condition que cela dure. Qui peut savoir ce que réserve les tendances de l’emploi l’année prochaine et les années suivantes ?
  3. Au bout des deux ans d’essai, combien d’emplois créés tiendront vraiment le coup ? « Créés » ne signifie pas « stables ».

 

Mais Dutreil ne baisse pas les bras face à des considérations aussi triviales et continue de citer ses chiffres en les interprétant à sa manière. Ce qui devrait pourtant l’embêter, c’est qu’il n’est pas vraiment dans l’idée que se font les français du CNE. Car ce qui inquiète le peuple ce n’est pas vraiment de savoir combien ce contrat a créé d’emplois mais plutôt que les conditions de travail en soit rabaissées. « D’après une enquête publiée par l’Observatoire du travail, 67 % des Français considèrent que le CNE va précariser le marché du travail, 47 % qu’il va favoriser l’insertion des jeunes dans le travail et seulement 40 % qu’il va permettre de créer des emplois. » (Studyrama.com). Sur ce problème, en plus d’être sourd, le ministre devient muet. Evitant maladroitement la question, il ne fait que répéter que le CNE ne remplacera pas le CDI.

Curieux quand on sait que lors de l’anniversaire du CNE, Dutreil parlait justement de « l’étendre » au vu de ses « résultas positifs ». Comprenons que bientôt ne seront plus concernées que les Très Petites Entreprises. Quant à savoir dans quelles proportions aura lieu cette extension, mystère.

Même De Villepin n’avait pas osé penser à glorifier le CNE (netpme.fr) avant deux ans de mise en place, encore que par instant ça lui échappe. La surdité fonctionne apparemment aussi bien entre les politiques qu’avec le peuple.


Par Darklord - Publié dans : Pratiques antidémocratiques
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Mercredi 11 octobre 2006 3 11 /10 /2006 23:42

Dans le dernier article, je parlais du grave problème de la liberté de la presse en France. Mais il ne faut pas perdre de vue que c'est la liberté d'expression en général qui ait bien plus en danger qu'on ne le croirait dans une démocratie européenne.

Vous avez peut être entendu parler de Loïc et Christelle. Leur affaire est bien un exemple d'atteinte à la liberté d'expression qui peut toucher n'importe quel citoyen. Sur la forme, pas grand chose à dire de plus que ce que les médias en ont déjà dit. Un exemple d'article parut sur l'affaire : A Mulhouse, «Chirac au zoo» et deux jeunes dans le box.

Sur le fond bien sûr c'est autre chose. Cela nous rappelle une autre histoire, celle d'un homme qui avait insulté Sarkozy et qui a finit par écoper de plusieurs mois de prison. Certes dans ce cas là, tout comme dans celui de Christelle et Loïc, on ne peut pas dire que les expressions étaient particulièrement subtiles. Mais la vulgarité est-elle un délit ?

Et dans ce cas, pourquoi Coluche ne s'est jamais fait arrêté ? De même que les inconnus ou les guignols de l'info qui sont loin d'être tendres avec les hommes politique ? La réponse c'est la célébrité. Christelle et Loïc ne sont pas célèbres et n'ont pas le droit de dire ce qu'ils pensent de la manière dont ils en ont envie. La preuve, cet homme célèbre qui voulait « karcheriser » les banlieues, insinuant par là que ceux qu'ils mettaient en cause ne valait pas plus que de la merde ? Il n'est toujours pas en prison, lui.

La liberté d'expression peut être utilisée de multiples manières. La grossièreté, la vulgarité ou la provocation en font partit. Les hommes politiques deviennent des hommes publiques, ce qui les expose à des critiques virulentes voir à des insultes. S'ils ne peuvent pas supporter cela, ils feraient bien mieux de changer de métier. La grossièreté n'est pas le meilleur moyen (du moins je le pense) pour faire progresser une situation. Mais il faut reconnaître le droit de l'utiliser.


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Par Darklord - Publié dans : Pratiques antidémocratiques
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Dimanche 19 novembre 2006 7 19 /11 /2006 20:20

Récemment, alors que je discutais sur un forum du travail précaire, un personnage me dit que je n'étais qu'un « gauchiste » qui « ne comprends rien à rien ». Amusant. J'étais pourtant l'un des seuls à avoir contredit les deux partis qui se disputaient, même s'il est vrai qu'il me serai difficile de renier mon appartenance à une certaine gauche (pas à toute, loin de là). Quoiqu'il en soit, je ne comprenais pas vraiment l'intervention de ce personnage. Cherchait-il à m'insulter ? Ce serait ridicule. Même s'il avait les preuves que j'étais un pur gauchiste (ce dont je doute franchement) me « traiter » de gauchiste ne reviendrait donc pas à m'insulter.

Il fallait donc se rendre à l'évidence, cette personne n'avait de toute évidence plus rien à dire et ne pouvait qu'essayer de reprendre le dessus de la conversation en ayant un dernier mot qu'il devait supposer ravageur.

Mais ce genre de personnes a également d'autres « réparties ». Par exemple, vous avez peut être déjà était nommé de « anti-quelque chose primaire ». Pour la personne ci-dessus, j'aurai sûrement été un anti-flexibilité primaire (ce qui en plus est totalement faux). Par ces petits mots, la personne à laquelle vous êtes opposées vous cloisonne dans une idéologie qu'il pense être la votre et dont vous refusez de sortir. Du coup, lui se sort indemne (dans son esprit) du débat que vous meniez. Une sorte de vainqueur par forfait obligatoire.

Beaucoup de gens qui se contentent de lire des tracts ou des journaux peu enclins à trop pousser des réflexions essaieront de débattre non pas en opposant des arguments aux vôtres mais en concluant que vous ne comprenez pas la réalité du monde qui vous entoure.

L'argumentaire de ces personnes se résume très souvent aux phrases chocs d'un leader politique, phrases simplistes censées exprimer en quelques mots une vérité inaliénable permettant ainsi à son utilisateur de repousser des objections elles aussi assez simplistes. Pourtant, il n'est pas difficile de démolir ce genre de protection.

Penons par exemple la phrase bien célèbre de Sarkozy (et de De Villiers et de Le Pen) : La France, vous l'aimez ou vous la quittez. Certes, au premier coup d'oeil, elle peut sembler tout ce qu'il y a de plus logique. Sauf qu'il s'agit là d'une profonde preuve d'acte anti-démocratique. Tout d'abord, cette phrase ne propose que deux alternatives, rappelant fâcheusement le style « si vous n'êtes pas pour nous vous êtes contre nous » que tout pays soucieux d'un tant soit peu de démocratie ne peut accepter. C'est un peu comme toutes ces personnes aux USA qui sont contre la guerre en Irak et que Bush et son gouvernement considèrent comme « non-américain ». George W. Bush n'étant pas le parfait exemple de personnalité démocratique, vous en conviendrez j'espère. Réduire ainsi les possibilités revient à ignorer toute nuance possible entre les deux extrêmes. Pour en revenir à la phrase du ministre de l'intérieur, la question qu'il faut se poser alors est : Est-on obligé d'aimer la France pour y rester ? Il est vrai que si l'aspect d'un pays ne nous plaît pas, on pourrait se demander ce qui nous y fait rester (si on a les moyens de partir). Évidemment, il se peut que nous soyons dans l'impossibilité de partir, comme un immigré qui repartirait vers son pays d'origine où sévit la famine. Mais dans le cas où nous aurions la possibilité de partir vers des horizons cléments, pourquoi ne pas le faire ? Et si plutôt que de quitter ce qui ne nous plaît pas, nous essayons de changer les choses ? Plutôt que de s'en aller pourquoi ne pas essayer d'améliorer ce qui nous semble mauvais ? Une phrase comme celle de Sarkozy ignore ce genre de considération. Elle laisse supposer que ce n'est pas aux citoyens de faire la société mais qu'ils doivent l'accepter telle qu'elle est, même s'ils ne s'y retrouvent pas. Ou alors s'en aller trouver une autre société. Accepter la nuance, ce serait accepter également le débat qui ne peut alors manquer de se faire et qui aurait été inutile si les possibilités étaient arrêtées à deux choix possibles et incompatibles.

Les diverses manières de stopper un débat, qu'elles viennent d'un simple anonyme sur un forum ou des plus hautes instances de l'état, ne peuvent être admises comme une fin en soi. Il faut continuer les discussions et les argumentations au-delà de ces barrières, pas toutes aussi évidentes que celles dont je viens de donner l'exemple.


Par Darklord - Publié dans : Pratiques antidémocratiques
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Lundi 22 janvier 2007 1 22 /01 /2007 20:36

Dans l'art de dire n'importe quoi pour esquiver les vraies questions, nos hommes politiques sont plutôt forts. Mais cela ne revient pas forcément à mentir, plutôt à entretenir un doute. Il est des manières de débiter vraiment des mensonges qui font froid dans le dos.

Prenez l'exemple du mensonge-vérité. C'est une véritable spécialité, actuellement, de l'administration Bush aux États-unis. Ce procédé consiste à répéter inlassablement les mêmes mensonges jusqu'à ce qu'une partie raisonnable de l'opinion publique les accepte comme vérités. En ce moment, de trop nombreux étasuniens ont la certitude que L'Irak possède des armes de destructions massives (qui n'ont toujours pas été retrouvées, au passage), que l'intervention des USA vise à apporter la liberté aux irakiens et non pas à faire main basse sur les réserves pétrolières, et même que Al-quaida était implantée en Irak avant l'arrivée de la coalition. De ce côté de l'atlantique, ce raisonnement paraît majoritairement risible (là-bas aussi en fait mais curieusement on entend assez peu les vrais opposants à la guerre en Irak). Pourtant tourner ostensiblement les yeux vers les États-unis nous détourne trop de ce qui se passe en France, juste sous notre nez.

Prenons le bilan ultra-médiatisé sur la délinquance de Sarkozy. Avez-vous vraiment pensé que la délinquance avait baissé en France ? Il faut reconnaître qu'il était bien présenté grâce à des chiffres « incontestables » quoi que peu fouillés. Avant même d'entrer dans le détail des pourcentages, le bilan n'est déjà pas si reluisant. Les vols ont certes baissé mais les violences ont quant à elles augmenté. Le résultat c'est que vous risquez plus de vous faire violemment agresser mais qu'au moins, vous aurez dans le même temps l'esprit tranquille, pour votre voiture, votre maison ou votre magasin. Sauf si évidemment vous avez les clés de l'un d'entre eux sur vous et qu'on vous les vole durant cette même agression.

La baisse annoncée n'est donc déjà pas des plus rassurantes. Mais si on se penche un peu sur les détails, c'est encore pire. Dans le Nouvel Observateur N°2201, Sébastian Roché (Directeur de recherche au CNRS et enseignant à Science_Po Grenoble) dresse le vrai bilan de Nicolas Sarkozy au ministère de l'intérieur.

Cette approche des chiffres de l'Observatoire National de la Délinquance est des plus édifiantes. Roché constate à quel point l'action de Nicolas Sarkozy est inutile. En effet, la baisse des vols se répercute sur toute l'Europe. Ce n'est donc pas l'action d'un ministre ou d'un autre dans l'Union qui a pu amener à une telle baisse. L'explication est bien plus simple, la demande et la qualité des systèmes de sécurités ont beaucoup augmenté. D'où une baisse générale des vols dont les résultats des actions policières ne sont pas significatives.

Roché montre que par le jeu des statistiques, la baisse de la délinquance est en fait loin d'être miraculeuse. Autant le citer : « Nul besoin d'être un grand statisticien pour comprendre que si le « poste vol » - de loin le plus important – diminue, alors la délinquance décroît aussi. Mais cette baisse globale de 9% cache des hausses ». Les vols représentants environ les trois quart des faits de délinquance, s'ils diminuent, ils influencent plus fortement le résultat global de la délinquance que les hausses d'autres secteur. Une sorte de trompe l'oeil en somme. Bien sûr, la baisse des vols n'en ait pas moins négligeable mais il est faux de prétendre qu'elle ait due à l'action du ministre.

On en revient aussi au fameux scandale à propos des crimes et délits qui ne sont pas répertoriés dans les statistiques nationales pour diverses raisons mais en particulier par le refus des policiers de les considérer en tant que tels. Les fameuses primes au mérite, les quotas à respecter et l'obligation de faire du chiffre « bénéfique » en sont arrivés à des effets pervers. Appliquant les lois statistiques, la police a depuis longtemps compris qu'éradiquer les mauvaises affaires des chiffres officiels était plus simple que de chercher à les résoudre pour avoir l'air d'obtenir des résultats. Ce genre d'affaires (dans les environs de 500 000) passent donc de plus en plus souvent sur les « mains courantes » qui ne sont censées répertorier que des problèmes mineurs comme les problèmes de voisinage.

L'un des mérites de Sarkozy était d'avoir donner un nouvel élan aux forces de l'ordre grâce à ses discours et à sa présence. Mais Roché (et un autre article dans le même numéro) nous apprend que l'idylle entre la police et son ministre sont bel et bien terminée. D'abord par les difficultés rencontrées sur le terrain. Les GIR (regroupement coordonnant les actions de la police, des gendarmes et des pompiers) l'avouent eux-mêmes, depuis que Sarkozy a mis fin à la police de proximité, ils ont énormément de mal à obtenir des informations sur les terrains et leurs plus gros coups d'éclats se passent en dehors des Zones Urbaines Sensibles. Malgré ses promesses, le ministre de l'intérieur n'a, pas plus que ses prédécesseurs, réussi à rétablir l'ordre dans les cités. Les CRS détachés sur les quartiers sensibles restent à la périphérie et n'entrent quasiment jamais dans les zones à problèmes.

Les forces de l'ordre commencent également à en avoir assez de la politique anti-immigration de Sarkozy. Contrôler et renvoyer des clandestins occupe un temps précieux qui pourrait être utiliser à meilleur escient selon les forces de l'ordre eux-mêmes. Un membre des renseignements généraux réquisitionné pour effectuer des contrôles dans le quartier de Stalingrad à Paris le dit ouvertement : « On préférerait enquêter sur des ateliers clandestins. Mais, deux fois par semaines, on est réquisitionnés pour rafler de l'immigré en situation irrégulière. Les ordres, c'est faire du chiffre ! ». Même type de constat par un officier de la Police de l'Air et des Frontières : « Si notre centre de rétention est déjà plein, on doit alors trouver des places libres ailleurs. Et, croyez-moi, les gars commencent à être fatigués d'avaler les kilomètres juste pour convoyer un pauvre maçon sénégalais parfois à l'autre bout de la France ». Même parmi les syndicats de droite, Sarkozy est décrié. « Aujourd'hui, on le sent surtout préoccupé par son statut de candidat » déclare Bruno Beschizza, responsable du syndicat Synergie. De fait, lors des dernières élections syndicales, on s'en souvient, les syndicats de gauche l'ont emporté.

Le bilan présenté par Nicolas Sarkozy est donc bien loin de la situation qu'il en a décrit. Et pourtant ses plus proches partisans et lui ne cessent d'ânonner en choeur que l'action du ministère de l'intérieur a porté ses fruits. Alors comme ça il y a des armes de destruction massive en Irak ?


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Par Darklord - Publié dans : Pratiques antidémocratiques
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Jeudi 31 mai 2007 4 31 /05 /2007 11:20

Selon le Bureau International du travail, le taux de chômage a baissé de 0,1 % entre Mars et Avril, soit 1,2% de chômeurs « en moins ».

Rappelons comment ces chiffres sont calculés (selon Le Monde) :


Ces chiffres ne prennent en compte que les demandeurs d'emploi de catégorie 1, catégorie qui sert de baromètre officiel en France depuis 1995, qui ne concerne que les personnes immédiatement disponibles, à la recherche d'un CDI à temps plein et - dans le cas où elles auraient eu une activité – ayant travaillées moins de 78 heures dans le mois.


Il est facile de constater à quel points les deux premiers critères sont déjà restrictifs. Mais le troisième retiendra notre attention comme un moyen artificiel pour faire baisser le chômage. A priori, prendre en compte des gens ayant travaillés dans le mois comme chômeurs atteindrai plutôt l'effet inverse. Sauf que 78 heures par mois revient à travailler moins de 19,5 heures par semaines. Donc si vous travaillez entre 20 et 35 heures, vous n'êtes pas considéré comme chômeurs.

La réalité d'un tel calcul est double. D'abord, effectivement, elle permet de faire baisser artificiellement le chiffre du chômage puisque la plupart des contrats précaires (en terme d'horaires de travail) proposent rarement moins de 20 heures de travail par semaines. Ensuite parce que le plus gros problème du chômage n'est pas vraiment l'inactivité en soi, mais la pauvreté qui l'accompagne. Or, en dessous de 35 heure, un employé touche forcément moins que le SMIC mensuel.

On peut jaser longtemps sur la validité ou non des chiffres du chômage. Mais faire baisser un chiffre est simple. Et il permet d'afficher de bons « résultats » tout en ignorant complaisamment le véritable problème social qui se cache sous les effets économique. Et quand je dis qu'il se cache, il n'est pourtant pas difficile à trouver.

De plus en plus nous nous dirigeons, grâce à la « nouvelle » politique de notre nouveau gouvernement, vers des résultats uniquement chiffrés. Je discutais avec un policier encore ce week-end qui me confiait à quel point il craignait les nouvelles mesures de sécurité menant, selon lui, à de possibles dérives très dangereuses. Sans réelle surprise pour ma part, il m'avouait que son chef était obligé de grossir un peu les infractions constatées car ses collègues et lui refusaient de « faire du chiffre ». de même qu'ils ne couraient pas après la fameuse prime au mérite qu'ils n'auraient aucune chance de toucher de toute façon, le chef étant chargé de sa « distribution ».

Le chiffre. Voilà l'un des nouveaux maux de notre société. De plus en plus nous jurons par « le chiffre » dans de plus en plus de domaine. Je me souviens d'un professeur de statistiques qui nous avait mis en garde. En substance, il disait qu'un chiffre a toujours une explication. Si l'on vous donne un chiffre sans vous expliquer clairement ce qu'il est et comment il a été obtenu, considérez-le comme faux.

Car voilà, le chiffre n'est pas la réalité. Il ne traduit pas la réalité. Le chiffre, à part de rares cas exceptionnels, nécessite une interprétation. Et où il y a interprétation, il y en a plusieurs possibles. Considérer des actes, des résultats par les chiffres est un erreur. Un chiffre s'obtient par calcul uniquement sur le papier. Mais la réalité de ce chiffre s'obtient par le « terrain » sur lequel on cherche à avoir une approche.

On ne dénoncera jamais assez les politiques du chiffre, moyen particulièrement vicieux d'embobiner les masses qui elles, n'ont de toute façon pas accès aux bases sur lesquelles sont calculer les chiffres.

Si, comme je le pense, la démocratie nécessite la vigilance et le soutient des citoyens à chaque instant (et non pas seulement pendant les élections comme aime à le croire certains), la politique du chiffre doit être considérée comme un acte antidémocratique.

 

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Par Darklord - Publié dans : Pratiques antidémocratiques
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