Mercredi 16 septembre 2009
« Tout le monde sait que les tests ADN ne servent à rien », une déclaration par laquelle le président de la République avoue un échec, autant qu'une volonté manifeste, à l'époque où la
loi est passée en force, de prendre les immigrés pour boucs émissaires. Un aveu qui en dit long.
Un article du nouvelobs.com :
Le chef de l'Etat, qui en septembre 2007 avait demandé "quel [était] le problème" avec les tests ADN, est revenu aujourd'hui sur l'amendement controversé abandonné par Eric Besson.
Tout le monde sait que les tests ADN ne servent à rien", a lancé Nicolas Sarkozy lors d'une rencontre à l'Elysée mardi 15 septembre avec les députés UMP, selon plusieurs participants de cette
réunion.
"Cette affaire de tests ADN a été la première grosse polémique de mon quinquennat", à l'automne 2007, a déclaré le président de la République avant d'ajouter: "on a été très maladroits, les tests
ADN sont venus sans préparation, on n'a rien expliqué et ça a explosé" à l'époque.
"Tout le monde sait que les tests ADN ne servent à rien. Du coup, ça a créé un trouble. Cette histoire est l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire", a-t-il dit selon ces témoins. Brice Hortefeux
était ministre de l'Immigration au moment du vote de ce texte controversé.
Besson, "pas très habile mais de bonne foi"
Alors que l'actuel ministre de l'Immigration Eric Besson a provoqué la colère des responsables parlementaires UMP en annonçant sans les prévenir son refus de signer les décrets d'application sur
les tests ADN, Nicolas Sarkozy a commenté: "Besson n'a peut-être pas été très habile mais il a été de bonne foi".
"Maintenant, on va prendre le temps avec François Fillon d'y réfléchir", a-t-il lancé, sans donner la moindre précision sur ses intentions (abandon pur et simple, nouvelle discussion au
Parlement...).
Selon Jean Léonetti, député UMP des Alpes-Maritimes, le chef de l'Etat "a vraiment relativisé en expliquant que l'amendement tel qu'il avait été adopté était de toutes façons de portée très
limitée, d'application très difficile, donc en invitant les uns et les autres à éviter de faire une querelle complètement artificielle sur une question qui avait une forte valeur symbolique mais
qui sur un plan pratique était quasi-insignifiante. Il a invité les parlementaires à éviter de donner à cette affaire une importance disproportionnée".
Le "détail" de Fillon
Le 14 septembre 2007, à bord de l'avion qui le ramenait d'un voyage officiel en Hongrie, Nicolas Sarkozy avait déclaré aux journalistes présents : "Il y a douze pays en Europe qui ont le test ADN
sur la base du volontariat. Quel est le problème ?"
Au cours de la virulente polémique soulevée par le vote de l'amendement Mariani à l'Assemblée nationale, l'ensemble du gouvernement, excepté Fadela Amara et Martin Hirsch, avait approuvé la
loi sur l'immigration. "Naturellement, le gouvernement soutiendra le vote de cet amendement", avait déclaré François Fillon le 6 octobre 2007. Le premier ministre allant jusqu'à qualifier de
"détail" l'amendement sur les tests ADN du projet de loi sur l'immigration.
Pour Rachida Dati, interrogée le 15 octobre 2007 sur France 3, "ce test ADN permettra d'établir le lien de filiation dans le respect de la dignité".
Carla Bruni "déteste le 'tri' qu’implique l’immigration choisie"
Parmi les voix qui s'étaient élevées contre cette mesure, celle de Carla Bruni, dont l'idylle avec Nicolas Sarkozy venait de débuter.
"Je ne suis pas une politique", expliquait alors Carla Bruni dans le magazine Elle tout en précisant qu'elle n'avait "pas forcément un esprit polémique", qu'elle signait "rarement des pétitions",
et qu'elle "ne (criait) pas sur les toits pour qui "elle votait". "L’amendement Mariani, même édulcoré, me semble d’une telle violence ! J’ai cru avoir mal compris : est-il possible qu’en France
on réduise la filiation à la génétique, et cela pour une catégorie de gens seulement ? Désormais, il y aurait les Français de souche, à qui appartiendrait le droit légitime de composer leur
famille selon leur histoire intime et leurs sentiments, et les candidats à la vie en France qui devraient prouver qu’ils sont unis à leurs enfants par des liens de sang". Carla Bruni poursuivait
: "Il y a un durcissement qui s’accroît très nettement. Pour passer une frontière, il faut de plus en plus montrer patte blanche. Je déteste le 'tri' qu’implique l’immigration choisie."
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